‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 28 sur 127 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Mort de M. A. Deiiuelle en Italie. — Réception à l'Académie française. — Mort de la mère de M.Taine. — La Conquête Jacobine. — Vie de M. Taine en Savoie, son rôle de conseiller municipal. — Publication du troisième volume de la Révolution. — Correspondance.

Toute l'année 1879 fut employée par M. Taine à travailler, malgré de fréquents arrêts de santé, à la Conquête Jacobine; aussi n'y a-t-il trace d'aucun article ni d'aucune publication, A la lin de l'année il avait écrit les deux tiers du volume et en était arrivé à la journée du 10 août. Il fut brusquement appelé en Italie avec Mme Taine par une grave maladie de M. Denuelle : il arriva à Florence à temps pour fermer les yeux de ce beau-père qui était pour lui « l'ami le meilleur, le cœur le plus chaud qu'il eût jamais rencontré ». Le désir de M. Denuelle, comme celui de son gendre, avait été d'avoir en Savoie, à côté et en vue de la maison de famille, une tombe de famille : ce désir fut exaucé, et le simple petit monument blanc ayant pour toute inscription, au-dessous de la croix sculptée au fronton, les mots : Familles Denuelle et Taine, s'élève sur la colline du Hoc de Chère, dominant ce lac « bleu comme une pervenche » que M. Taine a tant aimé, la plaine fertile, le village, et le clos de Boringe où

les graiids arbres no parviomiciit ])as à cacher le haut loit savoyard.

A la fin de décembre, la mère de M. Tahu!. qni allait avoir quatre-vingts ans, tomba à son tour Tort malade. Ce lut donc au milieu des inquiétudes et des deuils que M, Taine prononça son discours de réception à l'Académie française'. La séance eut lieu le 15, janvier 1880. M. .l.-H. Dumas* recevait M. Taine, qui avait pour parrains les deux confrères (|ui avaient le plus chaleureusement appuyé ses candidatures, le comte d'IIaussonvillc et M.Alexandre Dumas.

En février, il publia dans les Débals, sous le titre Préface d'une Antliolofiic aiujlaise, une étude écrite pour servir d'introduction au deuxième volume (Jr/) de l'ctuvrage publié parM. \Vallac(>-\V()od,sous ce tilre The Uundved Greatest Men.

Au mois d'août il fut atteint par la plus grande douleur qu'il dût ressentir de sa vie entière : sa mère s'éteignit à Paris dont, pour la première fois, elle n'avait pu s'absenter pour aller chez son fils passer les quelques mois d'été. La corresi)ondance intime de M. Taine durant totite cette époque le montre comme accablé sous le coup; de cette correspondance on ne trouvera d'ailleurs pas trace en ce volume, les volontés de M. Taine ayant été formellement exprimées et interdisant toute publication d'ordre intime.

l'eu à peu, p(''niblement, il se remit au travail. En avril I88I il donnait à la Revue des Deux Mondes (n° du l'""' avril) la Psychologie du Jacobin. Le second volume de la Révolution, la Conquête Jacobine, parut en mai en librairie. M. Taine n'attendit pas à Paris la publication de son livre, pressé qu'il était de regagner sa propriété de Savoie et d'y commencer le troisième volume de la Révululion.

D'ailleurs il s'attachait de plus en plus à sa vie de campagne, si calme et unie. Dans la grande maison de Boringe, on portait toujours le deuil des parents disparus, mais

1. Recueilli diiiis les Derniers Essais de critique et d'histoire.

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