‹ Rythmes et chants dans le renouveauChapitre 15 sur 23 · UN CROYANT · texte numérisé non relu

UN CROYANT

Printemps,

tu mets dans mes prunelle^

comme une étincelle

de feu.

Tu me montres les gloires et tu me fais croire aux bontés de Dieu !

ELLE

Ho, là -bas, ce vol d'hirondelles !

LUI

Mon vieux jardin est tout rempli de fleurs nouvelles.

ELLE

Nous irons, si tu veux,

dans le jeune soleil,

nous mêler aux splendeurs de la fête fleurie.

Je mettrai mon chapeau tout garni de glaïeuls, et d'iris des prairies.

11 fera bon sous les tilleuls, à côté des bassins où chantent les fontaines

de leur voix d'eau

qui paraît si lointaine.

UN AMOUREUX chonic sous le balcon de sa bien-aimée, un pinson raccompagne, en sifflant

O ma brime et rose, DâDs réveil de» roses Et du firmament Reviens m'apparaître Et mets en mon être Un désir d'amant .

Tsirrhading

Tssirrrhading

Sois très lente et douce,

De ton chant de source Tsii tsii

Berce ma douleur.

Dis-moi les mots tendres Tssirrhadine

Que j'adore entendre

En versant des pleurs.

tssii tssii

Mon cœur est sincère.

Calme ma misère Et mon désespoir.

Sois pour ton poète La douce alouette, L'étoile du soir.

Le lys qui parfume, L'astre dans la brume, Le rêve infini.

Et donne à mon âme Un divin dictame.

Un baiser d'oubli.

Issirrhading-

tssii

tsii...

LUI

Oh le printemps fait bien les choses !

Et que de petits faits

(il l'embrasse J pour de si grandes causes.

ELLE

Sage en philosophie, et moins sage en amour !

Que veux-tu, au printemps tout se métamorphose...

Oh tes regards rieurs...

(il l'embrasse une nouvelle fois) , bien sot celui qui n'ose...

ELLE '

Toujours rire...

Préfères-tu me voir en larmes !

ELLE

Oh les larmes d'amour ont parfois bien des charmes...

, LUI

Tiens, je ne dis plus rien...

Je m'habille, il est tard :

la pendule déjà marque huit heures et quart.

UN LUTIN, aa flanc de ïn montagne, joue de la flûte dans un os de mort, et chante

Voici, voilà,

c'est moi, fifreli fifrela.

C'est moi qui joue du cor avec les os des morts.

Voici, voilà, c'est le temps des lilas, (ifreli Ofrela.

L'hiver aussi, avec ses j^las viendra par là, fifreli, fifrela,

et la faucheuse en falbalas, (ifreli fifrela...

(Il danse, puis disparait dans le fond d'une caverne)

LE MUSICIEN

Des harpes de lumière vibrent au fond du ciel. Oh chants divins, oh doux prodige essentiel I

UNE LAITIÈRE traverse le bourg

Voici la petite laitière, qui veut ici acheter de son lait !

UN MUTILÉ DE LA GUERRE, dfins la cour d'un hôpital

Je rêve, je vois sous le ciel de joie plein de roses d'or, et de bleus mirages, les anciens visages des compagnons morts.

Leurs tombes ondulent sous les campanules et les liserons.

Oh sur ces fantômes que de joyeux psaumes et que d'oraisons !

Toute voix les fête :

la grise alouette,

le chardonneret,

le geai des campagnes,

l'aigle des montagnes,

l'oiseau des forêts.

Moi je suis en vie et tout mutilé.

Mais je suis en rie !

Dieu en soit loué i O gué !

(Il danse avec ses béquilles)

LE MYSTIQUE

Que j'aille vers la sphère heureuse,

vers l'amour qui délie, plus près de l'invisible, centre de tout,

inasrnilicateur de la vie î

LE SCEPTIQUE REPENTANT

Oh m'élever loin des doutes, et des attitudes inhumaines !

que je sois celui qui comprend, sympathise et aime!

LE MYSTIQUE

La vie est amour! la vie est union!

Ho qu'elle naisse enfin la sainte communion

entre tout ce qui vit, aime d'amour profond

LE POÈTË^

Leur donner une œuvre haute î

révéler les choses créées !

Uîs VIEILLARD, (issis suf /»? scuH de sa demeure

Le soutllc du printemps revenu

me pénètre j'entends les oiseaux fous qui chantent dans les hêtres.

SABBAT d'oiseaux, dans les bocages.

Le merle

Koui

Koui

horr ha dia

dia dillhi

hets hets

touarho

hostihoi

La fauvette dllo dllo

ly ly

trrrrrritzt.

Le Pinson

Tsirrhading

tssii

tssii tsirrhading.

Le rossignol

Tiou tiou

tiouou skpe tiou

tokoua

tio tic tio

tstn tstn tstn

ghi ghi ghi

liguai guai

tsio tsio

ts tisp.

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