CUM INDICE
« Il y a, ce semble, dans ce simple tilre, diclé « à Rome , accepté à Londres , écrit en lettres d'or « au musée Brilannique, plus qu'un intérêt lilté- « raire; vingt^ans plutôt, il en eut été autrement. << Mais tel est le mouvement qui emporte toutes « choses en des régions nouvelles, qu'à peine on « s'étonne de voir les archives pontificales s'ouvrir « librement à la science anglaise, et le travail des « clercs et des prélats romains transmis par un a ambassadeur luthérien (1] , reçu par la secrélairie « d*Etat britannique , offert solennellement au par- « lemenl des Trois-Royaumes, et déposé, par ses « ordres, au plus beau des musées nationaux.
« Ajoulerai-je, continue le moine modeste, une « circonstance imperceptible encore? L'humble « élude de ces monuments par Tun des derniers « fils de saint Benoît venant d'une petite abbaye, « sous les auspices de la République française, « consulter à Londres tes archives secrètes dû « Vatican/»
Nous avons vu Dom Pitra, commencer ses grandes missions à l'étranger par simple obédience de son Révérendissime Abbé.
(1) M. le cb&vatier de Bunsen, ambassadeat de Prusse.
Plus tard nous avons vu dom Guéranger prêter son disciple au Ministre de la République qui l'investit de missions officielles.
Maintenant, pauld majora canamus. Ce n'est plus des hommes qu'il va être renvoyé y c'est de Jésus-Christ même dans la personne de son Vicaire.
Ainsi se vèrifle l'oracle divin : qui se humiliât exaltabitur.
Le but des vastes études et des travaux gigantesques de dom Pitra, fut toujours essentiellement chrétien et religieux. S'il recueillait en passant, comme faisaient les Pères, les dépouilles de l'Egypte ; S'il a, comme eux, édité des ouvrages inconnus avant lui d'auteurs païens, son affaire capitale n'en était pas moins la gloire et l'accroissement de la sainte Eglise notre mère.
Cette vaste intelligence ne s'attachait qu'accidentellement à un sujet particulier, quelqu'intérêt qu'il pût offrir. C'était pour obéir au désir de son Evêque qu'il avait donné l'histoire de saint Léger. C'était pour témoigner sa gratitude aux Religieux du Saint-Cœur-de-Marie y chez lesquels il trouvait, chaque fois qu'il venait à Paris, une amicale et généreuse hospitalité, qu'il composait et leur offrait la belle vie de leur fondateur, le R. P, Libermann; ouvrage qui fait autant honneur à Tascélisme de dom Pitra que le spicilége de Solesmes à sa science.
Mais ses études embrassaient un horizon plus vaste. Elles s'étendaient à tout ce qui appartient à rhistoire de la cité de Dieu ici-bas. Toutes les gran-
des questions de Tbisloire générale du monde, lous les monninenls de la tradition catholique, ont été scrutés par lui , et par lui, enrichis de nouveaux et illustres témoignages. C'est peut-être aussi de tous les savanis celui qui a le plus contribué à la perfection des cours complets de patrologie latine et grecque, p^ibliés par l'abbé Migne.
Or doni Pilra avait soupçonné de bonne heure , et il était parvenu à s'assurer que toute la jurisprudence canonique de TEglise bysantine était appuyée sur des textes falsifiés. Il fît part aj public de ses découvertes dans le journal le Monde d'abord, et bientôt dans un volume intitulé : Des canons et des collections canoniques de l'Eglise grecque.
Celle publication apparaissait au moment même ou l'église orientale , tombée depuis longtemps dans le plus profond abaissement semblait soulever ses regards et diriger ses aspirations vers sa source apostolique. Les Bulgares avaient donné le signal et montré la voie du salut par leur retour à l'unité catholique. Pie IX leur avait ouvert ses bras et .son cœur; et ces signes précurseurs ne l'avaient pas peu consolé dans ses rudes tribulations.
