BIBLIOTHÈQUE DE PASSERAT
Cet excellent poëte fit entrer l'érudition dans la poésie sans que cette dernière en fût alourdie ou moins idéale ; il est vrai pourtant que chez lui elle manquait de cet enthousiasme charmant qui donne une vivacité si piquante aux vers des Ronsard et des Baïf.
La poétique de Passerat a servi de transition entre la Renaissance et le siècle de Louis XIV, comme on peut le voir en un sonnet de Ph. Desportes où se trouvent ces vers :
Tu restois, Passerat, du bon siècle passé,
Siècle où les doctes sœurs avoient tant de puissance,
Passerat, dont les vers coulent comme ambroisie,
Si tu vis de ton temps naistre la poésie,
Je puis dire à ta mort l'avoir vue au tombeau.
Il a travaillé à la Satire Menippée, dont beaucoup de vers latins sont de lui.
Jean Passerat eut une bonne bibliothèque. Lorsqu'elle fut
vendue, après sa mort, M. M en tel (Voy. ce nom) en acheta le premier choix. On en retrouve encore des exemplaires avec la signature de Passerat à la Bibliothèque impériale, qui a englobé celle de Jacques Mentel.
Le célèbre bibliophile Henri de Mesme aimait la conversation de Passerat et son grand savoir ; il le garda trente ans chez lui et il y mourut en 1602, âgé de 68 ans.