‹ Rythmes des bruits du cœurChapitre 18 sur 65 · W. Stokes. Ibid. Observation LI, p · texte numérisé non relu

W. Stokes. Ibid. Observation LI, p

jour, ils ressemblent beaucoup à ceux du fœtus

pendant la vie intra-utérine. »

Autopsie, 11 heures après la mort.

Cœur : volume normal, livide, mou, surtout au niveau du ventricule gauche. Sur le ventricule droit quelques plaques laiteuses. Aspect singulier du myocarde des parois ventriculaires; couche homogène foncée; infiltrât de matière gommeuse ressemblant à la substance rénale corticale. Les piliers semblent moins atteints; le cœur droit semble normal. Pas de lésions intestinales.

On retrouve dans ces observations la netteté que Stokes a mise dans toutes ses études. On peut cependant dire que sa description est restée stérile et que ses successeurs n’en ont pas tiré tout le parti possible. Il persista bien dans l’esprit médical la notion du caractère fœtal des bruits du cœur, mais avec ce quelque chose de vague qu’ont les phénomènes non approfondis. C’est dans ces conditions que Graves 1 , N. Gueneau de Mussy*, M. M. Peter 5 , mentionnent dans leurs ouvrages, sans y insister aucunement, comme par un acquit de conscience scientifique, et le plus souvent par citation de Stokes, le caractère fœtal des bruits du cœur.

Barth et Roger 4 , dès les premières éditions de leur traité, le notaient dans ce passage : « Les modifications de la durée relative des silences, disent-ils,

1. Graves. Clinique médicale, traduction de Jaccoud, 1863,1.1, p. 319.

2. Noël Gueneau de Mussï. Clinique médicale , t. II[, 1884, p. 390.

3. Michel Peter. Traité des maladies du cœur et de l'aorte, 1880, p. 198.

4. Barth et Roger. Traité pratique d'auscultation, édit., 1863, p. 266.

portent le plus habituellement sur le grand silence. Le raccourcissement de ce grand silence, surtout avec allongement du petit, a pour effet de convertir, en quelque sorte, le rythme du cœur en une mesure à 2 temps et les bruits cardiaques ressemblent alors à ceux des oscillations d'un pendule. C’est une particularité assez fréquente dans l’âge avancé, lorsque le cœur est gros et flasque et que l’aorte, graduellement dilatée, a perdu la souplesse et la contractilité de ses parois. »

La valeur séméiologique restreinte qu’ils lui donnent dénote le manque de connaissances à cette époque.

Les physiologistes ont une certaine tendance à ne voir dans le rythme fœtal qu’une conséquence de l’accélération du battement cardiaque.

Marey 1 dit : «.... la durée relative des deux silences n’a rien de fixe, et il peut arriver dans certains cas que tous les deux soient égaux. Le cœur bat alors une mesure à deux temps.... »

C’est la même opinion qu’expriment MM. Chauveau et Arloing 2 :

« Quand les battements deviennent plus nombreux le petit silence peut manquer et le grand silence se raccourcit notablement. Quelquefois même la diastole générale du cœur est insignifiante, et, dans ce cas, les bruits donnent une mesure à deux temps.... »

1. E. J. Mareï. Physiologie médicale de la circulation du sang, 1863, p. 107-108.

2. Chauveau et Arloing. Article Cœur (physiologie). Dict. encyclopédique des sciences médicales, l ro série, t. XVIII, 1876, p. 315.

Entre temps, la lecture des relations de fièvre typhoïde permet de retrouver la mention du rythme fœtal dans quelques faits publiés. Telles les observations de M. G. Hayem 1 , de M. E. Démangé 2 3 .

A l’étranger, la littérature médicale ne brillait pas par une plus grande richesse. C’est surtout dans ces derniers temps qu’on lit dans les auteurs allemands quelques mots sur le rythme fœtal (pendelartiges Rhythmus 5 ). C’est à ce point que se trouvait la question, quand M. H. Huchard 4 la fit sienne par ses recherches pathogëniques et thérapeutiques. Outre le fait d’observation, l’égalité des quatre temps du cœur, la similitude des deux bruits, le degré variable de tachycardie, M. Huchard faisait surtout ressortir la valeur pronostique du phénomène, auquel il donnait le nom d’embryocardie.

Nous en avons, dans notre thèse s , étudié le mécanisme.

Signé d’affaiblissement de tout le système circulatoire, cœur et vaisseaux, l’embryocardie ne se

1. G. Hayeh. Leçons cliniques sur les manifestations cardiaques de la fièvre typhoïde. Progrès médical, 1875, tirage à part, p. 15 et 51.

2. E. Démangé. Considérations sur la forme cardiaque de la fièvre typhoïde et son traitement par les injections d’ergotine. Revue mensuelle de médecine , 1885, p. 1025.

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