‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 113 sur 136 · M. Giraud-Tculon faisait alors un cours à Genève · texte numérisé non relu

M. Giraud-Tculon faisait alors un cours à Genève

ô. M. Henri Rochefort, évadé de Nouméa ^u printemps de 187 J, était venu ?"étal)lir aux environs do Genève, d'où il envoyait de

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(ie boir. r\\rz .M. Iwirlt'i'cl. je vciTcii l;i liiic llciir de l;i driiiocijilic, pHsleurs pi()lesl;uil> libéiiiiix, iMc. (Tcsl |tai^ CCS [Jiistcui's, Ires peu clircticiis, à ce qu'il par;ii(, iiKiis très anli-catlioliques. qu'il a pu se faire uue luajorilé lidèle en exploilaiil l'ancien levain anlipapistc. — Lurs du vole populaire sur les lois ecclésiastiques récentes, les catholiques s'étant abstenus, il y a eu 1)000 voix persécutrices el l')i loléranles. Calvin vil (oujoins.

A y\. M)<iA'U ihhîM'ng'

Mciillioii-Siuut-ljcniaid. l'J iiuvciiiiuc 1<S7')

.Monsieur.

Jarrive bien tard |»oui' vous leuiercier de voIre radeau; mais à (ienève j'étais si occupé que je n'avais pas le temps de liie: c'est hier seulement, en airivant ici, (jue j'ai \n\ lire les quatre brochures- que mmis m'avez lait l'homieur de m'envovei'. Les grandes vues

iiniiiIjifLiv îirliclc:^ aux jftiiriiïiux de Paris. M. T;iiiic Jav.iit coiiiiu S(»iis rEiiipirc, chez leur ami Cdminun, le docteur Veriiruil.

1. llornuiig Joseph), professeur de droit à riiiiversilé dr (Jeiiève. exécuteur tcstaiiieulaire d'Aniirl. né eu 1X22, décédé eu I88i.

2. Les sujet» de ces brochures sont Jes suivants : Pourrpifn 1rs Ilotnains ont-ils été le peuple juridique de l'Ancien monde'! (jenève, 1847. — Idées sur l'évolution juridiffue des nations chrétiennes et en particulier sur celle du peuple Français, (ieuève, 1850. — L'histoire romaine et Napoléon III. Lausanne, 1805. -* Les couvents et le droit commun. -^ Genève. 186ÎL

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(|ii(' vous {(irsciili'/, MIT riiisldiie lùiroin'ciiiif cl ii(il;iiiiiiKMil sur riiisloire de liouio, siml du plus vif inlrit-l : je recouunis avec vous ((ue tout le succès de lîoine lient aux traités continuels, à la tolérance réciproque depatriciens et des plébéiens: dans une ville grecque, dans une cité italienne du moyen âge, on s'exterminait : à lionie. on s'ari'angeait i»our se supporter, pour transiger, pour vivre ensend)le. IV'ul-étre la cause de cette sagesse se trouve-! -elle dans l'origine de la plèbe, si composite et, en outre, si supérieure ; je suppose qu'après la conquête de villes voisines, Rome transportail cliez elle les bonnes familles aisées el laissait les moindres sous la garnison qu'elle expédiait à demeure: de même à Venise si les deux ou trois mille lamilles danlicjue noblesse y avaient transporté une centaine de bonnes lamilles de chaque territoire ou cité concjuis, Chypriotes. Candiotes, Padouans, gens de Zara et de Dalmatie. Ciàce à ce système, il se formait, sous la vieille ai'islocratie romaine, un peuple politique, mais neutre, et je ne sais pas si lOn ne doit pas voii' dans ce fait les oiigines du caractèi'e abstrait et général que Rome a donné à la notion de l'Hlat el à rorgaiiisalion du droit.

Sur cette question, vous êtes très Romain, el, tout eu reconnaissant avec vous les abus et les inconvénients des couvents, je ne sais si j'oserais vous suivre jusqu'au bout de vos conclusions. La loi française de 1825 me paiait suffisante, et je désii'e seulement qu'elle soit appliquée exactement. Le vice du système romain sous IKnipire et du système français aujourd'hui, c'est de

'2SS (.(»i;iii:siM»M»A.N(;K

sii|i|iiiiiKM' ou d('lruii't' ou «^ennc (ouïes les associiilious <|ui ni' sont pas VEVal. Ceci a conduit reiupire romain, t'I ceci conduit la France à n'être qu'une caserne administrative bien tenue et exempte de vol. Sans doute vous ne souffrez pas encore de ce mal. mais nous en souffrons beaucoup, et peut-être cela me rend-il moins liostile aux abus du système conlraiic. Je n"ai aucune disposition mystique, mais je comprends que des Ames tristes, douces, ferventes, veuillent vivre ensemble, s'astreindre à une règle, abdiquer leur volonté, se cloîtrer; la nature comporte tout, même les catholiques, les frères Moraves, les sentiments des uioines bouddhistes; à mes yeux lÉtat nest qu'un i^endarme contre les brie^ands de lintêrieur ou les ennemis de lextérieur, et il a tort quand, ayant assuré la police et la justice, ayant établi les routes et les écoles, il empêche quelques-uns de ses membres de chercher le bonheur ou la paix de l'âme dans le genre de vie, d'association ou de rêve qui leur convient.

M. Giraud-Teulon, avec (piij'ai souvent parlé devons, ma dit que votre complaisance est aussi grande que votre savoir, et que je pouvais me hasai'der à vous demander un renseignement. 11 s'agit de l'impôt progressif sur le capital ou le revenu, tel qu'on le pratique en Suisse, non seulement à Genève, mais encore à Zurich, Berne, etc. Comme cet impôt me parait une des conséquences extrêmes de la démocratie, je souhaiterais fort en savoir le taux chez vous, et de plus, apprendre sur quelles données il est assis, si la simple déclaralion

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du contribuable fait foi; au cas coulraire, quel tribunal fait l'évaluation, s'il y a appel, si, dans la pratique, il n'y a pas des injustices ou des inconvénients notables. Ao-réez, je vous prie, Monsieur, avec mes remercienienls présents, mes i'emtM'ciemeii(saiitici()és, etveuillez recevoir Texpression de mes senlimenls 1res dévoués (>t les plus distingués.

A y\. MARC MOWlER

Paris, 11 (l('ccml)ro i87r> Mon cber Monsieur,

\/Ancien Régime vous est adressé aujourd'bui par mon éditeur; acceptez-le en souvenir de toutes vos obligeances, et dites à Madame Monnier que son bote de Naples et de Genève lui est aussi attaché que reconnaissant.

M. Hachette envoie aussi de ma part l'ouvrage à M. Ader», M. Carteret, M. Vogt et M. Hornung. Je vous prie de faire agréer à ces Messieurs tous mes remerciements pour l'accueil trop bienveillant qu'ils m'ont fait. M. Hornung a eu la bonté de répondre longuement à des questions que je lui ai faites sur l'impôt progressif. Les renseignements qu'il me transmet sont précieux et significatifs; si ce principe se développe, nos riches émigreront; je vais en parlera M. Leroy-Beaulieu.

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