‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 41 sur 136 · lAiNi;. — coKi'.t-i'OMiANct. m · texte numérisé non relu

lAiNi;. — coKi'.t-i'OMiANct. m

08 COP.RESI'ONKANrE

conseils géiiéniux. La première Chanihre no devant avoir que cinq cents membres, les deux cent cinquante places de la seconde offriraient l'espérance d'un siège aux députés non réélus. — Mon objection est toujours l'éducation cléricale, absolutiste, aulricliienne du duc de Bordeaux. On me répond (ju'on l'encbaînerait par les grandes lois préalaldes et par la collaboration des Orléans. On ajoute qu'en présence d'une proposition pareille, il accepterait. Le fond du i-aisonnement est celui-ci: il y a quatre partis en France, il en faut au moins deux ensemble pour empéclier la démagogie et les Bonaparte, la dictature d'en bas ou d'en baut. Je vous conte là tout ce que j'ai pu savoir d'intéressant, j'ai si peu de cboseî

J'irai encore un de ces jours à Versailles par le même moyen, peut-être aussi à Cbàtenay. mais à pied, car je n'aurai par là aucune voiture.

A MADAME II. TAINE

(ii>iiy. S nvril, Sanicdi-S.rmt Je suis allé aujourd'hui et bier en voiture avec Letorsay; la campagne est charmante, fine, d'une ver- (liiic délicate et pointante sous le plus doux soleil. Mais on entend le canon qui n'a cessé que deux heures aujdui'd'hui. et cela m'empêche de sentir les choses les [)\u< belle-. Je ne les vnis que pli\ -i(pieinei)t avec le>

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yeux (le l;i (Oto. — Proh.ihlcinoiit, jir.ii .ijnrs-dt'in.iiii lundi, si j'en li'ouvc le iiKtycii, à Vcrsiiillcs. Gouiiiv ;i dû (Ml reveiiii' aujourd'liui ; dciii.iin ninliii j'ii'.ii lui dciu.'iudcr des nouvelles.

ConvtM'snti(»n .lujoui'dinii .ivcc un |ii'(de<S('Ui' de sciences el un \i('u.\ peiidre. Ils >(inl lnus les deux fjivornhles ou j)res((ut' r,iv(»i;il)l('s ,ui\ iii-ui\ut''s. — {]o]n mr (•(inlnud luujours: (in ne e(>ni()rt'nd ]),is (ju'un lidninic intelligent ait une si faillie noli(»n du di'uil cl de l;i justice. Après avoir dirigé avec soin la eonversali(»n, j'arrive aux conclusions suivanles : I" In des grands princij)es de cette opinion est l'aMinui-iiropre. Le peinti'e me disait : « Je ne veux obéir à personne, personne n"a droit de me commander, ni roi, ni magistrat, ni assemblée; nos députés ne sont que nos serviteurs. » — Kn 1848. les ji3urnaiix violents disaient au peuple que les députés n'étaient que ses commis.

2" Dans les matières un peu difticiles, comme les questions de gouvernement, de société, de conslitulion politique, l'intelligence moyenne du Français est insullisante ; il est borné, il se paie de mots, il se croit compétent, et ne voit pas même (pie la question est délicate, abstrus(\ Kt à défaut d'intelligence suftisanle. il n'a pas l'instinct de l'Anglais ou en général de riiomnie du Xord.

Visite à M. Foissac. le vieux médecin cailKtliipie, liomme du monde, ami de M. Thiei>. Il me prèle un C.orneilh^: je pi'épare mes Ircliirrs pdur Oxford.

•Il' n'irai pas de (pichpic Icnip^ à (ilialcnav. laulc de

1(10 (:(»iuœspom)A.n<:e

moyens de transport, l'ai' prudence, à cause du voisinage de la caiioiuiade. je n'y V(M1x p;is eoudiei-. Si les insiu'fiés réquisitionnent, ils n"y trouveront pas grand' chose. Les dégâts des Prussiens dans le village et aux environs y sont trop nombreux ei trop visibles, mais h' jardin c-l iiilart.

\ MADAME 11. TAIM:

Oi'soy. (linianclio de Pàqiios, '.I avril Je ne suis pas allé à Chàtenay depuis mardi i, je irai |)as avant que l'oi'dre ne soit rétabli. H paiaitcpie dans ces derniers joui's les insurgés ont j»arcouru les t'iivii'ons de Sceaux en faisant des i'(''quisitions et en enrôlant de foi'ce les hommes valides ; peut-éti'e est-il aiiivé malheurà Félix ou à Gilbert'; mais je n'ai aueun mov(Mi de m'en informer.

