Ailiiiinislralcur des Postes. Voir y. -j
'J. Pou l'année régulière, il lie s'aj^it que des soldats : Inus les • iniciers éîaient fidèles à la discipline, sauf Fiossel.
I,A COMMUNE t)7
(lier V Officiel qui l'>1 (l('|iuis ce niriliii aux luaiiis de rênicute et porte ses proclamations. — Le gâchis est pailail, c'est une dissolution spontanée de la France. La cause de la situation présente et du succès des énieuliers(tousde rinternalionale), c'est la rancune extraoïdinaire des Parisiens ignorants et même éclairés contre Trocliu, etc., qu'ils considèrent comme des traîtj'es; rAsseml)Ièe nationale qui les renferme. (|ui l'enchèrit sur eux, et dont la majorité veut transporter la capitale ailleurs, leur est presque aussi odieuse. — Ils sont dégoûtés de leurs chefs et de tout cliet'. En ce moment, personne ne semble ici avoir une idée du pouvoir légitime, de l'obéissance; le siège les a rendus fous. Cependant tous les journaux, moins le Rappel, le Patriote, et quelipies autrt^s ultras, prêchent jtour l'Assemblée.
Plusieurs personnes croient que ce gouvernement d'inconnus va se dissoudre dans le mépris. Moi, je crois à l'emploi de la force, peut-être à une rentrée des Pi'ussiens. aux vivi'es coupés à [•aris, etc. ; c'est pour(|U(>i nous nous en allons.
[bailleurs, le sentimenl de notre inq>uissance et de la déraison générale nous désole.
Orsay, lundi 20. soii-
.le suis ariivé depuis trois heures; je trouve Oisav fort tranquille et jiresque sans trace de guerre.
J'ai le cœur moi1 dans la poitrine; il me sejuble (pie je vis parmi d(»s fous et que le gendarme prussien est
68 (,ni;RESPOM>A>(.E
en rouit' ;j\t'C >a liiqiio poiii' les iiietliv ît l.i r.tiï^oii. .l'ai
nièriie perdu le seiitiineiil de riiidigniition.
A >A mi.I'.l:
(ti>;i\. '1\ iii.-irs, le iiiiiliii
Vous savez Tétalde Paris : il esl dé<<daiil, (tu ne sait ce qui va advenir; aucune nouvelle du (iouverneinenl de Versailles. La garde nationale et rarniée oïd laissé l'aiie, cest une dissolution coniplète de tout.
Clievrillou' espérait en avoir lini hier avec son ministère, avoir ses papiers signés. Tous les ministères ont été hier matin évacués sur Versailles, je crois doue (|u"il va rester à Paris jusqu'à ce ((ue les évéïiemeiils se di'cidentdans un sens (m dans un autre.
Je vais cette après-midi à Châtenay (pii devait être évacué aujourd'hui, et ne le sera sans doul(-' pas à cause des événements. — Je ne sais si mon couis ouvrira le "21 , comme lejournal l'annonçait ; cette i'év(dution est comnu' un tremhlement de terre, on ne sent plusjien de solide, on ne peut plus rien prévoir, ni'aimoncer.
Je suis bien triste et bien découragé; je vois la venir bien noir, et ce qu'il y a de pis, c'est qu'on ne peut deviner ce (jui se cache sous ce noir. La hélix- inouïe de
1. ^]. Clievrilloii. qui :ivaii coiiniiuiuli' iiii lia>tii)ii jiciidyiit le siège de Paris, tivait reçu Tordre de rcjoiiidic à lîioi. !•• poste qu'il occupait au début de la guerre.
T. A COAIMINF. f^iO
In r.nrdi^ uatidiialt^ el la traliison de l'année nous mottt^iit aux mains des ^lens dn iiiissean.
A M\li\MF. 11. I Ai\i:
Ois;iy. 21 iiiar*. le ?nir
.le crois (jnevous savez mieux (jnemoi la situation politiqiie: — aujourfriiiii en revenant de Chàtenay à la station de Berny, j'ai arrêté une voiture venant de Yeisailles, et dans le Iraiii j'ai cau^é avec des gens venant de Paris. L'Assemblée tient l)on. elle a 50000 à 60(10(1 hommes de troupes, les zouaves pontificaux. — Seineet-Oise est en état de siège. Les maires et députés de Paris sont pom* elle. Elle déclare l'urgence pour la loi sur les élections comnumales. Il y a des espérances d'arrangement. Beaucoup de gardes nationaux commencent à comprendre (pi'ils ton! une sottise. — Cependant les barricades se nudiiplient dans Paris, et le désordre est parfait.
Les oardes nationaux joueni au hunchon-. plu-ieuis n'ont pas de pain, et l'ont des quêtes pour acheter du saucisson et une goutte. Ils ont occupé les forts. — En sfunme. il est possible ([ue, par dégoût et lassitude' ils laissent l'ordn' >e rétablir. Mais j'espère cpie l'Assemblée ne fera pas la folie de revenir à Paris; si elle y eut été, l'émeute l'eût prise comme dans une s(uiricièjv. et tout était perdu.
J'arrive do Châtenay; les AHeniaïuIs l'ont évacué hier. Les meubles ont été forcés; les livres dans la biblioflièque et dans mon cabinet paraissent intacts, quoique en désordre. Nous avons ouvert toutes les portes et fenêtres pour donner de l'air; je fais achetei- du rhloie: on en mettra dans toutes les chambres. Le jardinici- coiiinience à entasser les ordures : il a un hunuiie pour l'aider; avec un cheval et un tombereau, ils vont Iransporler dehors tous les détritus. On me dit que lous ces détritus vont être employés dans les champs comme fumiej-. qu'il y a eu très peu de chevaux et d'honnnes enterrés dans le pays. Châtenay se repeuple.
A MAFtAMi: H. T \ I \ T.
l'îiris. jêiKli 'i."» niîirs J'arrive à Paris et je vais retourner à Orsay.... La ville peut être écrasée par les l'iussiens qui, le '21, ont menacé otliciellement de la traiter en ennemie. — Ji' viens de lire les journaux. L'émeute a tire >ur une manifestation inoffensive', place Vendôme, tué vingtdeux: personnes. Elle prend des allures de Comité de salut public et va essayer de la Terreur.
Madame Barthe^ est partie avec ses domesilipies. Tout le monde fuit.