Cf. supra, t. I, 1. I, en. m, i; 1. II, eu. n, A etB
Ll-S PRINCIPES DE LA NATURE. 21
Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il devra y avoir proportion entre l'acte principe et l'acte fin de la génération qu'on envisage. Cette proportion peut être une similitude d'espèce; elle peut être plus générale. Dans le premier cas, l'agent est dit univoque, en tant que communiquant avec son effet dans la même « raison » ou idée de nature. Dans le second cas, il est dit non univoque ou analogue, parce que l'idée de nature qu'il représente est plus générale, et que ce qu'il en passe à son effet n'est qu'un dérivé ontologique obtenu par dégradation des formes1. D'ailleurs, ces deux genres de proportion se supposent l'un l'autre, bien qu'à des degrés divers. L'agent non-univoque précède toujours; car, au-dessus de toute espèce particulière, il faut nécessairement supposer une activité générale qui l'enveloppe. Ainsi le soleil a une influence sur toutes les générations humaines. Il ne se peut pas que la cause d'une espèce soit tout entière dans un agent appartenant à cette espèce; car celui-ci devant alors fonder l'espèce comme telle, serait cause de soi-même. Un tel agent ne peut être que cause particulière, c'est-à-dire cause à l'égard d'un individu. Or, au-dessus des causes particulières, il y a les causes universelles2.
Mais si l'agent non univoque précède toujours l'action univoque et la conditionne, il ne s'ensuit pas que celle-ci s'insère toujours entre la causalité supérieure et l'effet. Il est des générations qui peuvent indifféremment procéder soit d'un agent de même espèce, soit d'un agent non-univoque actionnant à lui seul la matière. C'est à ce cas que se rattachent, dans la pensée de saint Thomas, ce qu'on a appelé depuis très improprement des générations spontanées. Il n'y a pas de génération spontanée en ce sens que la matière s'élève par elle-même de la puissance à l'acte, ou, ce qui est proportionnellement la même chose, d'un acte inférieur qui implique privation à un acte supérieur où cette privation