‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 104 sur 136 · I.ANCIRN l'.EiilME · texte numérisé non relu

I.ANCIRN l'.EiilME

A qiuitrojnois la culbute', n'est-rc p^s? Au rcsto ; r^elon lo mol de Deinade. o'i ty;/ y,oÀ'.v, a/Àu ty,; y,o/.£(o vavâ-r'.x v'jo£çv(ou.£v. Avec une voile énorme comme le suffrage universel sur un bateau sansquille et sans lest, on est sur de capoter tôt ou tard; sauf un accident sur lequel on ne peut pas compter, la Hépublique, en s'inclinant de plus en plus vers la gauche, versera dans rKmpire. Ce n'est i)as uai ; mais, à mes yeux, depuis (pie nous avons maiiqu.'" l'évolution naturelle en 17X11. aucun «iouvernemenf libéi'al et fort n'est possible, ou du moins n'est durable.

Présentez, je vous prie, toutes mes amitiés à M.Clierbuliez.

A vous de cœui'.

A M. .lOlIX rtURAM»

Mcnilioii-Suiiil-r!crii;ir.i. ~f|ilciiil.iv IRTi Mon cbei' ami,

.... Voyez en ce momeni à Paris l'exposition de P.audry à rKcole do^ Bc^mx-Ails- ; c'est supérieur. Mon ami Poulmy est de retour: voyez-le el de ma part; vous

1. Allusidii ;iux derniers votes de rAsseiid)le(^ .Xalimi.ile : Vole de la liti Miiiiici})ale; rejet de la proposition t'.asiinii'-PériiM' drni.iiidant la reconnaissance délinilive de la forme répidtlicaine.

'2. On y avait e\post' les peintnres de Paul l'.niidry destinées au grand Opéra;

trouverez toutes sortes de livres et de journaux étrangers et français. 10, nie Taranne, h la bibliothèque de l'École des sciences politiques dont il est directeur. — En fait de livres, lisez les poésies complètes de Sully- Prudhomme; un livre très instructif est Paris, ses organes et sa vie de Maxime Du Camp, cinq volumes; Saint Antoine de Flaubert mérite d'être lu; en première li^jne mettez les romans et nouvelles d'Ivan Tourguénief.

A M. MARC MOXMER

l'ai'is. JT) ;i\ril iSTè»

Cher Monsieur,

Votre insistance est bien aimable ' et ine suggère une idée que je vous soumets. Mes leçons sur l'histoire de la peinture en Italie peuvent avoir quelque intérêt à l'École des Beaux-Arts, à deux pas du Louvre et du Cabinet des Estampes, dans un bâtiment tout rempli de copies et de moulages, devant des jeunes gens qui sont artistes de profession. Elles pourraient sembler techniques et même crues pour certains détails, à Genève. D'ailleurs, j'ai l'esprit si étroitement méthodique que pour lesfair»', ON même pour les refaire à l*aris, il me faut un mois de préparation et de renouvellement. Je ne j)uis écriic, ni parler d'un objet, que quand les images qui s'y rap-

I. M. Marc Monnior avait demandé à M. Taiiie, au iioin de rt'niversité de Genève, une série de Conférences.

L'ANCIEN REta.ME 271

porlent sont devenues des hôtes habituels et involontaires de mon cerveau. A ces difficultés j'aperçois un remède. Au lieu d'un cours sur la peinture italienne, votre auditoire pourrait accepter une série de Lectures (ce serait le moment) sur TAncien Piégime ; c'est le premier volume de mon ouvi'age sur les Origines de la France contemporaine. Je pense que ce premier volume sera fini en octobre; j'en ai déjà rédigé les trois cinquièmes formant la matière de sept lectures: je compte finir le reste à Mentlion-Saint-Bernard ; il y aurait en tout une douzaine de lectures, et je pourrais ainsi offrir à l'auditoire la primeur du livre.

Voici les titres des cinq chapitres, cliacnn de i<M) à lt?0 pages, composant ce volume.

/La structure de la société; [ Les mœurs et les caractères ; : L'esprit et la doctrine :

/ La propagation de la doctrinr :

Le peuple.

Je lis cette année le ti'uisième clinpilre à IHcdio des Sciences politiques, et mes amis nul la bonté de me diit' (ju'il les intéresse.

Voyez si cette idée est pratique. Au cas où tdie le sei'ait, j'aurais besoin de savoir si, à Genève, on aledi'oif de numquer d'enthousiasme poui- J.-J. Rousseau; j'i'ii manque un peu, tout en admirant l'écrivain, mais ses doctrines et sa conduite ne me plaisent guère.

(Juoi qu'il en soit, croyez que Genève un jour sera

mon centre, et que je serai hien heureux de vous y

serrer la main.

()uelle belle et triste lettie vous avez publiée de Sainte- Beuve, a Sur re cimctif're, rintelligvnce seule kiit romme une lune morlc »

A M. MAI'.C Mt)\\li:i{

l'aiis. .'(> .iviii ix::»

Mon (lier Monsieur,

Ne croyez pas ce qni vient d'être imprimé sur mon lui ni' livre dans le Journal de denève et que je lis dans une reproduction du Moniletir rl\) avril i. Je ne conclus pas du tout au despotisme de llobbes ; en tout cas je .suis bien loin de faire un ouvrage dogmatique, je me contente d'exposer les faits et leurs causes. Ma conclusion ne sera qu'/?i petlo, et en faveur des constitutionnels de 8ÎI, Mounier, Lally-Tollendal, etc. Les bonnes tètes de 1780, mes favoris, sont surtout des étrangers : llumont de Genève, Mallet-du-Pan, Gouverneur Morris, Jetlerson. La preuve de leur sagesse, c'est qu'ils prédisent f(»ut au fur et à mesure, et un, deux ans, parfois i\\\ ans d'avance. L'auteur de Larlicle n'a écouté qu'un chapitre, la mal compris; je ne snis pas un simple réactionnaire, un partisan du droit divin; vous verrez des ch(»ses raides contre l'ancien rèoime. Ma seule thèse intime e-t

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