Paris, in-8^ ISOl
plus précis dont je suis capable. Il faut s'y reprendre à plusieurs fois, pour trouver cette ligne résumante ; mais une fois trouvée, elle vous montre dans l'alinéa les trop-pleins à ôter, les trous à boucher, les manques de logique, de clarté, d'ordre ; car tout y doit converger vers le résumé. De plus, ce résumé vous suggère les résumés du paragraphe suivant, et tous ces résumés ensemble vous donnent l'essentiel du chapitre entier; on le tient dans la main sous forme abréviative et on le manie bien plus aisément, à la façon d'une pièce d'or substituée à plusieurs pièces d'argent et à un très grand nombre de sous....
A M. CIIARf.E? RITTER
Paris. 1" (léremhre 18!t|
Cher Monsieur,
Je vous remercie beaucoup de votre envoi*; il y a dans ces lettres de Sainte-Beuve trois ou quatre mots fins et pénétrants qui devraient prendre place dans une biographie détaillée et notant exactement son état mental.
Vous êtes bien obligeant de souhaiter mon étude sur
1. M. r,li;ii"lps Rittci" avait coinimiiiiqiK'' à M. Taiiio dos Iclfres (le Saiiile-ISouve à Rouclilin. lettres que suri frère, M. Eu-^ène Ritter, avait publiées dans la Zeilscluifl fïtr frcnnosisrhe Sprar/ie uml Litteratxn- tome Mil).
« LK UKOIMK MODEKNK n. LA MAI.ADIK KT I.A MORT 7>Z\ Sainto-Bouvo; jn me suis laissé aller à la promettre, mais sans rien fixer pour la date; je suis vieux, fatigué, occupé; avant tout, je dois terminer mes Origines; je ne sais combien de temps jy dépenserai encore, ni si j'aurai la force et la santé requises pour achever. — Sur le demi-ouhli où est tombé Sainte-Beuve, je suis de votre avis, rien de plus injuste; jen fais un reproche à mes jeunes amis; ils ne m'écoulent pas et ne le comprennent plus. Le lendemain de sa mort, j'ai dit dans les Débats* ce qui me semblait évident sur ses grands services, son grand esprit, ses titres de fondateur en critique psychologique; il faudrait relire cela avec preuves et développements; pourtant, il peut se passer d'éloges; ses trente volumes restent et parlent pour lui à qui sait les lire ; j'en relis trois ou quatre tous les ans; ce sont des chefs-d'œuvre d'art, et l'un des bréviaires de quiconque veut connaître l'homme.
A M. GEORGES f.YON
Paris. 9 iléroinhiT 1891
(jher Monsieur,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir l'étude manuscrite- que vous avez bien voulu m'envoyer. Le
1. Débats An 17 octobre 1S69 (article ronioilli daua les Deiiiirr.t essais de critique et d'IÙKloire].
2. Do M. Victor Giravid. — M. V. Giraïul, né à Mâcon en 1868,