Pour sou vova^ro en Aniilelerre
LA CUAIMl.NE 107
Miiis 011 iK' peut i'Ilmi }»i'('vuir ni décider d"civanci'. Sauf accidonl, je coiiiple toujours partir vers le "20 pour Oxiord ; cependant les choses peuvent tourner de telle sorte que je m'excuse et remette ce cours au mois de novemlne.
Je l'avoue ([ue cette incertitude me rend triste, j"ai {leine à me secouer; je lis à la Bibliothèque, je me suis lait quelques relations; mais l'anxiété et le chagrin sont toujours là. — Je mange et dors bien, mais ma barbe a grisonné ; je voudrais avoir dix ans de moins maintenant que j"ai une famille et que l'avenir est si obscur. — Enlin il faut se résigner.
Renan, sa femme, ses enfants, sa belle-mère sont encore à Paris, bien inquiets, mais pas trop inquiétés.
Le général de l'École polytechnique m'a proposé de faire aux élèves quelques leçons, mais c'est une pure corvée que je n'accepte pas. — M. Joseph Bertrand' part après-demain et m'écrira de Versailles. M. Vavin, qui s'y trouve, m'a écrit deux fois; on peut croire à peu près aux dépèches. Mais l'ordre ne sera pas rétabli avant la fin de mai.
I. M. Beitrand élail venu ù Tours lairc son cours aux élèves de r École polyteclinique.
A M. MAX MLLLER
Tniir^. Kl iii;ti 1S7I
Monsieur
Je coiiiple partir pour Uxfurd vers le 19 du présent mois; mais, dans le trouble où sont les divers services des chemins de fer, je ne puis fixer avec une précision parfaite le jour de mon arrivée. Je vous serais très ()])liu^é si vous vouliez bien jirévenir MM. les curateurs de rinstitut Tayloi', et me diie si nul obstacle ne s'oppose à l'ouverture du cours.
Les ti'oubles de Paris oïd traversé me.'- pi(»jels. et m'ont empêché de vous écrii'e plus tôt. J'ai fait mes leçons à l'École des Beaux-Arts jusqu'au dernier moment, et à la fin j'ai rejoint ma famille à Tours. Là. après quelques difficuhé^, j'ai pu réunir les matéiiau\ nécessaires poui- les Icclures que je dois donner à Oxford.
La préparation est maintenant presque complète, el je n'ai plus qu'à risquer l'expérience. Je souhaite (ju'elle soit heureuse, et j'attache le plus grand prix aux renseignements que vous avez bien voulu me donnera ce sujet. Pour ce qui est du logement et de la vie matérielle, vous m'avez offert votre entremise, el vous pouvez mieux que moi décider ce qui est convenable. Mes goûts, aussi bien que les circonstances ]»réscntes, me font préférer un train de vie simple, et tout