‹ Rythmes des bruits du cœurChapitre 19 sur 65 · A. Steffen. Klinik der Kinderkrankeiten, Berlin · texte numérisé non relu

A. Steffen. Klinik der Kinderkrankeiten, Berlin

4. H. IIdchahd. Cliniques médicales et thérapeutiques de l’hôpital Bichat. ( Semaine médicale, 9 mai 1888, p. 186 et suivantes.) La tension artérielle dans les maladies èt ses indications thérapeutiques.

( Revue générale de clinique et de thérapeutique, p. 411,28 juin 1888.) Traité clinique des maladies du cœur et des vaisseaux, 1889, et 2'édition, 1893, p. 201 et suivantes.

5. H. Gillet. De l’emhryocardie ou rythme fœtal des bruits du cœur. Thèse, Paris 1888.

limitait pas au cas de typhus, de fièvre typhoïde, dans laquelle les observations se multipliaient 1 , mais on la trouvait pour ainsi dire dans toutes les maladies infectieuses et des plus variables comme la grippe (Merklen 2 3 ), l’hépatite tuberculeuse (Hutinel), etc.

Parmi les autres symptômes cardiaques le plus souvent observés en même temps que le rythme fœtal, la tachycardie, d’après les faits publiés, semblait un des plus constants. Toutefois on s’accordait pour n’attachér au degré variable d’accélération des pulsations cardiaques qu’un rôle secondaire d’épiphénomène.

Il a été donné à M. Grasset 5 de montrer l’indépendance des deux symptômes, embryocardie et tachycardie. Pour lui, dans l’embryocardie tachycardique, il y a deux choses, la tachycardie, signe d’affaiblissement cardiaque, le rythme à deux temps, signe d’affaiblissement vasculaire qui fait retarder le second temps et allonge la systole.

A l’heure actuelle, il faut donc considérer comme l’a développé M. Bernard 4 , deux variétés d’embryocardie, ['embryocardie tachycardique et l’ embryocardie dissociée.

1. Lizot. Embryocardie, nouveau symptôme clinique. (Bevue générale de clinique et de thérapeutique, février 1889, p. 108.)

2. Merklex. Société de médecine. [Bulletin médical, mai 1892.)

3. Grasset. Embryocardie dissociée, rythme fœtal sans tachycardie. [Semaine médicale,.i6 mars 1892, p. 101-102.)

4. Ch. M. Bernard. De l’embryocardie tachycardique et de l’em-

bryocardie dissociée. (Thèse Paris 1893, n° 87.)

Étude clinique du rythme fœtal.

Lorsque le grand silence se raccourcit, l’organe peut jouer sur ce thème de nombreuses variations, si l’on veut tenir compte de toutes les nuances.

Parmi toutes ces modifications possibles, une des plus intéressantes qui se produisent est le phénomène qu’on a décrit sous le nom de caractère fœtal des bruits du cœur, d ’embryocardie. Il consiste dans l’égalité du petit et du grand silence, auquel se joint l’identité du premier et du second bruit, ainsi qu’un degré très variable d’accélération des battements cardiaques (tachycardie) ; ce qui donne à l’oreille une sensation analogue au tic-tac d’une montre, aux bruits du cœur fœtal ou aux oscillations régulières et rapides d’un pendule.

Dans les cas nets d’embryocardie l’auscultation attentive permet de décomposer un battement cardiaque en différents temps. C’est d’abord un bruit rapide, premier bruit, puis un arrêt silencieux qui précède à un intervalle très court un bruit nouveau, deuxième bruit, aussi rapide que le premier. Un autre silence fugitif de même durée que le premier sépare ce second bruit du premier de la révolution cardiaque qui suit.

Malgré la rapidité de succession des phénomènes, on saisit parfaitement que les deux bruits ne sont plus différenciés par leur durée, non plus que par leur timbre du reste ; on sent aussi que les deux silences s’égalisent entre eux et que l’intervalle

qu’ils mettent entre les bruits reste identique pour chacun et qu’il a même durée que celle de chacun des bruits. Ce qui donne quatre temps d’égale longueur.

Si, en dehors de l’accélération des mouvements du cœur, on récapitule les modifications qu’a subies le rythme cardiaque, on voit que le grand silence s’est raccourci au point qu’il ne surpasse plus le petit en durée et que le premier bruit se produit dans un espace- de temps sensiblement égal au second. De cette uniformité et de cette égalité des temps delà révolution cardiaque naît un rythme spécial à deux temps :

1" bruit et petit silence. 2“ bruit et grand silence.

