ELI.E
Mais pourquoi le redire !
LE SCEPTIQLK lUl'tMA>T
Que d'erreurs, que de maux dans mon passé lointain !
Je me lève aujourd'hui vers un nouveau destin, et je veux bien chanter,
mais ne veux pas maudire.
Le printemps garde-t-il la rancœur de l'hiver ! Ce n'est pas quand l'avril
s'exalte en manteau vert qu'il faut rester sous son linceul de feuilles mortes.
LE SCEPTIQUE REPE^TA^T
Je renais à la vie.
à l'espoir enchanteur !..
Ton amour, bien aimée, est au fond i\c mon cœur, ^ et tous les vieux re^rrets la brise
les emporte.
Prends ma main,
et gagnons les vallons embaumés
et les ruisseaux peuplés de nymphéas étranges.
La brise est lounle du pollen des Heurs de mai •
et le jour rose se dégage de ses langes pour étendre au soleil son beau corps
[parfumé.
LE SCEPTIQUE REPENTANT
Ne plus me retrancher du monde,
mais y vivre !
Loin de moi, sciences vaines,
et vous fausses sagesses,
livres menteurs,
déprimantes philosophies !
LE POÈTE
Oh grande Isis inconsciente, voilée de feuillage et de fruits î
Vois, je suis forte, ô mon amour,
et d'un pas ferme je marche sur la route en fleurs des beaux
[demains.
La myrtille fleurit, toute la plaine germe, et l'oiseau d'or du jour luit sur notre chemin.
La haie en fleurs frissonne ainsi qu'une
[épousée, au baiser lumineux et doux du jeune Avril, qui passe
en secouant ses pieds blancs de rosée, et son vêtement court tout poudré de grésil.
LE POÈTE
Splendeur religieuse et douce !
O joie ! ô fête !
L'abeille vole en blonds essaims harmonieux,
et l'hirondelle sur le lac bleu qui reflète le cortège azuré des nuages aux cieux,
passe comme un trait noir lancé dune arbalète. *
LE POÈTE
La vie émane et chante en faisceaux de ravons.
Prends ma main ;
que l'amour lumineux nous inspire,
et fais sonner
dans le ciel bleu l'or de ton rire,
pour fêter la splendeur des résurrections.
Oui, le monde est un temple et mon àme une église.
LUI
Les trilles des bouvreuils s'envolent dans la brise.
Us sont passés les ciels d'hiver aux oiseaux noirs.