‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 37 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DE J.-B. MORÏN · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE J.-B. MORÏN

Jean-Baptiste Morin, médecin, professeur de mathématiques au Collège royal, né à Villefranche en Beaujolais, en 1 583, mort en i656, la même année que son fameux adversaire Gassendi, qu'il avait condamné, de par la volonté des planètes, à mourir en i65o. Il s'était appliqué avec succès à l'astrologie judiciaire. On lui doit le traité De astrologia gallica.

En 1654, dans une boutade de colère contre Gassendi et ses disciples, il mit au jour, sous le pseudonyme burlesque de Vincentius 7*amergus, un petit livre intitulé : De tribus impostoribus. Certains bibliographes se sont appuyés sur l'existence de ce libelle pour affirmer celle du fameux factnm supposé qui porte ce titre,

5o. BIBLIOTHÈQUE DÉ PIERRE DE MONTMAUR.

Pierre de Montmaur, le Mammurus de Gilles Ménage, fut avocat, poète, professeur royal de langue grecque, l'un des hommes les plus décriés de son siècle, et au demeurant, l'un des plus savants dont les lettres s'honorent; triste exemple de la vérité de ce mot : * Le ridicule tue en France. »

Loin d'être lepoètecrottéqu'on a voulu dire, Motottfcauf était presque riche; outre Ses emplois, il avait bien 6,000 francs de rente et possédait une terreau Mesnil-Saint-Denis, pour laquelle il fut taxé à 4,000 francs, en exécution de l'arrêt du 1 5 février 1649, qui établit cet impôt pour payer les frais de garde des propriétés avoisinant Paris, pendant la guerre de la Fronde.

I> professeur Mohttnfcur n'était pas un homme méprisable

comme la plupart le croient, sur la foi des plaisanteries de Ménage^ de Sallengre et autres.

C'était un fort bel esprit, qui avait de grands talents, dit Bonavanture d'Argonne ; les langues grecque et latine lui étaient comme naturelles. Il était versé dans la connaissance de l'antiquité, et secondé par une prodigieuse mémoire, jointe à beaucoup de vivacité, il faisait des applications heureuses de ce qu'il avait lu , mais souvent avec malignité, ce qui lui fit beaucoup d'ennemis.

Il aimait la bonne chère et disait à ses amis: « Fournissez les mets et les vins, j'apporterai le sel. » Et effectivement il le répandait à pleines mains aux bonnes tables où on l'accueillait avec délices.

Il était ménager de son argent, et ne dépensait sans compter que pour acheter de bons livres.

Son goût pour les livres, comme tout le reste, lui attira les sarcasmes de ses ennemis,

La Requête des dictionnaires insinue que, sans leur usage, il ne traduirait pas un mot de grec.

Témoin Montmaur, ce professeur Qui seroit un pauvre fesseur S'il n'avoit point les trois pstiennes Avecque les Gloses anciennes, Le Nomenclateur Junius Et Mathias Martinius.

5i. BIBLIOTHÈQUE DE TARIN.

Joseph Tarin, né en Anjou, fils d'un meunier. Il fut professeur de rhétorique au collège d'Harcourt, recteur de l'Université de Paris, lecteur du roi Louis XIII, antiquaire, etc. Il traduisit Origène, et mourut en 1661.

Tarin était un « abîme de science, » dit quelque part Guy Patin; « je n'ai jamais vu un tel prodige. »I1 avait été précepteur de M. de Thou, qui fut exécuté à Lyon en 1642.

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