‹ Ruy BlasChapitre 43 sur 98 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

// est comme absorbé dans une contemplation angéliçue.

Devant mes yeux, c'est le ciel que je voi !

15 De ma vie, ô mon Dieu, cette heure est la première. Devant moi tout un monde, un monde de lumière, Comme ces paradis qu'en songe nous voyons, S'entr'ouvre en m'inondant de vie et de rayons! Partout en moi, hors moi, joie, extase et mystère,

20 Et l'ivresse, et l'orgueil, et ce qui sur la terre Se rapproche le plus de la divinité, L'amour dans la puissance et dans la majesté ! La reine m'aime ! ô Dieu ! c'est bien vrai, c'est moimême!

Je suis plus que le roi puisque la reine m'aime !

25 Oh ! cela m'éblouit. Heureux, aimé, vainqueur ! Duc d'Olmedo, — l'Espagne à mes pieds, — ^j'ai son cœur! Cet ange qu'à genoux je contemple et je nomme, • D'un mot me transfigure et me fait plus qu'un homme. Donc je marche vivant dans mon rêve étoile !

30 Oh I oui, j'en suis bien sûr, elle m'a bien parlé.

Page 1