SATIRES. LES ORDRES RELIGIEUX. G
Saint-Jacques), qui allaient sans chemise, portant directement sur la peau la robe de laine ou lange, les Trînitaires, voués à la rédemption des ca| qui, de par leur règle, ne pouvaient chevauclit âne, les chanoines réguliers du Val des Écolie Chartreux, qui, établis d'abord à Gentilly, i obtenu en 1258 de s'installer à Paris dans l'hi Vauvert, les Hennins ou hermites de Saini-^ lin, les Guilleniins ou Guillemites, qui se chaient aussi à l'ordre de Saint- Augustin.
Nous les voyons tous défiler dans la satiri tulée les Ordres de Paris et dans la Cliaiis ordres. Rutebeuf se plaint qu'il ne suffise plus prud'homme (honnête homme) pour être cons il faut être alîdié à quelque béguinage; les Be et par là il entend les religieux en général, doi le monde. C'est particulièrement aux Jacobin en a; il ne leur pardonne pas la guerre faite à versilé de Paris, dans laquelle ils ont su mei leur cflté le pape et le roi, Les adversaires des mendiants n'ont réussi qu'à faire condamner I gile éternel, œuvre d'un Gordelier, oii l'inst des nouveaux ordres était présentée comme 1 sième et définitive phase de l'évolution reli du monde, comme le règne du Saint-Espr
1. Les ordrea mendiants ne fnieaicnt que s'applique mimes cette idée du règne du Saint-Esprit, formulé em, notamment par les Albigeois, et qtii repose sui calypse. Le titre complet de l'ouvroge est Introdi VËnangiU éternel. L'auteur est Gérard de San Donntn
SS RUTEBEtP.
première phase, règne du Père et des laïques, étant caractérisée par l'Ancien Testament, et la seconde, rptrnp dn Fils et du clergé séculier, par l'Evangile
ViansoH des ordres, Ruiebeuf reproche Hineurs d'avoir, comme les Prêcheurs, ichesses. Qui n'obéit à ces deux ordres [lérétiquc, si honnête homme qu'il soit, coche aussi quelques traits aux Trini- Barrés, aux Sachcrs, aux Filles-Dieu, es : « Cous de la Trinité ont grand Is ont transformé les ânes en roussins.
Barrés sont gras et carrés. Les frères scmhlent à un vacher qui sort de son roi a sept-vingts filles ou plus : jamais jc n'en engendra autant. Nous avons ; Béguines, qui ont de larges rohes :
■obe font ce que pas ne vous dis. n II in couplet consacré aux Quinze- Vingts, B non-voyants », comme dit Rutebeuf, :gne une obscurité, |>eut-être voulue, lents du poète se donnent plus libre car- . satire des Ordres de Paris.
e Dieu triple et un, Rutebeuf commence ; son coîur lui dicte.
:r par quoi i
i ORDRES RELIGIEUX.
Car pur autorilés divines.
Par exemples et par doctrines Que les una aua autres apportent.
Ne peuvent prendre nul détour •....
Léger est l'ordre des Béguines,
L'on en sort bien pour mari prendre; D'autre part, qui baisse la ti>te Et a robe large et plénière, Devient Béguine sans le cloitrc.
Et ne leur peut-on pas défendre Qu'elles n'aient de la chair tendre....
Si pour cela Dieu leur donnait Le bonheur qui ne prendra fin, Saint Laurent l'acheta trop cher.
Et de biens ils ont grande somme.
Celui qui meurt et ne les nomme Ses eiécuteurs, pert son &me.
Ils sont apôtres par parole ; Bien profitèrent de Técolc.
Car leur haine n'est pas légère.
Pour moi, qui crains ma tète foltc, Plus ne dis qu'un mot : ils sont hommes.
Si les Cordeliers peuvent gagner Dieu avec leur corde, ils furent bien inspirés de la prendre. [Viennent ici des plaisanteries et de mauvais jeux de