M. \ avili- est venu jne voir ce matin, il arrivait de Versailles, il m'a apporté un journal de ce matin même. 1! est liquidateui' de la liste civile et habite Versailles. S('l<ni lui. nos tr(»upes sont tout pi'ès de la porte Maillot : peut-être aujourd'hui la terrible canonnade de ce malin indiquait qu'on prenait le pont d'Asnières. Il pen<e que la sem.iine |)rochaine, peut-être .iv.inl dinian-

1. \.p jardinier ol lo valot de cliainhre di^ M. fd^micilo. '1. M. llippolvlo Vaviii dont la inrre habitait Orsay. Son père avait, après 1848. liquidé de même la liste civile du roi.

LA (:<>MMU^E 1*^1

che, nous serons diins rcnceink'. Iicslc ;'i s.ixoir s il ne Ijiuclr.J j)Ms l'aire le sièiii' de Bollevillc, .Monlni;irlii',('lc.. cl rccoiiniH'iici'i' li'> jouMircs de Juin ù rintéricur. (<»' quil y a dliorri])k', (•"est (juo des ,<;i'ns comme Kli>ée Reclus' de la Revue des Den.r Mondea sont parmi les insurgés. Reclus a élé pris avec son frère. Delescluze. .1 j'ai-is. e>l de fail diclaleur. Les li'ouhles de Limoges sont apaisé-. Je pen>e (|ue la soumission de Paris n'est puisqu'une afïaire de temps — les troupes sont pleines d"eiitrain. .M. Vavin. (|ni .'■lai! au siège, dit (ju'elles ne sont pas reconnaissables. On ;i du gi'os canon.

ll'apiès les pièces de la liste civile, la prince>>e .M;tlliilde est tout à l'ait intègiv. elle j'elusail i\v> pré>enl-. des vases de Sèvio, disant (pi"elle ne voulait avoir clie/ elle aucun objet qu'elle n"eùt payé de son argent. Le prince Xapoléon payait ses employés et fournisseur>, mais il était fire-liard el accapareui' connne un llalien.

Paris repi'is. il va y avoir une cuiée de placer: il e>l si désagi'éahle d'y |ti'endre parti (>)mbien je préfère la vie éconouH' et indépendante !

A SA MERE

Tours. 17 ;i\nl

Je suis arrivé à Tour.-, le I I avi-il. lue occasion ma conduit d'Orsay à Montléry-Sainl-Miclicl. J'esj)érais

1. M. i;ii>ée Ilc'clus avait élé l'ail prisonnier le 5 avril, à Cbàlillon.

l(i-2 (.(ii;iit:si'().M»AN(;i:

pouvoir m'inslalk'i' .ivec ma famille* à Cliàtciiay ; mais les obus pleiiveni aux environs, à Fontenay, à Sceaux, à Robinson, et on a dû melhv l.-i i\i'< lrouj)es, pour cnw pècliei' les réquisilions (U*^ insurgés. Je suis donc cbassé provisoirement de tous mes domiciles, à Paris et à la campagne. — Tout le monde luil l'aris oii l'on enrôle les gens de Ibi'ce, et où les bombes tombent dru. Voyez leGaulois, le Soir, Y Officiel de Versailles, la Gazette (le France; ce sont les seuls jouiiiaux de Veisailles. Les Débats et autres, à l'ai-is. ont été supprimés.

J'ai fait ma dernière leçon le .'». Je eiois (pie ce sera la tin du cours j)oui' celte année; je ferai plus long celui de lan pi'ocliain: je vais préparer mes conférences pour Oxford. Inutile et en danger à Paris et à Cbàtenay, je suis venu passer quel((ues jours ici.

Je suis loin de j)enser que les clioses soient finies dans une semaine. Le général commandant de l'Ecole jt(dytecbni(iue- me disait aujoui'd'bui que les foi'ts du Snd ne peuvent être pris avant d'avoir été écrasés par l'artillerie. (In n'en es! pas encoïc là, on compte surtout sur une défection, sur l'acbat d'une porte — et même alors, il y aura une terrible bataille dans Paris; les insurgés ont des cbefs très résolus, deux eidre autres capables, IlosseP et Dombrowski"; ils oïd eu

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