‹ Russie, Pologne, Suède et NorwègeChapitre 73 sur 77 · PUISSANCE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

PUISSANCE DU CLERGÉ

seul code général ; il apporta même des changements à la constitution, en excluant les paysans des assemblées des Etats, dans lesquelles ne siégèrent plus que les feudataires de la couroime.

Infidèle, d'ailleurs, à la politique de ses prédécesseurs, il concéda plusieurs avantages au clergé, décréta, en 12G7, un nouvel impôt, sous le nom de denier de saint Olof, et renonça, en faveur des prêtres, à des prérogatives importantes de la couronne. C'est, ainsi qu'onle voit, reconnaître la juridiction ecclésiastique dans toute son étendue, accorder la liberté des élections par les chapitres, autoriser la levée de la dîme dans tout le royaume, conférer enfin à l'archevêque le droit de battre monnaie.

Le clergé, chaque jour plus exigeant en présence des concessions du roi, aurait bientôt dépouillé la couronne de toutes ses prérogatives, si le fils de Magnus, Érick II, qui lui succéda en 1280, n'avait complètement répudié la politique de son père, en s'affranchissant de la tutelle pesante qu'il avait subie. Comme Érick n'était âgé que de dix-huit ans lorsqu'il parvint au trône , il fut d'abord facile à l'archevêque Jean de s'emparer de l'esprit du jeune monarque. Il en profita pour lui faire contracter sous serment, à l'époque de son sacre, l'engagement d'étendre encore les privilèges du clergé et des prêtres, et d'abroger toutes les lois qu'ils jugeraient opposées à leurs droits. Mais l'archevêque, avec plus de prudence, aurait compris qu'il allait trop loin, et qu'à la première occasion le roi se délierait de promesses qui enchaînaient son pouvoir et compromettaient son honneur.

Cette occasion se présenta bientôt. L'archevêque ayant promulgué de nouvelles lois ecclésiastiques portant amende, au profit du clergé, pour tous les délits religieux,

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Érick, poussé à bout par tant d'audace, révoqua les concessions qu'il avait faites, et s'attira, dès-lors, par sa conduite, la haine violente du clergé, qui lui donna le surnom de Prasterhadere^ ou ennemi des prêtres. L'archevêque eut recours aux armes de l'Église, et excommunia deux conseillers du roi. Érick, irrité, le chassa, ainsi que ses suffragants les évêques d'Opslo et de Hammer. Les prélats allèrent porter leurs plaintes à Rome, et des bulles menaçantes furent lancées contre Érick; mais l'archevêque et l'un des évêques étant morts bientôt, la querelle s'apaisa. Le nouvel archevêque Ivrund se soumit au roi, et se reconnut son vassal à la diète de 1297.

Érick mourut en 1299, sans laisser d'enfants, et léguant à son successeur une guerre entamée depuis longtemps avec le Danemarck, à propos de la dot d'Ingeburge, princesse danoise, et épouse de Magnus VIL Cette guerre se termina en 1308, sous le règne de Hakan Yll, autre fils de Hakan YI, qui, du vivant même d'Érick, adirinistrait avec un pouvoir absolu la partie du royaume qui lui avait été cédée par son père. La paix de 1308 Aalut à la Norwége le comté de Halland, que le Danemarck lui abandonna en échange des prétentions d'Ingeburge.

Avec Hakan YH (1319) s'éteignit dans les mâles la race des Inglinges, qui régnait depuis 863, et le trône passa à la dynastie des Falkunges, déjà en possession du trône de Suède depuis 1250. Le premier souverain de cette dynastie fut Magnus YHI, né en 131G, d'Érick, duc de Suède, et d'Ingeburge, fille de Hakan YII. Il fut proclamé par les États, malgré son jeune âge, et réunit sur sa tête les deux couronnes de la Scandinavie, celle de Suède, du chef de son père, fils de Magnus Ladulas, celle de Norwége, du chef de sa mère. De grandes calamités publiques, dessub-

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mersioiis, des écroulements de rochers, et surtout l'horrible peste qui, sous le nom de digerdôden, ou la Mort lUeue, ravagea le nord de 1348 jusqu'en 1350, persuadèrent au peuple que les vices de Magnus avaient attiré ces désastres sur le pays. Les États prolitèrent de celte disposition des esprits pour lui enle\er le gouvernement de la Norwége, qui fut confié à son second lils, Hakan VIII (1350).

Hakan, élevé aussi au trône de Suède, après la mort de son frère aîné Érick (1362), épousa Marguerite, lille de Waklemar, roi de Danemarck. Ce mariage, contracté malgré la parole qu'il avait donnée à Elisabeth de Holstein, souleva les sénateurs suédois qui s'étaient rendus sa caution près du duc de Holstein, père de la fiancée, et porta sur le trône de Suède, à la suite d'une insurrection, le jeune duc Albert deMecklembourg (1 364). Après une lutte inutile pour reprendre cette couronne perdue, Hakan mourut eu 1380. Dès l'année 1376, il avait vu proclamer son fils Olof roi de Danemarck et de Norwége, sous la tutelle de sa mère Marguerite. Mais ce prince, le dernier des Falkunges, succomba bientôt lui-même, laissant à Marguerite sa double couronne (1387). Dans le même temps, un parti suédois, hostile à Albert de Mecklembourg, offrit le sceptre de la Suède à la fille de Waldemar. Celle-ci battit Albert, et désormais sans rival, elle fit proclamer souverain des trois royaumes de Suède, de Norwége et de Danemarck, le fils de sa nièce, Érick, duc de Poméranie. A l'occasion de cet avènement, fut conclue, le 26 juillet 1397, la fameuse ligue de Calmar '.

1 Voir VHisloire de Suède, page 122G.

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