‹ Rymaille sur les plus célèbres bibliotières de Paris en 1649; avec des notes et un essai sur les autres bibliothèques particulières du tempsChapitre 84 sur 193 · BIBLIOTHÈQUE DE CLÉMENT · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE CLÉMENT

Clément, conseiller aux enquêtes, avait collationné avec le plus grand soin tous les livres et toutes les gravures qui ont rapport aux emblèmes, devises, livrées, blasons, entrées, fêtes, triomphes de toutes les nations, mais plus particulièrement des Italiens; et dans cette spécialité il était parvenu à rendre sa bibliothèque importante. Il s'entendait parfaitement lui-même à en composer.

« Étant allé visiter la bibliothèque de M. Clément, dit M. de

M a rai les, il me fut aisé de connaître qu'il s'entendait parfaitement en devises et livrées, et qu'en cela comme en tout le reste, il avait le goût délicat. »

n5. BIBLIOTHÈQUE DE COLBERT.

M. Colbert joignait à un zèle ardent pour tout ce qui tenait à la grandeur de la France, une vraie passion pour les livres ; aussi, non content de veiller au développement de la Bibliothè» que du Roi avec une sollicitude que 1 accroissement des affaires ne pouvait affaiblir, il résolut d'ériger aussi une bibliothèque à 'son usage personnel. Il chargea de ce soin M. de Carçavi, l'un des hommes d'Europe qui connaissaient le mieux les livres, et M. de Carçavi lui composa une bibliothèque qui devint l'égale des plus célèbres. Tandis que le cabinet du Roi|lui était redevable des acquisitions les plus importantes dont il se soit enrichi, le sien propre prenait une extension au delà même des limites d une collection particulière. Tous les pays du monde devenaient ses tributaires par l'entremise des consuls ; il achetait un jour les manuscrits de Chandelier, de Hardy ou de Ballesdeos; quelque temps après, il recevait en don une partie de ceux de Duchesne et des raretés sans pareilles, telles que la Bible de Charles le Chauve, du chapitre de la cathédrale de Metz.

Plus tard c'étaient des trésors amassés par les abbayes de Mortemer, de Moissac, de Foucarmont ou de Bonport, par M. Mareste de Rouen, par la duchesse de Vivonne, par M. Bouchu, intendant du Dauphiné, par l'évéque de Saint-Malo, par la Bibliothèque de Foix, par M. Rignac de Montpellier, par M. Godefroy de Lille, par M. Daguesseau, intendant du Languedoc, etc., etc.

Malgré les services que lui rendit Carçavi, ou plutôt, éclairé par ces services sur la haute portée des connaissances de ce savant, il le donna au Roi et le remplaça chez lui par M. Baluze, qui rédigea le catalogue de la bibliothèque de Colbert.

Cette bibliothèque resta dans sa famille jusqu'en 1732, époque à laquelle le petit-fils de Colbert, le marquis de Seignelay, vendit à la Bibliothèque du Roi tous les manuscrits de son aïeul pour une somme que le Roi fixa lui-même, malgré l'avis contraire des experts, à 3oo,ooo écus.

Le transport de ces manuscrits, de l'hôtel de Seignelay à la Bibliothèque du Roi, coûta 1 56 liv. 14 sous.

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