On conçoit aisément l'impression que durent produire à Rome les révélations du savant bénédictin.
Le Kéverendissime abbé de Solesmes qui avait prêté Dom Pitra au Ministre de la république, ne pouvait le refuser au chef auguste de la catholicité. Sur Tinvilation du Saint-Père, Dom Pilra se rendit à Kome vers le milieu d'avril 1858.
Dom Pilra, il m'en souvient, arrivait à Rome le 15 avril. Celait la veille de- mon départ, après un séjour d'un mois et demi dans cette ville où je n'eus pas le bonheur de jouir de sa présence. Mais il y a des compensations avec la douce Providence, pour qui s'y fie. Le 30 octobre, après une veillée consacrée à l'amitié et passée , en partie , à deviser sur dom Pitra dont on n'avait point de nouvelles depuis longtemps, quelle ne fut pas ma joyeuse surprise et mon édification de trouver de bon matin le-fils de saint Benoît agenouillé à terre, comme l'humble publicain dit l'évangile, sur le seuil de ma chapelle hospitalière !
Il revenait directement de Rome, se rendant à Solesmes ; et , j'ai hâte «le le dire , c'est à sa piété que j'étais redevable de cette visite. Il désirait célébrer la sainte messe dans le sanctuaire où il a plu à N.-S. de révéler au monde les richesses de son cœur.
Nous sûmes après , qu'il avait été constamment appliqué dans la bibliothèque vaticane à des Iravaux qui ne lui avaient pas laissé le temps de visiter même Subiaco et le Mont-Cassin, villes saintes de la famille bénédictine. — « C'est alors, un voyage que vous « comptez refaire, » lui dis-je; et sa réponse fut que dans dix-huit mois il retournerait à Rome.
Mais les événements qui précipitèrent bientôt la malheureuse Italie dans le déluge de maux d'où elle n'eslpas prés de sortir changèrent ces dix-huit mois en trois ans.
Le bruit avait déjà circulé de sa prochaine promotion au cardinalat; et un journal de Paris s'en était fait Técho. Celle rumeur prématurée ne prouvait qu'une chose, savoir, que le sujet élait digne de cette éminenle distinclion.
Ce qu'il y a de certain , c'est qu'à Rome dom Pitra avait joui de la tendresse paternelle de Pie IX. Le Souverain-Pontife avait, sans doute, des vues sur lui , et voulait l'étudier personnellement. L'événement vient de prouver tout à la fois et la sûreté du coup-d'œil dans le grand Pontife , et les qualités comme les vertus de l'humble moine qui a pu attirer et captiver un pareil regard.
Je ne crois pas me tromper en disant que le Saint- Père confia à dom Pitra une miision hors ligne, dans le but de concourir au retour pacifique du schisme grec en l'unité catholique ; que les six mois et plus qu'il passa d'abord à Rome, furent employés à étudier sa glorieuse mission et à en recueillir les éléments. Puis il passait encore quelque temps en France, et s'en allait, muni d'un passe-port diplomatique du gouvernement français , en Grèce et en Russie, consacrer près de deux ans à des recherches savantes et surtout à coUalionner sur les plus célèbres manuscrits du mont Alfas, de Saint- Pélerbourg et de Moscou , le texte grec des saints
Canons el des Conciles qui se sont spécialement occupés de l'église Grecque. Enfin il reparaissait en France pour dire adieu à la patrie , à la famille , aux amis , et s'en allait se fixer au milieu de ses con frères de Rome , à Saint-Calixle , pour de là rendre compte de sa uiission et surveiller la publication de ses découvertes.
Ses conseils n'ont peut-être pas été étrangers à la mesure si féconde en bons résultats de la bifurcation de la Propagande. Il fut nommé consulteur pour le rilc oriental. Et il faut bien que sa sngesse et sa science ne se soient point démenties , puisque maintenant le voilà élevé au rang des princes de la sainte Eglise.
