Fkæntzel. — Ueber Galopprhythmus am Herzen
(. Zeitsch. f. kl. Med., 5Bd., 1881, p. 491.)
Teissier. — Sür un rythme cardiaque à trois temps avec albuminurie dans la fièvre typhoïde (autre
que le bruit de galop) (issoc. franç.pour l’avanc. des sc., 1881.)
D’Espine. — Revue de médecine, 1882.
Cdffer et L. Gdinon. — Modalités du bruit de galop.
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Cuffer et Barbillion. — Nouvelles recherches sur le bruit de galop cardiaque. ( Archives générales de médecine, février, mars 1887, p. 129, 301).
H. Huchard. — Traité clinique des maladies du cœur et des vaisseaux (2 e édition, 1893).
Étude clinique du bruit de galop.
De toutes les descriptions du bruit de galop, il n’en existe aucune aussi précise et aussi nette que celle qu’en a donnée M. Potain; aussi, plutôt que de la pasticher, vaut-il mieux la transcrire telle quelle. Elle renferme, en substance, tous les faits importants à connaître. La voici :
« ...On y distingue trois bruits, à savoir : les deux bruits normaux du cœur et un bruit surajouté. Les deux bruits normaux conservent, le plus souvent, leurs caractères habituels, sans modification aucune. Le premier, en particulier, se maintient dans ses rapports ordinaires avec le choc de la pointe et avec le pouls artériel. Quant au bruit anormal, il se place immédiatement avant lui, le précédant, d un temps quelquefois assez court; toujours notablement plus long, cependant, que celui qui sépare les deux parties d’un bruit dédoublé ; en général et presque
toujours notablement plus court que le petit silence. Ce bruit est sourd, beaucoup plus que le bruit normal. C’est un choc, un soulèvement sensible; c’est à peine un bruit. Quand on a l’oreille appliquée sur la poitrine, il en affecte la sensibilité tactile, plus peut-être que le sens auditif. Et si l’on essaye de l’entendre avec un stéthoscope flexible, peu s’en faut, presque toujours, qu’il ne disparaisse entièrement. Le point où on le perçoit le mieux est un peu audessus de la pointe du cœur, en tirant vers la droite. Mais on le peut quelquefois distinguer dans toute l’étendue de la région précordiale.
* Avec ce bruit coïncide habituellement un soulèvement sensible à la main, et: qui peut être même, comme vous le verrez bientôt, nettement indiqué par les instruments enregistreurs. Ce soulèvement se fait sentir surtout vers le milieu de la région précordiale et un peu au-dessous; mais il est vague, étalé, et ne ressemble en rien à l’impulsion nette et bien détachée de la pointe qui accompagne ordinairement le premier bruit.
« Ajouté aux deux bruits normaux, ce bruit complète la mesure à trois temps du cœur. Il produit ainsi un rythme à trois bruits inégalemeut martelés, et parfois inégalement distants ; rythme que l’oreille trême facilité, pourvu qu’elle l’ait ment perçu. C’est le ■ bruit de
galop.
« En même temps que ce rythme anormal, on constate presqup toujours les signes d’une hypertrophie générale du cœur, sans lésion L d’orifîce.
m RYTHMES DES BRUITS DU CŒUR.
Quant à l'a coïncidence de souffles, elle est relativement exceptionnelle.
Le bruit de galop se- distingue, comme vous voyez, du dédoublement du premier bruit, par trois caractères : 1° le bruit surajouté diffère absolument, par sa nature et son timbre, du bruit normal qu’il précède; 2° l’écart entre eux est toujours assez notable et bien supérieur, même quand il est le moindre, à celui qui sépare les deux parties d’un brùit dédoublé, lequel est formé toujours de deux bruits semblables accouplés et se succédant immédiatement ; 5° la partie anormale de ce bruit, par laquelle le rythme commence, précède toujours le choc delà pointed’uüe façon appréciable, coïncidant d’ailleurs avec un soulèvement distinct et indépendant de ce choc, tahdis que le bruit dédoublé se fait toujours entendre au moment même où la pointe du cœur vient soulever la paroi thoracique. »
Le bruit de galop commence par n’être qu’une sensation tactile qui précède la systole, et ne peut donner à la main ou à l’oreille que la perception d’un double choc. A l’état de repos et de calme, le phénomène, ne va pas parfois au delà; mais si le malade se livre à quelque effort, s’il marche un peu rapidement, M. Huchard à démontré que la sensation auditive s’ajoute à la sensation tactile 1 . Cette manière de provoquer l’apparition du bruit de galop vient puissamment en aide au diagnostic, puisqu’il
I. H. Hochabd. Maladies du cœur et des vaisseaux, leçons de thérapeutique et de clinique médicales de l’hôpital Bichat, 1889, pï 250-231.
rend évident un signe qui, jusquè-là n’était que virtuel et pouvait, par ce fait, passer inaperçu. Ce point clinique n’est pas sans valeur.
La place variable occupée par le bruit diastolique surajouté rend parfois malaisée la .question de savoir si l’on a ou non affaire à un bruit de galop. La solution du problème ne manque pas, dans certains cas de difficulté ; pour la résoudre, M. Potain vient de nous indiquer deux caractères principaux qui nous seront d’un grand secours: On peut en ajouter un troisième, que les auteurs n’ont pas implicitement donné jusqu’ici. Lorsqu’il s’agit d’un dédoublement, par' suite du défaut de synchronisme dans la chute des valvules au niveau de deux orifices cardiaques similaires, pour que l’oreille perçoive le double bruit, il faut ausculter à la fois les deux coeurs, c’est-à-dire se placer à la pointe, si l’on se déplace trop vers la droite ou vers la gauche la duplicité du bruit dédoublé tend à disparaître ou disparaît, lorsque l’observateur s’est assez éloigné soit à droite, soit à gauche.
Si l’on perçoit un, bruit de galop au niveau de la pointe et qu’on se porte à droite ou à gauche, le rythme cessera d’exister seulement d’un côté. Par exemple, un galop très net vers le troisième ou quatrième espace intercostal gauche s’évanouira à droite au niveau de l’appendice xiphoïde ou vice-versa.
'C’est même sur ce fait d’observation que se base la notion du bruit de galop gauche et du bruit de galop droit.
Bruit de galop gauche, bruit de galop droit. — Les conditions mécaniques, qui aboutissent à la pro-
duction du bruit de galop, peuvent aussi bien être
créées du côté du cœur droit que du côté du gauche.
Dans les deux cas, c’est le même choc perçu à la main et manifesté par un soulèvement du trace cardiographique, c’est le même bruit diastolique surajouté entendu par l’oreille, avec ses modalités, son rapprochement où son éloignement plus ou moins grand du premier bruit; mais quelques particularités distinguent ses deux sièges, comme y insiste M.Barié*. Tandis que le bruit de galop gauche a son maximum d’intensité dans un espace compris entre la pointe, le second espace intercostal gauche et le bord gauche du sternum, et s’accompagne d’une accentuation du second temps à droite du sternum au niveau du foyer aortique, le bruit de. galop droit se manifeste avec sa plus grande netteté au niveau du bord droit du cœur, près du creux épigastrique et se caractérise en plus par une accentuation manifeste du second bruit cardiaque, à gauche du sternum, au siège d’auscultation de l’artère pulmonaire.
Avec le bruit de galop gauche coïncide un pouls dur, fort, plein, avec le droit un pouls faible, mou, dépressible.