‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 36 sur 136 · I.\ itiMMiM-: Ni · texte numérisé non relu

I.\ itiMMiM-: Ni

(livcrx's |icr>(iiiiit'>. \(iici k ii'Miiih' \\r l.i joiii-iii'c (l'iiiijoiinriiiii cl (le celle d'Iiiei :

Lu roi'i cdiii» (le l.iiicelle \ieiil (rèll'C (loiijié (l;ili> Tabcès. Il n'y a pas en de (It'reetidii à Versailles ; ai lieure> aujdiiiiriiiii la ville élail liaii(|uille, joyeuse el aj)|)laudissail les marins (|iii rentiaieid. Toiile la joiniiée. le eaiioii a uroiidé vers les liaideiir> de (Ihàtilloii. à (\\;\iiiarl. el pi-dhaldenieid \er- le relil-llieètre. Le iiionl \alérieii. (|in élail à nous, a lire sur la priiiei- |»ale coldiiiie des iiisiirgés, l'a coupée en deu\: la (jueue s"e>l enfuie en désordre vers l'aris, la té(e ef la grosse moitié se sont lrouvé(^s entre le mont Valéi'ien et Versaill(>s; à i'aris ef à Versailles on cdinple ((n"en ce moment elle a nus lias les armes.

J'ai vu les (juais. la j'ue de r»i\(di, le lidulevard Sand- Micliel, d'autres dul vu Monlmarlre, Cliaroiuie, le> C.liamps-Klysées. Tarldul douantes nationaux par deu^. par trois, (juel(jues-Liiis portant plusieurs lusils, tous l'air déedufil. el la mine Idii^ue. Oe même sur la |L;auclie du eliemin de \'v\' eiiti'e Sceaux-Ceinture et Jlourii-la-Pieino; ils couraient à la débandade, et beau- Cdup de l'emmes avec eux; ce sont leurs mégères qui le> excitent, l'iic leunue est montée en wagon; elle était \enue de C-lamart où les boutiques étaient tenuées. On se battait veis le moulin de ('JuUillon : selon elle les gai'des nationaux luyaient.

Vous auiez des nouvelles des journaux avant cette lettre; cependant, je vous donne ces détails en manière de conlirmation: je cr(»is luainttMiant (jue Paris sei'a

88 CORKESl'UMiANCE

soumis dans liuit joui'S. On p;irl;iit de dix iiiillc. tit'nlc mille gardes nationaux prisonniers, dun grand massacre fait par le mont Valérien. Cependant la Commune prodigue les décrets violents; Thiers et les ministres accusés, leurs l)iens séquestrés, le budget des cultes supprimé, les biens des coi'porations religieuses confisqués. — Ils s'arrangent de façon à discréditer pour toujours la République. Leurs jcmrnaux, notamment la Montagne, demandent la guillotine. Cependant les omnibus circulent dans Paris, les cbeminsde rerfonctioimeid, on voit des dames et des enfants dans les i iics.

.le ne fais )»as de leçon vendicdi. J"ii;ii .'i Cliàlenay dans quelques jours pour m'y établir.

Aucune lettre de vous depuis ti'ois jours; je sais que pas une lettre n'est arrivée de Versailles, ni de Pai'is.

A MADAME II. TAINK

}\:iVi\\ i. ()rs;iy

Pas de lettre de vous encore; elles sont aiiétées à Paris ou restent à Versailles; éci'ivez-inoi jjar IJbon ou par M. Questel; pour moi. j'espère que mes lettres vous arrivent, le facteur part tous les matins pour Palaiseau, et de là pour Versailles.

Je viens de Cbâtenay où je ne métabliiai pas avant «juelques jours. — Il n'y a de poste ni là, ni à Sceaux. Un facteur envoyé de Versailles stationne depuis quatre

jouis à lieniy altoiulant des coiii'rii'i's, ils n'anivcul pas, il l'st les l)ias ballants. Toiil est désorganisé.

A parlii- d'aujourd'hui, par avis affiché dans les cheniiiis de fer, aneun homme valide ne peut sortir de Paris.On ne délivre plus de hiilels. (ioumy', qui avait son aller et retour, a passé à -rand'peine et par une eomplaisance du capitaine du ])Oste de Sceaux-Ceinture. — Naturellement, je n'irai plus à Paris avant le rétablissement de Tordre.

Les insurgés ont saisi la caisse des pompes ruiiéi)res, et reçoivent en son lieu et place. Us font des visites domicilières. et enrôlent de force les gardes nationaux du parti contraire ou tiède. Ils appliquent leurs décrets sur les biens du clergé, et ont saisi la maison des Jésuites, rue des Postes. — Ils ont emprisonné Assi^ qui voulait traiter avec l'Assemblée. On peut estimer leur armée à cent vingt mille hommes, dont quarante mille résolus. A Versailles (piatre-vingt mille hmnmes au moins, et qui s'accroissent tous les jours, surtout parla rentrée de l'armée de Metz; tous très résolus, très irrités, très montes, et disant tout haut aux voyageurs qu'ils vont t(iper dur.

Trois mille cinq cents gardes nationaux prisonniers à Versailles, Flourens tué d'un coup de sabre: Henry-' et

Page 1