‹ Sa vie et sa correspondance (volume 2)Chapitre 4 sur 127 · Voir lutUc il M. E. ioiniilipr, 0 déciTiibro · texte numérisé non relu

Voir lutUc il M. E. ioiniilipr, 0 déciTiibro

tranquillernenl en Savoie assis à sa tai)le de travail, et qu'on le noiiimorait en son absence. Il n'était pas de ceux a qui trouvent la vie insupportable faute de l'habit vert », et pensait (( que c'était bien assez d'avoir l'ait une l'ois déjà le voyage et la corvée)), a Je donnerais toutes les satisfactions d'amour- propre pour avoir une idée de plus, ou pour bien prouver une idée que j'ai », écrivait-il à Alexandre Dumas. Cette fois enfin, l'événement devait donner raison à ses amis; il fut élu le 14 noveml)re 1878, au premier tour, par vingt voix sur vingt-six votants, son seul concurrent, Edouard Fournier, s'cxcusant fort de se présenter contre lui et ne le faisant que pour prendre rang (il eut quatre voix). 11 y eut un ])ulletin blanc, et un bulletin nul portant le nom de Leconte de Lisle qui ne se présentait pas : on sut plus tard que ce bulletin nul était celui de Victor Hugo qui, par une tempête, avait traversé la ncer pour le déposer I

Dans la suite M. Taine jouit beaucoup de son milieu académique; il était assidu aux séances hebdomadaires, qu'il comparait volontiers à un club supérieur de gens intelligents et bien élevés. Sur le moment, ilfut surtout sensible à l'atlection que ses amis lui avaient témoignée, et à la joie des siens. « Si j'ai désiré réussir, disait-il, c'est principalement à cause du plaisir que cela devait faire à deux personnes : ma mère et mon beau-père. » A [dix-huit mois de là, il devait voir coup sur coup disparaître précisément les deux personnes qui s'étaient tant réjouies de son élection.

PHEMIER VOFAMK DK « I,A iiKVOF.l'TION ..

A FHANCISQl H SAliCF-V'

Pnris, 7) jniivior 187G

M(m cIkm' Sai'ccy,

.le viens ilc voir un iiiulilciii' de les coiilV'roiin's sur l'Ancien Ucgime -. Grand merci. (|Uoi(|ue ce soil bien l.ii'd. Miiis je n'étais pas sûr de pouvoir le dire merci. V.n 1855 ou 1850, quand j'eus puMié mon livre sur les pliilosopli''s classiques et M. Cousin, noti'e pauvre Paradol me lit IVoide inîne : il ne fallait pas dire de mal de gens qui étaient contre l'Empir,' et pour la liberté. J'appris ce jour-là que la politique ne tolère pas l'bistoire , indifférente et la critique libre. Je suis bien content que cène soit pas le cas aujourd'bui. Dis à About que je vais éci'ire la lîévolution comme j'ai écrit l'Ancien ISégime, en pur naturaliste, en debors de toute intention ou arrière-pensée polémique. Au reste tout le second volume est déjà contenu dans le premier et, quant au troisième, je me sens aussi dégagé que pour les autres.

Hier, dans le Temps, à propos de la lettre d'un abonné, tu discutais mon opinion sui- le costume convenable à nos pièces classiques. L'abonné n'a pas bien lu: j'ai dit

Page 1