E. — LES MOBILES DU VOULOIR
« Que la volonté se porte sur ce qui lui est offert (et qui prête à des considérations diverses) plutôt selon telle condition particulière que selon telle autre, cela peut arriver de trois façons. Premièrement, en tant que l'une est prépondérante, et alors la volonté se meut selon la raison, comme lorsqu'un homme choisit ce qui est utile à la santé plutôt que ce qui est utile à la volupté1... ». Dans ce cas, la volonté aura obéi non seulement à sa propre nature, ce qu'elle ne peut pas ne pas faire, mais à la nature de 1* homme, et à la nature universelle où l'homme a ses attaches naturelles.
La volonté a été donnée à l'homme pour l'homme, et pour toutes les fins de l'homme. Quand elle opère conformément à ce que la raison nous dit de l'homme et de ses fins, son action est droite; elle a trouvé son réel motif d'action; ce qui la meut, c'est ce qui est destiné à la mouvoir, et non pas seulement ce qui peut la mouvoir. Il y a donc là à la fois liberté (puisque la volonté pouvait obéir à d'autres influences) et bon emploi de la liberté, par conséquent liberté au maximum; car le bon emploi d'une chose révèle et favorise ce qu'il y a de plus normal en cette chose, c'est-à-dire sa nature complète.
La morale a sa place ici. Or la morale a des sanctions; l'aboutissement normal de l'action droite, c'est la béati-