Je suis bien sûr que cette âme fortement trempée n'a éprouvé aucun sentiment d'estime personnel à celle occasion. Absorbé par ses grandes études , la nouvelle Eminence ne songe à son élévation que pour aimer davantage le Souverain-Pontife, qui a été si bon pour elle, et pour se dévouer avec plus de zèle au gouvernement et à la gloire de l'Eglise de Jésus-Christ.
LE R. P. SOUAILURD.
Paray, ceSOJoin 1868.
Le mois de juin qui s'achève est appelé le mois du Sacré-Cœur, non seulement à cause de la grande solennilé qui se célèbre après Toctaye de la Fête- Dieu, mais principalement à cause de l'exercice
quotidien qui se fait chaque jour de ce mois dans
un grand nombre de lieux .
Nulle part ces exercices ne se font depuis aussi longtemps et avec plus de solennité que dans le sanctuaire incomparable de la Visitation de Paray-le-Monial.
C'est là qu'eurent lieu , an XVII* siècle, les grandes manifestations de la miséricorde divine envers les hommes. Tout le monde sait, dans notre Charollais surtout, le nom et les vertus de cette virejp|e:sa^ei ^ue^ radpfabl^ ié^s Ivii^^nèmc chargera: dfe^pi^ptrfarteer^u^nô' dévotion résefvée jusques-là aux âmes d'élite, et d'en provoquer la fête et l'organisation .
Héritières de la Mission divine et justement jalouses d'en>emplir les devoirs, les Visitandines de Paray font, chaque année, prêcher dans leur chapelle une neuvaine qui se termine le jour même du Sacré-Cœur.
Comme à cette époque, toutes les grandes stations sont finies, il leur est tëcile d'obtenir, pour une mission également chère à tous, des Prédicateurs de renom.
C'est ainsi q,ue nous avons eu le bonheur d'entendre, dans le pieux sanctuaire de Paray, le R. P. Gloriol, mort depuis au champ d'honneur en Criméa; — le R.. P^ He^maaa donfc toui le laoni^ connaît k toucUaate. histoire el admire l^s menrei^lleui lalenls ; — et » cette année , le R, P. Souâillard,. des Frères-^Pcêclieurs-,
Jk parierai pea m d& la pui«9âiie6t ^X ^s m«!^^i de cet orateur Jiors lig^e. U faut la vorr «t l'^iv* teftâte pour &'eQ f^ira une jii^ i(}é^, t^'^i^ears, les îaur&aux dç la oibpJUiH^t 4e t^ua iiQ$, dépaft tements et des priacipalea oité$i dot L'£»fope opt milk feiis; dit nmm ^l plu$ ^e )« ^e i^rrats faire à cet égard.
Cbez MUS, cependapl» oeUei é^q»QO(^ ^. Qpnjs^ taflUQdftt peyêlUi yo eantctère paHÂculiareiiKMMS^I gratieiuiet (oQaK
Le ft. Père, apirè^ «pe iQPguM «bse^Çj?^, w^ r^ traovaiil an UcM (}ui l'a, v^ paUre ^ évapgélisait daos ce sanctuaire m, tout petit ^n/^mt, U avait servi à l'autel €t présenté V encens Qi'u^ prêtre, sentavA échfe et frmdiv um vocation qai la trouvé si ^gn^ et §i fidèle .
fil il relroirv^il celles %qe dans m mou,ye^ ment d'exquise $eQ8iil;)ilité et. de haulQ éloquem;e, , il appelait, un jour, ses bonnes vieilles mères, préconisant ainsi du haut de la chaire chrétienne les bienrails reçus, et proclamant la plus filiale gratitude.
Qu'il élait beau aussi et pathétique quand il nous faisait ses adieux, comparables aux adiqux célèbres de saint Grégoire de Nazianze à sa cbèie
Anaslasîe (1). C'est au Cœur divin qu'il les confiait avec la tendresse de i'amitié et le zèle d'un apôtre: « Bénissez, disait - il , mes bons vieux « amis, parmi lesquels plusieurs, hélas I ne vous « connaissent plus! Bénissez mes nombreux pa- <i rents, auxquels je ne souhaite ni la richesse, « ni les honneurs, mais la vertu..*.. »
Ces accents ne sortiront pas plus de la mémoire de ce peuple, que les prévenances, les amabilités et les consolations dont il s'est vu combler par son digne compatriote, qui sait si bien allier en lui la grandeur et la simplicité, la vraie noblesse et la plus sincère humilité, la jovialité et la piété.
