‹ RutebeufChapitre 2 sur 36 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

notre étude sur des citations très abondantes. 11 convient de laisser fréquemment la parole à Rutebeuf. Le commentaire sera d'autant plus utile qu'il se restreindra pour faire une place plus large à Tœuvre même.

Nos traductions seront, à vrai dire, de simples rajeunissements. Nous nous appliquerons à conserver les locutions de Tauteur, en donnant seulement aux mots la forme actuelle, et comme le rythme fait partie intégrante de la pensée d'un poète, nous maintiendrons fidèlement le nombre des syllabes et la répartition de l'accent dans chaque vers. La rime seule sera très souvent sacrifiée, quand le remplacement d'une forme ou d'un mot anciens par la forme nouvelle ou par un mot resté dans la langue aura fait disparaître la consonance. Pour reconstituer partout la rime, il eût fallu introduire dans le texte des changements j^arfois considérables et se contenter d'approximations dans l'expression des pensées : il valait mieux être infidèle à la rime qu'à l'idée.

Nous respecterons le plus souvent les lois et les licences de la versification du moyen âge : Ve muet compté pour une syllabe après une voyelle ou une diphtongue, la contraction facultative du pronom elle en el, la syllabe féminine ne comptant pas (ijiême non élidée) après la césure des grands vers, l'hiatus autorisé, etc.

Nous maintiendrons aussi, toutes les fois que la mesure l'exigera et que la clarté n'aura pas à en

soulfrir, les particularités de l'ancienne langue, telles que l'ellipse fréquente du pronom sujet, l'emploi des adjectifs grand, tel, loyal et autres semblables sans e muet au féminin.

Il va sans dire qu'on ne trouvera pas dans ce livre une traduction intégrale de Rutebeuf. Les citations seront souvent coupées par les analyses, tanti^t brèves, tantôt détaillées. Nous supprimerons les passages devenus obscurs et ceux dont l'intelligence exigerait des explications trop minutieuses. Nous ne chercherons pas toutefois à dissimuler les faiblesses du poète; nous n'avions pas à former une anthologie, mais à faire connaître aussi complètement que possible le grand trouvère du xiii" siècle, avec ses défauts comme avec ses qualités.

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