‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 12 sur 136 · Pour les yotes sur tAnglclerrc · texte numérisé non relu

Pour les yotes sur tAnglclerrc

"1. La Croix-Rouse.

LA (ilERRE lô

^250000 hommes, et qu'il y a iUOOOO Français dans le >'ord. Si cela est, et qu'il n'y ait pas de trop grosses fautes stratégiques, nous pouvons avoir bon espoir.

A SA MERE

Tours, i sopternbi't^ 1870 Vous avez reçu la terrible nouvelle, Mac-Mahon blessé et défait, iOOOO Français prisonniers, l'Empereur pris : elle est oftlcielle, l'ennemi va être dans quelques jours sous les murs de Paris. Partez vite soit pour Brest, soit pour ici. P)ien entendu, en aucun cas n'allez à Paris; voyez comme les Prussiens bombardent et brûlent Strasbourg; à Orsay, ce serait la famine et tout le désordre d'une occupation; mais pour Dieu, pas de retard.

... 11 est pi'obalde que M. Denuelle ou moi nous retournerons à Paris pour tâcher d'être utiles en quelque chose.... J'ai le co'ur serré, comme vous: si j'étais à Paris, je ne pourrais servir qu'aux écritures dans un bureau quelconque ; mon pouls ])at trop vite pour que je puisse servir physiquement et de mes bras. Mais je suis mal à l'aise d'être ici, inutile, dans un grand danger public.

COlilitSPOMtANCE

A M. JOIIX DUHAM»

Tuiii>. 7 scptciiiLiv 1ST(^

Mon chej' iiu»nsieur Diinind*,

Quand votre lettre m'est arrivée, nos mallieuis avaient commencé; ils n'ont fait que multiplier et grandir: en ce moment l'ennemi est sous Paris, et il me faut faire un effort poni' v(ins répondre: la préoccupalion et le chagrin sont si grands qu'on passe tout son temps à s'informer, à lire des journaux, à songer à l'avenir.

J'étais à la campagne à (ihàtenay, près de Sceaux, dans la maison de mon l>eau-pèie: nous venons d'emmener nos femmes, ma mère, in;i sœur, ma nièce, ma femme, ma lille: et. comme vous le voyez par la date de cette lettie, nous les avons mises en sûreté à Tours.

Vos journaux nous sont bien malveillants; je m'en afflige, cai' votre opinion compte dans le monde; nous espérions autre chose de vous : la France a aidé les États-Unis à naître, et la Prusse n'a rien fait pour vous. Certainement notre gouvernement peut paraître l'agresseur, il a tout mal préparé, mal conduit; son imprudence nous a jetés dans des calamités effroyables et il mérite sa chute. Mais le véritable aç^resseur est celui

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