Chaque jour on le voyait dans la ville ou dans la campagne , par monts et par vaux , renouveler connaissance avec les personnes et les lieux , et prouver partout que chez lui la mémoire du cœur n'est pas plus en défaut que l'intelligence et le don de la parole.
Mais puisque nous en sommes là, puisque le R. P. Souaillard est à nous, c'est à nous de dire, à grand traits, au monde qui l'ignore, dans l'ensemble, ce qu'il est, ce qu'il fut, ce qu'il a fait.
(1) C'était le nom de VEglise bâtie sur l'emplacement du lieu oui avait servi de retraite à saint Grégoire durant la persécution des Ariens.
Jean-Marie Sonaillard est né à Paray-le-Monial, le 19 décembre 1816. .
La Providence, qui Pavait doué des dons les plus précieux de Tâme et du corps, le plaça, dès Torigine, dans le milieu le plus favorable an développement de ses rares facultés. Gracieux et pétulant enfant du peuple, il eutle privilège de captiver tout d'abord Tattenlion et de mériter Taffection des premières maisons de la cité. Il était comme de la famille chez les Busseul, les Précy, les des Haillers, (l) qui ne voyaient point de compagnie plus agréable et plus sûre pour leurs propres enfants. Je ne crois pas me tromper en attribuant à cette circonstance les habitudes de politesse , de bonne grâce , de savoir-vivre , qui ont toujours brillé dans le P. Souaillard à un si haut degré qui ont complété son talent et assuré le succès de ses divers ministères.
(l) Lps comtes de Busseu! ont pour devise, dans leurs armes, ces mots d'un roi de France: Dieu et mon \Busseul; les comtes de Précv, ceux-ci de Louis XYI, au 10 août, en voyant combattre celui qui fut plus tard le général : Ah ! fidèle Précy !
La famille Bouillet^ dont les des Haillers sont une branche^ est digne des précédentes; et chacun'sait à Paray la convenance qu'il y avaità mettre ici ce nom. Claude Bouillet, maire de Paray^ recevait la mort en défendant la ville contre des bandes armées Tan 1581. Un peu plus tard , Jean Bouillet. «aussi maire, la rachetait du sac et du pillage en payant 30,000 livres à M. de Goligny qui la menaçait à 1^ tête de 4,000 hommes. •
- JMI -
Tous ceux qui le conuaisseul savent la vérité de ce que je dis là. Chacun sait ici le mot d'un ami qui venait de Louhans le visiter à Chalon où il était vicaire. Il n'était question parmi les voyagetjrs que de M. Tabbé Souaillard. L'un voulait qu'il fût le fils d'un otivrier ; l'autre, le fils d'iin grand ^«ignèiir. L'ami silencieux entendait tout ^t riaft souà ca!|pè. Une dame l'interpella à la fin : « N'e^t-cepas, môn- <( mm l'abbé, que M. Souaillard est *ls 'èe « comte? ---- Oui , Madame , c'est un tonte. »
Mais si la <îistiuction des manières le taisàîft passer pouT fils de grande nfïlison, en toute occasion cette hatrte intelligence et ce gran^ cœur se glbrifiaiènt d'être le fils d'oti honnête ouvrier. < C'est peut-être aussi à cette distinction précoce et à la sympathie du grand moùde qu'il faut attribuer une singulière persécution à laquelle le jettne enfant se vit en butte. Son premier maître, vrai Mitor, digne libéral de cette époque] heureusement si loin de nou&, T accablait, sans raison, de mauvais procédés. Jésuite I Escohard t -^ telles étaient les qualifications les plus douces dont il assaisonnait ses leçons. A. la fin, le jeuti* élevé n'y tenant plus, s'enfuit et préfère renoncer aux éludes %
A quelles épreuves sont exposées souvent les meilleures vocations ! A quoi tiennent quelquefois rillustralion et le plus bel avenir 1 . ..•
On songeait sérieusement à lancer le Jeûne tiomme dans une carrière quelcon<|ue» liais «dln
la bonne éloUe du futur dominicaia prévalul, ei on l'envoya au petit-séminaire d'Autun. En 1831, son frère aîné entrant comme professeur au petitséminaire de Semur, il Vy suivit ei y fit sa iroi- ^fème. Pais il retournait à Autun, faire sa seconde el sa rhétorique.
