‹ S.E. le Cardinal Taschereau, archevêque de QuébecChapitre 3 sur 9 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Mgr Taschereau délégué du Saint-Siëgo h Montréal. — Difficultés religieuses. — Respect de rArclicvêque de Québec pour le Pape. — Sa parfaite obéissance aux décrets de Rome. — Faveurs reçues du Saint- Père.

Mgr Taschereau venait d'être consacré, quand il reçut de Rome une mission aussi honorable que difficile: celle de se rendre à Montréal, pour ménager un accommodement entre Mgr Bourget et les Sulpiciens^ au sujet du démembrement de la paroisse de Notre-Dame de Monti-éal, ou du moins pour suggérer les moyens propics à obtenir

cette fin désirable. Il partit, le 2 mai 1871, et fut reçu à Montréal avec tous les honneurs dus au représentant du Saint-Siège. Après avoir entendu les deux partis, il adressa au cardinal Barnabo un mémoire élaboré, sur cette importante question, et les mesures qu'il proposait furent trouvées si sages, qu'on se hâta de les prendre, pour terminer les différends et ramener la bonne harmonie.

Plût au ciel que ce fût là la seule cause de malaise dans Téglise canadienne ! Bientôt les questions de l'Université Laval, des élections politiques, et d'autres encore formèrent des nuages qui assombrirent le ciel du Canada catholique. Le temps n'est pas arrivé d'apprécier le rôle joué par chaque évêque dans ces difficultés religieuses, et de dire en particulier ce que nous pensons de l'attitude prise par Tillustre prélat dont nous esquissons la vie. Rome crut devoir intervenir pour faire cesser des divisions regrettables, et, à deux reprises, elle envoya au Canada des délégués, pour aider au règlement des affaires ecclésiastiques et politiques.

Ils trouvèrent en Mgr Taschereau un évêque toujours prêt à se rendre, non pas seulement aux ordres, mais aux moindres désirs du Saint-Siège. Et Ton peut dire sans crainte que ça été la règle invariable de toute sa vie. L'amour, le respect et la dévotion envers le vicaire de J ésus-Christ ne sauraient être, il semble, plus grands que chez lui, et chaque année de sa carrière épiscopale peut en fournir des preuves éclatantes. Qu'on lise le discours magistral qu'il fit, le 5 mars 1871, à l'Université Laval, pour protester contre la spoliation du domaine pontifîca. par les armées de Victor Emmanuel ; les mandements qu'il publia à l'occasion des noces d'or de Pie IX et de Léon XIII ; et surtout sa remarquable lettre pastorale sur le respect dû aux décisions du Saint-Siège ; on sent dans tous ces documents que c'est la raison, la foi et la vertu qui parlent. On comprend que celui qui dit : aimez le Saint-Père, respectez ses décisions, a commencé longtemps déjà à pratiquer lui-même ce devoir de l'amour et du respect filial envers le Pontife Romain,

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