UN CROYANT
Printemps,
tu mets dans mes prunelle^
comme une étincelle
de feu.
Tu me montres les gloires et tu me fais croire aux bontés de Dieu !
ELLE
Ho, là -bas, ce vol d'hirondelles !
LUI
Mon vieux jardin est tout rempli de fleurs nouvelles.
ELLE
Nous irons, si tu veux,
dans le jeune soleil,
nous mêler aux splendeurs de la fête fleurie.
Je mettrai mon chapeau tout garni de glaïeuls, et d'iris des prairies.
11 fera bon sous les tilleuls, à côté des bassins où chantent les fontaines
de leur voix d'eau
qui paraît si lointaine.
UN AMOUREUX chonic sous le balcon de sa bien-aimée, un pinson raccompagne, en sifflant
O ma brime et rose, DâDs réveil de» roses Et du firmament Reviens m'apparaître Et mets en mon être Un désir d'amant .
Tsirrhading
Tssirrrhading
Sois très lente et douce,
De ton chant de source Tsii tsii
Berce ma douleur.
Dis-moi les mots tendres Tssirrhadine
Que j'adore entendre
En versant des pleurs.
tssii tssii
Mon cœur est sincère.
Calme ma misère Et mon désespoir.
Sois pour ton poète La douce alouette, L'étoile du soir.
Le lys qui parfume, L'astre dans la brume, Le rêve infini.
Et donne à mon âme Un divin dictame.
Un baiser d'oubli.
Issirrhading-
tssii
tsii...
LUI
Oh le printemps fait bien les choses !
Et que de petits faits
(il l'embrasse J pour de si grandes causes.
ELLE
Sage en philosophie, et moins sage en amour !
Que veux-tu, au printemps tout se métamorphose...
Oh tes regards rieurs...
(il l'embrasse une nouvelle fois) , bien sot celui qui n'ose...
ELLE '
Toujours rire...
Préfères-tu me voir en larmes !
ELLE
Oh les larmes d'amour ont parfois bien des charmes...
, LUI
Tiens, je ne dis plus rien...
Je m'habille, il est tard :
la pendule déjà marque huit heures et quart.
UN LUTIN, aa flanc de ïn montagne, joue de la flûte dans un os de mort, et chante
Voici, voilà,
c'est moi, fifreli fifrela.
C'est moi qui joue du cor avec les os des morts.
Voici, voilà, c'est le temps des lilas, (ifreli Ofrela.
L'hiver aussi, avec ses j^las viendra par là, fifreli, fifrela,
et la faucheuse en falbalas, (ifreli fifrela...
(Il danse, puis disparait dans le fond d'une caverne)
LE MUSICIEN
Des harpes de lumière vibrent au fond du ciel. Oh chants divins, oh doux prodige essentiel I
UNE LAITIÈRE traverse le bourg
Voici la petite laitière, qui veut ici acheter de son lait !
UN MUTILÉ DE LA GUERRE, dfins la cour d'un hôpital
Je rêve, je vois sous le ciel de joie plein de roses d'or, et de bleus mirages, les anciens visages des compagnons morts.
Leurs tombes ondulent sous les campanules et les liserons.
Oh sur ces fantômes que de joyeux psaumes et que d'oraisons !
Toute voix les fête :
la grise alouette,
le chardonneret,
le geai des campagnes,
l'aigle des montagnes,
l'oiseau des forêts.
Moi je suis en vie et tout mutilé.
Mais je suis en rie !
Dieu en soit loué i O gué !
(Il danse avec ses béquilles)
LE MYSTIQUE
Que j'aille vers la sphère heureuse,
vers l'amour qui délie, plus près de l'invisible, centre de tout,
inasrnilicateur de la vie î
LE SCEPTIQUE REPENTANT
Oh m'élever loin des doutes, et des attitudes inhumaines !
que je sois celui qui comprend, sympathise et aime!
LE MYSTIQUE
La vie est amour! la vie est union!
Ho qu'elle naisse enfin la sainte communion
entre tout ce qui vit, aime d'amour profond
LE POÈTË^
Leur donner une œuvre haute î
révéler les choses créées !
Uîs VIEILLARD, (issis suf /»? scuH de sa demeure
Le soutllc du printemps revenu
me pénètre j'entends les oiseaux fous qui chantent dans les hêtres.
SABBAT d'oiseaux, dans les bocages.
Le merle
Koui
Koui
horr ha dia
dia dillhi
hets hets
touarho
hostihoi
La fauvette dllo dllo
ly ly
trrrrrritzt.
Le Pinson
Tsirrhading
tssii
tssii tsirrhading.
Le rossignol
Tiou tiou
tiouou skpe tiou
tokoua
tio tic tio
tstn tstn tstn
ghi ghi ghi
liguai guai
tsio tsio
ts tisp.