LA FEE DES EAUX
Je dormais — depuis si longtempç! —
dans mon grand palais de cristal...
Combien déjà de lentes lunes
avaient passé dans le ciel noir !
Mais mon signe revient
danser au zodiaque, et j'cntr'ouvre mes yeux appesantis d'émoi.
Je ressuscite sous la nue, toute blanche,
pour saluer les jolis mois.
J'ai de longs cheveux de lumière
et des perles à mes doigts.
Je suis fleurie de renoncules d'eau
et de nymphéas.
Les vents ailés soufflent sur mes épaules,
je chante comme la nuit, dans l'infini,
chante le saule.
Oh douceur de chanter, allongée parmi les roseaux
qu'animent les brises !
A ma voix, le rouge-gorge et le hoche-queue
s'approchent frétillants
de moi, les biches sortent des halliers,
et les jeunes hommes voient plus ardemment
se dessiner en leur esprit la femme idéale qu'ils désirent eu rêve.