‹ Rythme et langage dans la 1ère édition des "Leaves of Grass"Chapitre 3 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On a beaucoup étudié le rythme artistique et en particulier le rythme du langage. Des études comme celle de M. Verrier pour le vers anglais, celle de M. Grammont pour le vers classique de France, venue d’ailleurs après le remarquable livre de Becq de Fouquières, sont des modèles définitifs.

Nous ne parlons pas des nombreux ouvrages qui ont pris pour objet le rythme visuel, sonore, moteur et dont on trouvera les titres d’ailleurs connus dans notre bibliographie. En Allemagne (avee Wundt, Meumann, Brücke), en Amérique (avec Herbert Woodrow, Miner, Lipsky, Warner Brown), en Angleterre (avec Seripture), en Ifalie (avec 2. Trèves), en France (avec les travaux de Rousselot, Jousse, Grammont), le rythme est entré dans la science humaine, participant à la fois aux recherches sociologiques (que d’articles dans l’ Année Sociologique lui sont consacrés !) aux recherches psychologiques, à la simple critique littéraire.

C’est dans l’art que le rythme se révèle à nous. Landry (1) a raison d'écrire: & L'art est le grand éveilleur, peut-être même aujourd’hui le grand révélateur des rythmes, parce que l’une de ses denx

(1) Théorie du rythme cet le rythme du francais déclamé, p. 50.

grandes missions est de reconquérir sur l’accoutumance l'émotion, l’autre étant d’y introduire une certaine discipline. »

Il y a une province de l’art où le rythme arrive jusqu’à nous de la plus humaine façon qui soit — par les mots — c’est la poésie.

C’est dans la poésie que nous l’étudions dans ee modeste ouvrage.

Cette étude a été faite maintes fois. .

Ce qui est nouveau et, nous l’espérons, fécond dans notre travail, c’est que nous avons eu le privilège d’avoir à notre disposition les brouillons où ont été balbutiés les premiers rythmés poétiques d’un artistè qui était presqu'’un ignorant, Walt Whitman.

Etudier le rythme poétique dans l’œuvre définitive, c’est bien. Mais, pouvoir surprendre sur le papier le premier. éveil du rythme, et suivre pas-à pas’ le développement d’une première formule informe jusqu’au poème définitif, cela vaut mieux.

Et cela vaut mieux parce que cela permet d’arriver à des lois qui, si elles sont vérifiées sur les résultats déjà acquis par des études précédentes, offrent le caractère de quasi-certitude des phénomènes psychologiques.

L'étude des brouillons de Whitman nous a conduit à établir trois lois se rapportant à la naissance, et à l’évolution spontanée du rythme poétique. Ce sont les lois :

1° De la formulation initiale.

2° De la juxtaposition.

De la continuité lyrique.

[NTRODUCTION br

Notre étude se divise en deux parties: dans la Première, nous étudions les brouillons inédits de Whitman qui sont de deux sortes:

1° Ceux où se trahit son goût de l’éloquence et son ambition d’éerrre un traité de rhétorique. Dans ce premier chapitre, notre rôle se borne à recueillir les aveux, à les grouper et. à ‘tirer des indications suggestives.

2° Ceux où se manifeste le désir d'écrire en vers, où se trahit le premier rythme. Ce chapitre IT est, à notre avis, le centre de l’ouvrage et les prémisses d’où doivent découler les conelusions finales.

Dans la Seconde Partie du bvre, nous étudions l’œuvre de 1855 dans la forme que Wlitman lui a voulue pour la présenter au public.

Il va sans dire que si les deux parties de notre livre ne concordaient pas, notre thèse ne serait pas exacte.

PRÈÉMIÈRE PARTIE

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LA

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