De Principiis naturac
les substances diverses qui sont les éléments du monde, un ordre; il y aura répulsion ou affinité. Par le fait d'altérations réciproques, elles pourront établir, entre leurs qualités tempérées, une synthèse. Mais pour que cette synthèse constitue un être nouveau, il faudra qu'elle soit saisie par un principe nouveau d'unité, par une idée de réalisation et d'évolution, par une forme. Celle-ci étant supposée, on devra dire que la formation du mixte est une génération véritable ; néanmoins, les éléments qui en ont été le point de départ s'y retrouvent d'une certaine façon, à savoir dans leurs déterminations qualitatives, simplement accordées et limitées l'une par l'autre. Il suivra de là que la matière du mixte aura tendance à revenir à ces éléments; que de ceux-ci le mixte jouera plus ou moins le rôle, de sorte qu'il sera à la fois un et multiple, un réellement, multiple virtuellement. Ainsi, dans le corps humain, le plus parfait des mixtes, toutes les substances assimilées donnent lieu à des réactions qui feraient croire, en même temps qu'à leur autonomie fonctionnelle, à leur autonomie ontologique. Mais elles sont enveloppées par l'idée directrice appelée âme, et tirent d'elle désormais tout leur être1.
A. c. — L'Agent et la Fin.
De l'agent, qui amène la matière à la forme, nous n'avons que peu à dire, après avoir exposé la théorie générale de l'action2. Nous savons que rien ne passe de la puissance à l'acte par soi. Le primat de l'acte est un des fondements de la doctrine. Or la matière, en tant que telle, est puissance; la forme est l'acte qu'elle revêt : ce passage suppose donc un agent en acte. Mais quel acte devra posséder cet agent?
1. Op. de mixtione elementorum ; De Natura materiae ; In I De Gêner, et corr., lect. xxiv, n° 7; P pars., q. LXXVI. art. 4, ad 4™.