‹ Ruy BlasChapitre 72 sur 98 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RUY Bl^KSiseut).

C'est fini. Rêve éteint! Visions disparues I

Jusqu'au soir au hasard j'ai marché dans les rues.

J'espère en ce moment. Je suis calme. La nuit,

On pense mieux, la tête est moins pleine de bruit. 5 Rien de trop effrayant sur ces murailles noires ;

Les meubles sont rangés ; les clefs sont aux armoires ;

Les muets sont là-haut qui dorment ; la maison

Est vraiment bien tranquille. Oh! oui, pas de raison

D'alarme. Tout va bien. Mon page est très fidèle. lo Don Guritan est sûr alors qu'il s'agit d'elle.

O mon Dieu ! n'est-ce pas que je puis vous bénir,

Que vous avez laissé l'avis lui parvenir.

Que vous m'avez aidé, vous. Dieu bon, vous. Dieu juste,

A protéger cet ange, à déjouer Salluste, 15 Qu'elle n'a rien à craindre, hélas, rien à souffrir.

Et qu'elle est bien sauvée, — et que je puis mourir?

// tire de sa poitrine une petite fiole qu'il pose sur la table.

Oui, meurs maintenant, lâche ! et tombe dans l'abîme ! Meurs comme on doit mourir quand on expie un crime ! Meurs dans cette maison, vil, misérable et seul !

// écarte sa robe noire^ sous laquelle on entrevoit la livrée qu''il portait

au premier acte.

20 Meurs avec ta livrée enfin sous ton linceul ! — Dieu ! si ce démon vient voir sa victime morte,

Il pousse un meuble de façon à barricader la porte secrète.

Qu'il n'entre pas du moins par cette horrible porte I

// revient vers la table.

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