In III, De Anima, lect. i
3. I* pars, q. LXXVIII, art 3, ad 3m; In II, De Anima, lect. xxn
vement et le repos, l'unité et la pluralité, la grandeur, la ligure. Ces états de la substance ne sont point altérants par eux-mêmes, et ils ne peuvent donc, comme tels, émouvoir le sens; mais grâce à eux, l'altération du sens est autre, et ils sont donc indirectement sensibles. Il est bien clair que la vue est affectée autrement par une blancheur grande ou petite, relative à une ou plusieurs surfaces, celles-ci triangulaires, carrées ou rondes, en repos ou en mouvement. Mais ce n'est toujours que sous les espèces de la couleur, que tout le reste est atteint par la vue, et pour les autres sens il en est de même1.
On remarquera que tous les sensibles communs sont quantitatifs. L'étendue et le nombre sont des espèces de la quantité; la figure en est un mode; quant au mouvement et au repos, ils se ramènent à l'un et au multiple, car ils sont éprouvés pour autant que l'objet se trouve être identique à lui-même ou variable, que ce soit sous le rapport de la grandeur, dans le cas de l'augmentation; sous le rapport des distances, s'il s'agit de lieu, ou sous le rapport de la qualité, s'il s'agit d'une altération. Or nous savons que dans le système des formes, la quantité est conçue comme intermédiaire entre la forme dite substantielle et les formes qualitatives. Attribut à l'égard de la substance, la quantité est donc sujet à l'égard des qualités altérantes, qui sont des formes du continu {Jormae in continua) 2 et il s'ensuit évidemment que les états de quantité ont un rôle capital dans les altérations qualitatives, bien que ce rôle soit indirect. Un attribut peut-il agir sans son sujet3? Au vrai, l'action attribuée à la qualité est attribuable plus encore à la quantité, bien que ce soit d'une autre manière, de même que les actions attribuables à l'une et à l'autre sont attribuables avant tout à la substance, bien que celle-ci ne puisse agir que par ses déterminations ultérieures.
1. Ia pars, q. LXXVIII, art. 3, ad 2"; In III, De Anima, lect. i, ?ned.