‹ RutebeufChapitre 13 sur 36 · HU TE BEI) F · texte numérisé non relu

HU TE BEI) F

létable de Ghaïupagne; Erard avait accompagné >i de Navarre à Tunis et l'avait sans doute initié

Le poète insiste d'abord sur celte idée, que le jeune roi est mort avant le temps :

homme qui aroU sur Sei r Marne maintes maisons

homme n'atteignit ai haut (ùt Tenu, ne fût la mort

avant le temps l'a saisi, le roi Thibaut de Novarr

en deuil son royaum

et son

Quand il succéda à son père, il eut a

il n'avait oncle ni tante qui le cœur n'eilt plein de

colère. Mort déloyale , qui n'entends rien , si tu

moins désolé. Mais tu l'as tué en sa venue. -Le poète ne peut se taire quand il se souvient des exploits

du prince devant Tunis :

11 ne prenait pas garde à la dépei

Il faisait tremper la soupe deux fois par jour pour nourrir ses familiers. Sur le champ de bataille, son exemple inspirait à tous la hardiesse :

Qui l'avait en Champagne va.

Quand on est en paix dans son pays, i pour fou si on se battait contre les mi dit Rutebeuf, je veux abattre calomnie, dit. Quand il faisait le guet, chacun étai

Car son guet valait bien un mur...

Roî Henri, frère du boa roi, Dieu mette en Tous si bon couragï Qu'cnt le roi Thibaut TOtre frère I Déjà vous eûtes si bon père!...

La complainte du comte de Poitiers e:

temps que celle du roi de Navarre. Saint donné en 1241 k son frère Alphonse 1 Poitiers, enlevé aux Anglais ; peu d'an Alphonse, marié avec l'héritière du cou louse, avait joint ce comté à celui de Poi avoir accompagné le roi dans ses deus t comte de Poitiers et de Toulouse moun au retour de la seconde, laissant ses p( son neveu, le nouveau roi Philippe le Hî

Rutebeuf vante les sentiments religieu et nous apprend qu'au serment habituel ; Marie ! » il avait substitué, par scru curieuse variante : « Par sainte Garie !

gesses d'Alphonse de Poitiers étaiei au XIII' siècle, le poète en avait eu témoigne sa reconnaissance. Les éloges libéralité du comte ne sont donc pas i ments de commande. Pour achever de vaincre, il suffit de relire ce récit de Joinv

S2 BUTKBEtF.

dant le séjour du roi à Saint-Jean-d' Acre , les frères du roi s'étaient mis à jouer aus dés, et le comte de Poitiers jouait si courtoisement que, lorsqu'il avait gagné, il faisait ouvrir la porte de la salle et faisait appeler les gentilshommes et les gentillesfemmes, s'il s'en trouvait là, et il donnait à poignées aussi bien ses deniers que ceus qu'il avait gagnés. Et quand il avait perdu, il achetait par estimation les deniers de ceus avec qui il avait joué, et il donnait tout. »

La complainte du comte de Poitiers est composée avec un soin particulier. Rutebeuf commence par faire le |>ortrait du parfait chrétien : Celui qui aime Dieu et le sert et le redoute, volontiers écoute sa parole, ne craint ni maladie ni mort. La tentation lui semble un souffle, car il a bon ëcu contre elle, c'est le côté de son créateur :

De son cAté il fait son heaume,

11 fait le sacrifice de sa vie, abandonne père et mère, femme et enfants, laisse sa terre, et combat pour Dieu jusqu'à la mort. Alors il reçoit le pris de son service, car Dieu et lui sont quitte à quitte.

Ainsi fut le comte de Poitiers. Jamais on ne le vit si irrité qu'il lui sortit de la bouche autre chose que de bons enseignements. Son plus grand serment était ; " Par sainte Garie! » Il fut, tant qu'il ■vécut, miroir de chevalerie. Seigneur Dicul où pre-

RUTEBEUP.

l'ont-ils), ni plus grand.

■nier trait serait une flatterie un peu lourde issait de tout autre personnage. Appliiin prince aussi pieux et aussi charitable inse de Poitiers, l'idée est au contraire et touchante.

itres pièces de Hutebeuf qui portent le titre plaintes » déplorent non la mort d'un grand ige, mais un malheur public ou privé, tel ?rte de Constantinople, l'exil de Guillaume Amour, les scandales de l'Église, etc. Ces tes, où la satire domine, figureront à leur ta le chapitre suivant.

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