BIBLIOTHÈQUE DE HUET
Daniel Huet, évéque d'Avranches, s'étant démis de son évéché par suite d'infirmités, se retira à la maison professe des Jésuites, où il partagea son temps entre la prière et l'étude, et y mourut le 26 janvier 1721, laissant à cette maison sa belle et curieuse bibliothèque, vraie bibliothèque d'érudit, composée de plus de 8,000 volumes et de 200 manuscrits.
L'acte de donation de cette bibliothèque, passé le 18 avril 1691, par-devant M 6 Thibert, notaire, spécifiait les conditions suivantes :
Les livrés doubles n'étaient pas compris dans la donation.
La bibliothèque de M. Huet serait tenue dans un corps spécial et fermé à clef, séparé par des saillies de menuiserie de leurs autres livres. La première page imprimée de chaque volume devait en outre porter la mention suivante : Ex dono P. Danielis Hues Episc. Abrincensis : nec extra hanc bibliothecam efferatur, ex obedientia ; la donation devenant nulle, de droit, s'il est prouvé à la famille de D. Huet qu'un seul de ces livres a été vendu ou échangé.
Enfin, une table de marbre noir devait porter en lettres d'or une inscription rappelant ce don et les conditions auxquelles il avait été fait, pour être placée dans le lieu le plus apparent de la bibliothèque.
Après l'expulsion des Jésuites, le conseil d'État déclara, par arrêt du i5 juillet 1763, que les conditions de la donation ne pouvant plus être observées, les livres de Huet faisaient de droit retour aux héritiers du sang. C'étaient MM. de Fontenay et de Charsigné. Qn écrivit alors au-dessous de l'inscription de donation :
a Paraphé au désir de l'arrêt du i5 juillet 1763. Signé : Mesnil. »
En 1765, M. de Charsigné, neveu d'Huet, présenta au Roi.
la fameuse bibliothèque de son oncle. Elle forme aujourd'hui cette partie de la Bibliothèque impériale connue sous le nom de Fonds Huet.