Cette vie accidentée, ces pérégrinations si rapprochées les unes des autres, dénotaient un esprit à la recherche de ses destinées providentielles. Je sais que dès lors le jeune séminariste avait île vaguas aspirations vers un avenir encore profondément inconnu à sa pensée. Il se sentait appelé à tfuelque chose, et il ne rêvait à rien de précis.
Cette indécision le suivit au grand-séminaire où il entra en 1834. Il voulait être prêtre; mais i4 ne pouvait se faire à la pensée du ministère paroissial ou de renseignement.
Toutefois, comme il n'était que diacre à la fin de ses études théologiques en 1838, il fut nommé professeur au petit-séminaire de Semur. Il s'acquitta avec conscience et talent de la modeste charge qui lui fut confiée. Mais ce ne pouvait èlre là la carrière où ta divine Providence l'appelait. Aussi, tout lo )Atfiy;>8 q«e tui iaissak Sa classe était consacra) à ses
propres études et au ministère de la parole sainte. C'était déjà le Frère Prêcheur. Les dimanches et les fêles, il allait évangéliser le voisinage; et, sans y songer, préludera sa grande renommée. On ne parlait que de ses prédications dans notre Brionnais. Il ne s'y faisait plus, sans lui, ni fêtes, ni premières communions.
Retenus par les devoirs de leur charge, ses collègues ne pouvaient le suivre ; et nous étions arrivés à Pâques sans l'avoir entendu. Il devait, le soir de cette solennité , prêcher au salut. Notre attente était pleine de curiosité et de malice. Quinze collègues, appliqués par état à épiloguer sur tout, du matin au soir; et, dans le cas particulier, pas mal disposés à la critique (sauf le respect dû à la parole de Dieu) , c'était bien l'auditoire le plus ingrat, la mise en scène la plus défavorable. On s'était persuadé qu'il y avait, dans l'orateur, excès d'assurance, exagération dans les gestes et l'action. Mais l'exorde suffit à nous subjuguer tous, et à conquérir l'attention sympathique et même respectueuse de tout le corps enseignant comme du reste de l'auditoire.
Le sujet était la divinité de la religion démontrée par les faits. L'orateur l'avait prêché le matin du même jour à la grand 'messe de Marcigny. L'office terminé, l'un des p.remiers personnages de la cité vint trouver M. le curé, et s'inviter à faire la Pâque avec lui. Il voulait, disait-il, faire connaissance avec le prédicateur. — « Vous me faites le j)lus
grand plaisir, lui répond M. le caré. Mais notre Prédicateur est un tout jeune homme, qui n'est pas encore prêtre et professe la huitième au petit-séminaire de Semur. — Ehl bien, mon curé, il ira loin, celui-là. » — Le mot fait honneur au jugement de celui qui Ta prononcé.
On voulait faire de labbé Souaillard un professeur de rhétorique, dès Tannée suivante. Les circonstances, expression de la volonté divine, ne permirent point de réaliser cette idée. Ce n'était point non plus la pensée et l'affaire du jeune lévite. 11 ne pouvait compromettre une vocation même vaguement connue, pour une carrière qui n'allait certainement nia ses goûts, ni à ses aptitudes spéciales. Il préféra retourner quelques mois au grand séminaire pour se préparer à la prêtrise qu'il reçût en
Le grand jour approchait, et il en était encore à la prière de l'apôtre : <( Seigneur, que voulez-vous que je fasse? » Et le Seigneur le conduisit aussi doucement et fortement vers un autre Ânanie.
