CHANT DEUXIEME
Dans les Cités de la terre et les jardins des cieux
LUI
Fleuves, rochers, forêts I...
ELLE
Tu deviens fou !...
LUI
Non, sage. J'en oublie à jamais mes pauvres pleurs dantan
en voyant sous le ciel chanter le paysage.
ELLE
Qu'y a-t-il aujourd'hui de nouveau?
LUI
Le Printemps.
Toute la nuit, dans un doux rêve lourd de roses,
j'ai connu le réveil des choses.
Tiens, j'ouvre la fenêtre, et j'aperçois le bourg qui chante avec du soleil sur ses toits.
Oh parfums!
oh couleurs I
odorante fanfare!
Le vieil hiver grisâtre et qiiinteux
s'en effare.
Il s'enfuit tout là-bas, dans le ciel froid du Nord.
Aujourd'hui, c'est une tempête de fleurs d'or ; et l'écho répercute de doux airs de flûte
aux subtils accords.
Les marronniers et les tilleuls des avenues fleurissent,
le soleil s'exalte dans les nues, Le fleuve est jaune et bleu,
et baignant ses vieux ponts,
roule par les prés verts tous ses flots
[vagabonds.
C'est vrai que tout ici s'égaie et s'illumine, que l'alouette chante
— Tire vire lire tire li tire li — et que mon cœur répond.
LUI
Vois le balcon de la voisine ; il s'est couvert de capucines
et de muguets mêlés au blanc des liserons.
RONDES d'enfants ET d'amoureux, SOUS Us tUleuls
(Ils chantent alternatimement tantôt à deux, tantôt à plusitars voix, un violon et an Jluteau les accompagnent).
lit une bergère,
ron ron petit palapon.
ardin de mon pète, , mon cœur, vole !
lin pommier doux Tout doux I
i l)elles princesses, lie, mon cœur, vole couchées dessons.
Oh ferveur premier».
Danse des lumières.
Danse des couleurs.
Comme pris de joie.
Tout vire et tournoie Sur la terre en fleurs.
L'aubépine est blanche.
Fête dans les branches, Fête sur les eaux.
La nature est pleine Da chant dea Ibutaines, Du chant des oiseaux.
Les papillons jaunes Volent par les auloes En essaims nombreux, Et dans ses charmilles La forêt fourmille D'oiseaux amoureux.
Le soleil s'ébroue.
Le ciel fait la roue, Paon d'or et d'azur.
La verveine pousse Et l'ont voit la mousse Croître sur les murs.
Madame entrez dans la danse Kegardsz en la cadence...
Trois filles dans un pré mon cœur vole (bis) mon cœur vole à votre gré.
LE POÈTE
IIo, ce jour, je me sens toute flamme vers les manifestations
de Dieu.
Je suis tout élan • vers les certitudes de feu ;
je les désire avec tant de violence
qu'elles érigent dans mon cœur
des tours de foi et des temples de ferveur.
UN MUSICIEN
Ho, tout devient visible et réel,
tout prend voix ! Souffles d*enthousiasme qui montez des vallées et des bois, bruissements des forets solitaires,
inspirez-moi, mettez en moi les échos vastes du mystère.
DES PAYSANS, cGusant entre ezTx L'ondée de cette nuit a ranimé la terre...
UN MYSTIQUE
Prends conscience de ta vérité, mon âme !
Voici l'heure des bienfaisants prodiges : les apparences tombent, la présence suave se révèle
et le sixième sens nait au fond de moi.
RYTHMES ET CHANTS DANS LE RENOUVEAU 3i
Oh, mou àme, parcelle divine, je sens bien de quel soleil lu te détachas à l'origine,
puisque tournée versce centre idéal toujours, tu V tends de toute la force de ton amour.
Cette nuit j'entendais en mon àme
comme une voix de flamme qui me souillait des mots très doux et très aimants...
Je voyais des comètes dor au firmament,
des anges bleus
avec des lunes sur leurs ailes, des libellules d'eau, des merles, des pinsons,
des essaims de tourterelles dans un ciel de splendeur inondé de rayons.
Tu vois bien que là-haut dans le ciel idéal,
quelque chose vraiment se passait d'anormal.
ELLE
Je me sens toute émue.
Oh que c'est bon de vivre !
Parle, ta voix m'enivre ; C'est comme un doux parfum qui s'exhale de toi.
LUI
Et moi, je me sens vivre en entendant ta voix.
Entrez dang la danse, Voyez comme on danse...
LES RONDES, reprennent
Les roses nouvelles entr'ouTrcat leurs ailes au cœur des jardins.
La terre tressaille pour s«s épousailles avec le matin.
Trois filles dans un
pn
Il était une bergère.
Madame, entrez dans la danse.
Oh l'éveil des grappes !
oh le vieux Priape qui rôde partout !
Bouc au pied de laine, il court par la plaine dans un désir fou.
Bonheur simple et rare c'est une fanfare de rayons ardents.
C'est la terre en fête qui clame à tue-têfe la los du printemps.
La terre nourrit tout.
La colline danse.
Tout le vieux silence
de l'hiver dormeur
se rompt sous les gammes,
les trilles de flamme
des oiseaux chanteurs.
LE MUSICIEN
!Io temple du monde où gronde l'immense symphonie !
Ho verbe du Dieu vivant !
Et vous, langage des sphères, échos des autres mondes,
bruissement des célestes sources cachées !
LE MYSTIQUE
Je vois !
Je sors de la nuit sans étoiles !
Le divin soleil te caresse, ô rose d'or !
11 s'écroule le sépulcre charnel où tu rêvais en attendant ton heure !
Ravissement !
Je perds les tares de ma nature terrestre
pour refléter
les trésors de l'universel Amour, je participe aux attributs de la divinité,
je plonge dans l'unique !
O vie, vie î
ô naissance à la véritable vie !
LE POETE
Ho, penser au-delà des mots !
Voir autrement qu'avec mes yeux î
trouver le Verbe et la Révélation!