‹ S. Thomas d'AquinChapitre 183 sur 256 · Nie, H · texte numérisé non relu

Nie, H

4. Nous paraphrasons ici l'article capital déjà cité, q. VI, De Malo, art. unie.

226 SAINT THOMAS d'AQUIN.

la puissance va agir ou ne pas agir, agir avec faiblesse ou avec force. Le second, au contraire, est relatif à la spécification de l'acte; car l'acte est spécifié par son objet. Or, il faut considérer que dans les choses naturelles, la spécification de l'acte vient de la forme d'être (on agit selon ce qu'on est) et que l'exercice de l'acte vient de l'agent, qui est cause de l'agir même l. D'autre part, l'agent ne porte à l'agir qu'en vue de réaliser une fin. D'où il suit que le premier principe de l'action, quant à l'exercice, vient de la fin. (Aussi a-t-on dit que toute l'activité de la nature n'est qu'une vaste recherche, et que la fin, où quelques-uns refusent de voir une cause, est au contraire la cause des causes)2. »

« Si, d'après cela, nous considérons les objets respectifs de la volonté et de l'intelligence, nous trouverons que l'objet de l'intelligence est le premier principe dans l'ordre de la causalité formelle. L'objet de l'intelligence est, en effet, l'être sous le rapport du vrai, c'est-à-dire sous le rapport de l'idée qu'il incarne et qu'il peut évoquer en notre âme. Mais l'objet de la volonté est, lui, premier principe dans l'ordre de la cause finale; car l'objet de la volonté est le bien, fin générale qui comprend toutes les fins, de même que le vrai est la forme suprême qui comprend toutes les formes appréhendées par l'intelligence. De là vient que le bien lui-même, en tant qu'il est un intelligible, est contenu sous le vrai comme un certain vrai, et que le vrai, à son tour, en tant qu'il est la fin de l'opération intellectuelle, est contenu sous le bien à titre de bien particulier. »

(( Jugeant donc le mouvement des puissances de l'âme d'après ces principes, on devra dire que si l'on considère l'objet qui spécifie l'acte, le premier principe de la motion,

1. C'est pour cela qu'en théodicée, on a distingué la preuve de Dieu premier Moteur et celle de Dieu première Forme, ou premier Intelligible. Dieu est nécessaire pour expliquer l'agir, et il est nécessaire pour expliquer tel agir dont les résultats constituent le monde organisé ou cosmos.

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