1" temps. 2’temps.

1/2 1/2 ou en notation musicale j pï .

Un métronome monté de façon à battre environ 200 coups à la minute rend bien compte du phénomène.

Cardiographie.

Cette égalité de durée des 4 phases du battement cardiaque peut être inscrite et donne alors un tracé analogue à la figure 15 :

L’égalité des quatre temps perçus par l’oreille n’est pas absolument mathématique dans chaque révolution cardiaque; mais la différence se montre

si minime qu’elle n’influe en rien sur le résultat général.

S’il faut faire constater que l’cmbryocardie s’accompagne de plus ou moins de tachycardie, et j’ajouterai surtout d’hypotension artérielle, il ne faut pas laisser croire qu’elle n’est que de la tachycardie. Ce serait une erreur d’observation. Bien désaffections

Fig. 15. — Embryocardie.

se font remarquer par une rapidité extrême des pulsations cardiaques sans que le rythme des temps semble modifié ; ils sont diminués comme durée, mais leur rapportgénéralentre eux reste identiqueàla normale. Il en est ainsi dans la maladies fébriles, dans les formes tachycardiques des cardiopathies artérielles et surtout dans le goitre exophtalmique au débul, les palpitations nerveuses, dans lesquelles le nombre des pulsations cardiaques dépasse de beaucoup celui qu’on rencontre avec le caractère fœtal.

Dans la tachycardie même extrême, comme M. Rommelaere 1 en a cité des exemples, à 200 et 250pulsations, il est possible de saisir entre les deux silences la même différence de timbre qu’à l’état normal.

i . Rommelaere. De l'accélération cardiaque extrême. (Bruxelles 1883.)

Dans les mêmes circonstances qui donnent lieu à l’embryoeardie, dans les myocardites des maladies infectieuses, la tachycardie peut s’accompagner d un autre rythme cardiaque pathologique, du bruit de galop par exemple'.

Pour se convaincre que l’embryocardie ne découlé pas simplement d’une tachycardie extrême, il suffit

Fig. 16. — Tachycardie sans embryocardie (pneumonie).

de comparer un tracé de tachycardie, comme celui de la figure 16, provenant d’un pneumonique, pris avec le même appareil, le cylindre marchant à la même vitesse, avec les autres cardiogrammes. On voit que le nivellement des durées n’a pas lieu, malgré le nombre des pulsations et que le grand silence reste toujours le grand silence, toujours beaucoup plus long que les autres temps.

Du reste, chez les petits animaux, qui sont normalement tachycardiques par rapport à l’homme, et chez lesquels l’auscultation, gênée par cette rapidité, ferait penser à l’existence de l’embryocardie, l’appareil enregistreur, bien plus sensible et délicat que l’oreille humaine, montre qu’il n’en est rien.

Lorsqu’on coupe les deux nerfs vagues au cou

\. A. Steffek. Klinik der Kinderlcrankeiien, Berlin 1889, p-, 226 et 238.

chez un chien en expérience, sans faire la respiration artificielle, pendant qu’on prend le tracé cardiographique, on voit bien se produire, d’une façon assez constante, l’accélération des pulsations cardiaques, mais dans chaque pulsation prise en ellemême chacune des parties composantes garde avec les autres un rapport à peu près identique à celui qu’il avait avant la vagotomie.

II faut, pour arriver à égaliser les quatre temps, injecter en même temps une substance toxique comme l’atropine, le chloral ou la nicotine, etc.

On pourrait même dire que les cas les plus nets sont ceux qui s’éloignent un peu du vrai rythme fœtal, lorsque le cœur ne bat pas très vite.

Ce qu’il y a de caractéristique, ce n’est pas l’accélération des bruits du cœur, mais leur rythme à deux temps, l’égalité de chacune des parties entre elles.

Embryocardie dissociée. — Du reste la clinique est venue elle-même démontrer l’indépendance du rythme à deux temps et dè la tachycardie. Une première observation a été donnée dans une leçon récemment publiée par M. Grasset, qui décrit cette modalité nouvelle sous le nom d 'embryocardie dissociée. Dans sathèseM. Bernard 2 oppose aussi l’embryocardie ordinaire ou tachycardique à l’embryocardie dissociée.

Le sujet, sur lequel l’attention de M. Grasset a porté, était un homme, chez lequel on constata une dilatation de l’estomac et de l’artério-sclérose. A

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