‹ Rythmes et chants dans le renouveauChapitre 13 sur 23 · LA FEE DES EAUX · texte numérisé non relu

LA FEE DES EAUX

Je dormais — depuis si longtempç! —

dans mon grand palais de cristal...

Combien déjà de lentes lunes

avaient passé dans le ciel noir !

Mais mon signe revient

danser au zodiaque, et j'cntr'ouvre mes yeux appesantis d'émoi.

Je ressuscite sous la nue, toute blanche,

pour saluer les jolis mois.

J'ai de longs cheveux de lumière

et des perles à mes doigts.

Je suis fleurie de renoncules d'eau

et de nymphéas.

Les vents ailés soufflent sur mes épaules,

je chante comme la nuit, dans l'infini,

chante le saule.

Oh douceur de chanter, allongée parmi les roseaux

qu'animent les brises !

A ma voix, le rouge-gorge et le hoche-queue

s'approchent frétillants

de moi, les biches sortent des halliers,

et les jeunes hommes voient plus ardemment

se dessiner en leur esprit la femme idéale qu'ils désirent eu rêve.

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