Le directeur de sa conscience était au courant de ses dispositions et attendait lui-même que la lumière se fit. Un jour de confession, lo
Googh
?/rt)tfè ttfÉl DOtiVeiati *ù P. LtteotdaiKe j»o«f <(*
î**-(?é*Wf*. n le ^ad, ea' «t 'les iprwniêfes pages, avance en se disant: Wétii ^bità m&H a/faire. Il ne peut résister à la tentation d'emporter le volume et d'en achever la lecture, la nuit, dans sa cellule. I^e lendemain il court chez son directeur, et lui rend te volume, en disant : J'ai trouvé ce que je cherche depuis si longtemps. Celui-ci lui répond : fai pensé à vous, en effet, m -Htmï té mémoire ; tt fn UTois tjïtè t)it\i tbus tnmifiÈfstè utnshu vrohmH.
Le Jout rm^ttie il èwi"! iBt Se dotoYi'ô'a»! R. P. U*tJWâàité t|fri venart de toflnrtieiitelr sï* WéVHîiiA à ^toe, au touvêfftl'dl'e UM'ihetve. !î tteirt îMkr 1^ rej-wirtlré, -et ô^iesft attêté ijue put k "^^wse VfiA iVtfcejiftie, lui YMt "pm &é h prMhiifine Yè«lM]i'àti«É de fwàite eh 'Ptàfice eh, ïiùi tôhS^fit *6 fi^îcfettMéfû âftèïïAâflt 'à l'iêttràe tti \'&\M'^.
Le P% S(9«ri»llM*d ^pmieât donc «« <»érilë à IMHtïia^ %t éiiergrqttë ^aiWngê qui ^ là pW«ièA 1%lev6^àirttt«6ifti l'UMdât^ d4 'saM ttwnmiitm
bien que «sod engagement aft dû demeurer secret pendan^l deux ans. C'est à Châlon^sur-SadDe, et en qualité de vicaire de saint Vincent qu'il les passa. Son zèle d apôtre trouvait déjà ià, un plus vaste cbamp à son exercice. Je n'ai pas à dire \t bien qu'il y a fait , les œuvres qu'il y a créées pendant les cinq on six ans qu'il y a exercé le saint ministère.
Mais aussitôt qu'un noviciat de Dominicain fut ouvert en Fra&ce, ii se hâta de manifester. son secret et sa résolution à Mgr d'Héricourl qni y opposa la plus absolue résistance. Chaque année, et plusieurs fois dans l'année il renouvelait sa demande. Mais il insista vainement pendant quatre ans pour obtenir la permission d'ientrer en sa chère religion de saint Dominique. Il fut obligé à la fin , d'user du droit que les Saints Canons reconnais* sent au prêtre sécuHer de pouvoir entrer dans un ordre religieux, malgré son évêque, lorsque la vocation est bien établie. C'est à Chalais, dans le disert de la Grande^Charlreuse, qu'il a suivi les épreuveis du noviciat. Sas principales résidences, en France, ont été depuis, Nancy, Bordeaux qu'il a fondé, et Paris dont il est actuellement Prieur.
Le Père Souaillard est dn nombre de ces hommes, plus rares que l'on ne croit, qui ont su trouver jui>le, en ce monde, la place pour laquelle ils sont faits et naturellement dotés. Toutes ses aptitude eut reçu |ew dèvetoppement, l^rom-ent leiH* apfdfeati'On et s'é^nowtôent en fruits d^faiannew et de bèoédic-
lion dans Tordre des Frères Prêcheurs. Supposez-le dans renseignement, ses plus merveilleuses facultés demeureraient enfouies et perdues. Dans le ministère ordinaire , sa prodigieuse activité n'aurait pas assez d'aliments. Chez les Bénédictins, il n'aurait pas atteint à la renommée du cardinal Pitra. Mais plein delà doctrine religieuse, comme cette Eminence, il a, dans un degré supérieur, ce qui manque à celle-ci, l'organe et le geste, qui font l'orateur accompli. C'est là son triomphe. Il est né Frère Prêcheur, comme le Cardinal est né savant.
