‹ Ruy BlasChapitre 44 sur 98 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

C'est bien elle. Elle avait un petit diadème En dentelle d'argent. Et je regardais même. Pendant qu'elle parlait, — je crois la voir encor, — Un aigle ciselé sur son bracelet d'or.

5 Elle se fie à moi, m'a-t-elle dit. — Pauvre ange ! Oh ! s'il est vrai que Dieu, par un prodige étrange, En nous donnant l'amour, voulut mêler en nous Ce qui fait l'homme grand à ce qui le fait doux, Moi, qui ne crains plus rien maintenant qu'elle m'aime,

lo Moi, qui suis tout-puissant, grâce à son choix suprême, Moi, dont le cœur gonflé ferait envie aux rois. Devant Dieu qui m'entend, sans peur, à haute voix. Je le dis, vous pouvez vous confier, madame, A mon bras comme reine, à mon cœur comme femme !

15 Le dévouement se cache au fond de mon amour Pur et loyal ! — Allez, ne craignez rien !

Depuis quelques instants^ un homme est entré par la porte du fond^ enveloppé d'un grand manteau^ coiffé d'*un chapeau galonné d'argent. Il s'est avancé lentement vers Ruy Bias sans être »«, et^ au moment oU Ruy Blas^ ivre d'extase et de bonheur, lève les yeux au ciel, cet homme lui pose brusquement la main sur V épaule. Ruy Bias se retourne comme réveillé en sursaut. L'homme laisse tomber son manteau, et Ruy Bias reconnaît don Salluste. Don Salluste est vêtu d'une livrée couleur de feu à galons d'argent, pareille à celle du page de Ruy Bios.

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