‹ Rythmes et chants dans le renouveauChapitre 21 sur 23 · ELI.E · texte numérisé non relu

ELI.E

Mais pourquoi le redire !

LE SCEPTIQLK lUl'tMA>T

Que d'erreurs, que de maux dans mon passé lointain !

Je me lève aujourd'hui vers un nouveau destin, et je veux bien chanter,

mais ne veux pas maudire.

Le printemps garde-t-il la rancœur de l'hiver ! Ce n'est pas quand l'avril

s'exalte en manteau vert qu'il faut rester sous son linceul de feuilles mortes.

LE SCEPTIQUE REPE^TA^T

Je renais à la vie.

à l'espoir enchanteur !..

Ton amour, bien aimée, est au fond i\c mon cœur, ^ et tous les vieux re^rrets la brise

les emporte.

Prends ma main,

et gagnons les vallons embaumés

et les ruisseaux peuplés de nymphéas étranges.

La brise est lounle du pollen des Heurs de mai •

et le jour rose se dégage de ses langes pour étendre au soleil son beau corps

[parfumé.

LE SCEPTIQUE REPENTANT

Ne plus me retrancher du monde,

mais y vivre !

Loin de moi, sciences vaines,

et vous fausses sagesses,

livres menteurs,

déprimantes philosophies !

LE POÈTE

Oh grande Isis inconsciente, voilée de feuillage et de fruits î

Vois, je suis forte, ô mon amour,

et d'un pas ferme je marche sur la route en fleurs des beaux

[demains.

La myrtille fleurit, toute la plaine germe, et l'oiseau d'or du jour luit sur notre chemin.

La haie en fleurs frissonne ainsi qu'une

[épousée, au baiser lumineux et doux du jeune Avril, qui passe

en secouant ses pieds blancs de rosée, et son vêtement court tout poudré de grésil.

LE POÈTE

Splendeur religieuse et douce !

O joie ! ô fête !

L'abeille vole en blonds essaims harmonieux,

et l'hirondelle sur le lac bleu qui reflète le cortège azuré des nuages aux cieux,

passe comme un trait noir lancé dune arbalète. *

LE POÈTE

La vie émane et chante en faisceaux de ravons.

Prends ma main ;

que l'amour lumineux nous inspire,

et fais sonner

dans le ciel bleu l'or de ton rire,

pour fêter la splendeur des résurrections.

Oui, le monde est un temple et mon àme une église.

LUI

Les trilles des bouvreuils s'envolent dans la brise.

Us sont passés les ciels d'hiver aux oiseaux noirs.

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