ACTE II, SCÈNE III
Oui, je vais la relire Une dernière fois ! Après, je la déchire !
Avec un sourire triste.
Hélas ! depuis un mois je dis toujours cela.
Elle déplie la lettre résolument et lit.
" Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là 5 " Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile; " Qui soufïre, ver de terre amoureux d'une étoile ; " Qui pour vous donnera son âme, s'il le faut, " Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut."
Elle pose la lettre sur la table.
Quand l'âme a soif, il faut qu'elle se désaltère, lo Fût-ce dans du poison !
Elle remet la lettre et la dentelle dans sa poitrine.
Je n'ai rien sur la terre.
Mais enfin il faut bien que j'aime quelqu'un, moi ! Oh ! s'il avait voulu, j'aurais aimé le roi. Mais il me laisse ainsi, — seule, — d'amour privée.
La grande porte s^ ouvre à deux battants. Entre un huissier de chambre en grand costume.
L'Huissier {à haute voix).
1 5 Une lettre du roi !
* La Reine {comme éveUlée en sursaut^ avec un cri de Joie),
Du roi ! je suis sauvée !