‹ S. Thomas d'AquinChapitre 147 sur 256 · Cf. supra, ch. iv, E. a · texte numérisé non relu

Cf. supra, ch. iv, E. a

quement égale. Un principe vraiment tel dépend entièrement de ses termes. Ne les dépassant point en complexité, il les égale en évidence.

C'est pour ce motif que saint Thomas, qui affirme toujours et partout la divinité de l'esprit, semble parfois affirmer du même coup la divinité des principes, et verser dans un innéisme fort opposé, on a pu le voir, à sa doctrine. « Comme de la vérité de l'intellect divin descendent dans l'intelligence angélique les idées innées des choses, selon lesquelles elle connaît tout, ainsi de la vérité de l'intellect divin procède dans notre intelligence, comme de son exemplaire, la vérité des premiers principes, selon lesquels nous jugeons de tout1. » Et ailleurs : « Dieu est cause de la science humaine excellemment; car, d'un côté, il a doué l'âme elle-même de la lumière intellectuelle, et, de plus, il lui a imprimé la notion des premiers principes, qui sont comme les graines du savoir2. »

Ces textes semblent formels. Mais voici qui les interprète : « Il préexiste en nous comme des graines de toute science, à savoir les premières conceptions de l'esprit, qui, par le moyen de l'intellect agent et des formes qu'il abstrait du sensible, aussitôt sont connues3. » « Ainsi, dans la lumière de l'intellect agent, toute science nous est d'une certaine manière infuse4. »

Le mystère est éclairci. Notre science est innée et divine en tant que les premiers principes sont connus immédiate' ment, grâce à la lumière de l'intellect agent, qui est en nous participation divine. Cela n'empêche pas les principes d'être une « conception » de l'esprit, c'est-à-dire d'être formés 'par lui, bien que ce soit grâce à une lumière qui lui vient de sa haute Source. « D'aucune manière, il n'appartient aux hommes d'avoir en eux des dispositions qui soient l'œuvre

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