LES ELFES
Aimez la terre, aimez la joie, aimez les baisers sous les feuilles, Et dénouez votre ceinture, o Vierges folles de la vie 1
LES ESPRrrS MÉNÉTRIERS
Déployez vos rondes légères, Filles des champs et des villages !
Dansez et chantez en cadeuce La beauté des jours et des mois.
UN ÉTUDIANT SENTIMENTAL, diins les bras de sa belle maîtresse
(POÈME EVCLAMATIk)
Oh douceur de l'heure !
Oh dans ma demeure Ton babil d'oiseau î
Oh la chair si blanche !
Ton corps qui se penche Gomme un blond roseau î
Oh tendre merveille !
Ta lèvre vermeille Rouge de désir I Tes yeux qui s'allument, Ton corps que parfume L'encens du plaisir 1
Oh ta chevelure Soyeuse où sazure Ton peigne d'or un 1 Tes lents gesles vagues, L'éclat de tes bagues.
Le lys de tes seins î
Oh ton col de cygne !
Oh les sveltes lignes De ton beau corps pur ! Oh ta nostalgie !
L'ampleur inlinie De tes yeux d'azur !
Oh l'Eve première !
Rêve de lumière !
Ange des beaux soirs :
Séraphin céleste, Contempler les gestes Dans l'or des miroirs !
Oh douceur, nuance, Musique, cadence Et rythmes, accords !
Oh splendeur bénie, Suave harmonie Et cantique d'or !
Oh dans l'heure exquise
Dont l'ardeur me grise
Entendre ta voix
Aux tons d'élégie !
La mélancolie
Est si douce en toi !
Reste langoureuse ; Ton âme berceuse A des chants divins.
Sur ma pauvre peine, Oh ta cantilène De blanc séraphin !
Oh sous les étoiles
Ton baiser que voile
Un rayon du soir !
Oh ma rose et brune,
Le doux clair de lune
De tes grands yeux noirs !
Oh tais-toi, charmeuse !
Dans l'ombre atnoureuse Tout se meurt soudain.
Oh la rouge extase !
Le soleil s'embrase Au fond du jardin.
Et je sens moi-même, Oh ferveur suprême, Mon cœur se briser
Dans la solitude Sous la plénitude De ton chaud baiser.
UNE RONDE d'ÉPUÉMÈRES
Tournons, tournons.
Dans le soleil
Qu'il fait bon vivre !
Tournons, tournons.
Que notre danse nous rende ivres.
Nous n'avons qu'un quart d'heure à vivre !
LE POÈTE
O vérité ! vérité si long-temps insaisissable, n'es-tu pas là présente
et visible devant mes yeux î O cerveau si tragiquement hanté
par la Connaissance, repose-toi, détends-toi...
Qu'as-tu besoin de connaître,
si tu peux posséiler !
l'étudiant
Viens, Que je sente encor le feu de ton baiser.
Je me croyais désabusé de tous mes rêves.
je me disais :
Plus rien en moi ne tlcurira
Et voici, qu'en marchant sur la route, à ton bras, je goûte dans l'avril le doux réveil des sèves.
LE SCEPTIQUE REPENTANT
Je n'analyse plus mon mal,
j'admire et vois le soleil lumineux qui danse sur les bois dans sa parure de rayons multicolores.
Au souffle du printemps le doute meurt en moi,
et je bois à longs traits
le vin bleu de l'aurore.
LE MYSTIQUE
Oh miracle ! oh ferveur !
Pourtant je croyais bien que tout était fini
de mon bonheur ancien, et que l'arbre coupé n'aurait plus de verdure,
et voilà qu'il suffît,
pour me rendre à l'amour, de voir ton beau regard me sourire
dans le cadre tleuri d'espoir de la nature
LE SCEPTIQUE REPENTANT
Devant tant de glorieuse émanation
je sens en moi-même disparaître les dernières ombres,
les anciennes rancœurs
et jusqu'au souvenir des vieux désespoirs.
Comme elles sont loin de moi
les guenilles du doute qui attristaient mon àme î
LE MYSTIQUE
Oh vivre dans le don de soi-même à la révélation éparse î
Vivre comme le bourgeon qui explose au soleil,
comme la grappe qui mûrit,
comme l'eau (jui coule î Descendre vers ton enchantement, nature paii)ilanle! saisir en toi la présence divine, humer l'odeur éternelle de la terre et des eaux, et celle du printemps qui passe en chantant l'espérance.
LE POÈTE
Oh révéler cela, la vie, la vie immense!
LE SCEPTIQUE REPENTANT
Oh douceur!
je suis là comme un convalescent
qui rêve et recommence à sortir de sa chambre, qui regarde au dehors le soleil
et qui sent son cœur se ranimer peu à peu et son sang réchaufïer sa poitrine et courir dans ses membres.
LE MYSTIQUE
Amour ! 6 joie totale ! ô vérité élémentaii<' !
LE POÈTB
Etre l'amant du ciel et de la terre î
révéler
la grande âme éparse et le souffle éternel de la création !
LE MYSTIQUE
Me perdre en l'Infini, être flamme et rayon !
Hier, je ne vivais que de mes souvenirs,
aujourd'hui près de toi, je songe à l'avenir,
je recommence à croire en la vie,
et je t'aime.
LUI
Qu'il est beau ce ciel bleu !
que ton visage est pur !
l'espoir fleurit, le monde chante sous l'azur^ la jeunesse est sur toi comme un bleu diadème.
LE SCEPTIQUE REPENTANT
Je sors enfin du vieil hiver au ciel d'ennui ;
je me dégage de mon ombre et de moi-même,
comme les jours d'avril en robe de baptême se dégagent des bras ténébreux de la nuit.
Je renais, c'est vraiment comme une autre naissance.
J'ouvre au ciel neuf des yeux tout éblouis d'espoir, au bonheur de l'azur mon bonheur se fiance, et mon cœur, près du tien,
chante et s'épanouit.
RYTHMES ET CHANTS DANS LE RENOUVEAU Oi
LUI
Nous avons bien soufTert !