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Rythmes des bruits du coeur

Le cœur présente deux sortes de rythmes, celui de ses pulsations, rapport des systoles ventriculaires entre elles, et celui de ses bruits, relation des différents éléments de sà révolution.

Le rythme des pulsations cardiaques ne s établit que par la comparaison de toute une série de chocs précordiaux-, le rythme des bruits du cœur trouve toutes ses modalités normales ou pathologiques dans l’analyse d une seule révolution cardiaque, prise comme unité. G est uniquement à ce dernier que Laënnec faisait allusion dans son immortel ouvrage, au chapitre

qu’il intitule meme « Du rythme des battements cardiaques », lorsqu’il écrit 1 : « J’entends par rythme l’ordre des contractions des 'diverses parties du cœur telles qu’elles se font entendre et sentir par le stéthoscope, leur durée respective, leur succession, et, en général, leur rapport entre elles. »

Le rapport dés chocs précordiaux dans leur succession se reflète en général, mais non forcément, dans le pouls artériel, et souvent on se contente d’interroger ce dernier à la radiale, il peut cependant y avoir discordance entre le pouls cardiaque et l’artériel ; c’est ce qui arrive fréquemment dans les cardiopathies où toutes les pulsations cardiaques peuvent ne pas avoir • une force suffisante pour se traduire par un soulèvement de l’artère, ce qui fait qu’on a un cœur vite pour un pouls rare (faux pouls lent de Tripier). Une oblitération artérielle, incapable d’empêcher complètement la circulation, peut abolir le phénomène du pouls dans les artères situées au-dessous du tronc malade.

1. R.-T.-H. Laënnec. Traité de l'auscultation médiate et des “““ des poumons et du cœur. Édition de la Faculté, 1879,

C'est donc au cœur lui-même qu’il faut s’adresser pour obtenir un résultat qui ne soit vicié d’aucune sorte; le rythme cardiaque proprement dit est moins une affaire d’auscultation qu’une constatation révélée par la simple palpation, et rendue visible par l’enregistrement cardiographique ou même sphygmographique, lorsqu’il y a concordance entre le coeui* et l’artère radiale.

C’est au rythme des pulsations cardiaques que se rapportent les constatations de fréquence, rapidité (tachycardie), de ralentissement, de rareté (bradycardie), de régularité ou d’irrégularité (irrégularité vraie, intermittences, irrégularité régulière), de force ou d’égalité (inégalité vraie, inégalité régulière), etc.

Ces modifications pathologiques du rythme des pulsations cardiaques, enrichies de quelques acquisitions récentes, demanderaient aussi à être méthodiquement classés.

Cette classification est encore plus nécessaire pour les altérations survenues dans le rythme des bruits du cœur qui nous occuperont.

Bien que l’étude d’un certain nombre de

trouvera cependant plus de renseignements anatomo-pathologiques que de détails cliniques.

Valsalva a laissé un nom, grâce à son traitement des anévrismes ; Sénac, dans son Traité de la structure du cœur, a abordé beaucoup de sujets intéressants de la pathologie cardiaque ; Morgagni consacre quelques-unes de ses lettres aux affections des organes circulatoires ; Avenbrugger découvre la percussion et l’applique à l’étude des maladies du cœur ; Corvisart le traduit, le commente et manque presque de découvrir les bruits du cœur.

Malgré ces œuvres importantes et d’autres encore, signées des noms les plus illustres,

c’était, faute d’avoir eu l’idée d’appliquerl’oreille

directement sur la poitrine, le règne de la confusion ; et nouspouvons nous en faire aujourd’hui une idée exacte, lorsque nous constatons que presque tous les signes qui trahissent une lésion ou un trouble de l’organe central de la circulation ressortissent à la catégorie des phénomènes qui n’attirent pas forcément l’attention, et, en fait, des siècles se sont écoulés sans qu’on y pensât. A propos de la plupart des phé-

nomènes d’auscultation, c’est presque un cliché de répéter qu’il faut les rechercher de parti pris, par suite de leur manque absolu d’extériorisation. Le cœur n’est pas un organe qui se livre, il faut en violer le secret.

L’impulsion, féconde en résultats, donnée par Laënnec se poursuit encore aujourd’hui.

Les modifications survenues dans le timbre des bruits du cœur, leurs transformations en souffles, ont été les premières à frapper l’attention des cliniciens, et pendant une longuè période les pathologistes s’occupent presque exclusivement de ces phénomènes.

Entre temps, une grande étape est parcourue dans le domaine de la physiologie et 1 apparition des expériences ingénieuses de MM. Chauveau et Marey vient éclairer le mécanisme de la révolution cardiaque, sur lequel les opinions les plus erronées avaient cours, il n y a pas bien longtemps encore.

C’était faute d’une base physiologique assez solide que l’analyse des différentes phases de la révolution cardiaque, que les rythmes des bruits du cœur, étaient laissés au second plan ; mais

depuis, un vent de réaction semble se faire sentir et l’on tient de plus en plus compte de la manière dont le cœur fait sa révolution, depuis qu’on voit le lien étroit qui unit la fibre cardiaque à son mode dé contraction; en somme, depuis qu’on fait jouér dans la pathologie cardiaque un rôle de plus en plus important aux lésions ou aux troubles fonctionnels du myocarde lui-même. #

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