Quelques lignes résumeroni les travaux apostoliques du P. Souaillard. Il a évangélisé toutes les villes de notre France. La presse de la capitale et des départements a mille fois rendu un éclatant hommage à ses vertus et à ses qualités oratoires. Partout il a été l'objet des plus sympathiques et ardentes démonstrations. A Caen, c'est la jeunesse des écoles qui lui ménage une louchante ovation et 'ui offre un riche calice comme témoignage de son admiration et de sa gratitude. A Bordeaux, c'est une population si heureuse de l'avoir possédé un mois , qu'elle voudrait le retenir toujours. On veut lui offrir un monastère pour son ordre. Une souscription
s'ouvre, et s'élève ea quelques heures à 36,000 fr. La maison de Bordeaux est fondée.
Ce n'est pas seulemeol la France qui a entendu celle grande voix dont] nous sommes si justement fiers.
Elle a relenti en Hollande et en Belgique; dans la capitale de TAutriche ; et, pendant un an entier, tous les dimanches et fêles , à St-Pélersbourg dont la haule aristocratie remplissait Téglise des Dominicains.
Le P. Souaillard, exerçait en Russie et en Pologne les fonctions de Visiteur Général de Tordre, par commission du T. R. P. Jandel, général. Ce séjour prolongé l'a mis à même , nous le savons , de pouvoir fournir bien des renseignements utiles sur les hommes et sur les choses qui intéressent l'Eglise.
Soit pour le ministère de la parole, soit pour le service de son ordre, le P. Souaillard a parcouru plusieurs fois l'Italie. Cinq fois il a fait le voyage de Rome, où il a séjourné six mbis consécutifs , jouissant de la tendresse et de la confiance du glorieux Pie IX.
Sa voix a retenti aux rives du Jourdain et dans les grands sanctuaires de la Terre-Sainte. La caravanne française de 1861 , avait voulu se l'attachera titre d'aumônier.
Et il est âgé de 47 ans , dans la force de 1 âge et dans tout l'éclat de son beau talent I Que Dieu lui donne encore beaucoup d'âmes ; unique ambition de
ciê i^Hgiéitx 9mÈk modestie et smple qu'il dslffi»»â erbtfaot
Les sages de la geatilitê allaient puiser leur sagesse en Orient, et la tenaient ensuite captive dans las étroites limites de la Grèce où de Rome païenne. L'esprit de propagande qui n'est autre que l'esprit apostolique , quand il a pour objet h vérité , n'a jamais apparteno qn'à l'Église chrétienne , et sactont à la catholique France. Il n'y a pas de limites pour lui. il reçoit et il donne partout ; c'est là son aspiration et sa respiration. Voilà pourquoi tous tes hommies d'action du catholicisme , depuis Saint Paul» ont eu pour théâtre le moude entier : speeta-^ culum fàcti summ mundo, et an^liset homini^ Im». Voilà le secret de ces pérégrieatioûs multipliées , de ces missions savantes ou apostoHques , daqs lesquelles nous avons suivi avec un juste et saint orgueil les deux illustres condisciples et aq&is que nous tenions à faire connaître à nos cbers compatriotes: le cardinal Pitra et le R. P. Souaillard. Nous leur devions à eux-mêmes ce tribut, par droit de réciprocité. <i De même que les rayons de leur <( célébrité se reflètent d'abord sur les lieux qui les
« virent naître ; de même et par un juste retour , « nous devons leur rendre une portion de l'éclat <i qu'ils nous communiquent. y>
GHAROLLES, IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE LAMBOROT.