I.A COMMINF, m.i
envoyer; les k'Ilrcs de .M. Lilioii soiil loujniiis foil soiiihics. Ce qui est siu", e'esl (|ue les troupes sont iiouihri'uses et bien disposées (ceul eiiu{u;uite mille lioninies environ), que les dépêches de M. Thiers sont à peu près vraies. Je ne pense pas que les insurgés aient plus di! quarante mille hommes disposés à se battre, les autres marchent })ar force: mais leurs chefs sont des laualiques, des étrangers cosmopolites, des coquins qui risquent tout pour faire la Jacquerie universelle. — Le Français, le Gaulois, que tu lis, vous diront ce que je sais. i\ous sommes un peu inquiets pour nos appartements, que la Commune menace de faire occuper; nous avons écrit par Libon à M. Lameire pour installer chez nous au besoin les ouvriers de mon beau-père. Mais il faut avant tout se préparei-. se résigner, et patienter.
J'ai pré|iaré une bonne partie du cours d'Oxford ; la bibliothèque ici ma été très utile. Néanmoins ce n'est pas sans quelque appréhension que je vais professer en français devant des Anglais ; un auditoire inconnu et qui sait médiocrement la langue ne comprendra peutêtre pas très bien les nuances que j'aurai à lui indi- «juer.
>()us es([uissons des projets vagues; si les fortilications de Paris sont développées, si on bâtit un fort à CliJilillon. Chàtenay ne sera plus ba})itable. Nous pensons toujours à nous établii- dans quel(|ue province lointaine, près de la Suisse, poui- vivi'e tranquilles, sauf à revenir quelques mois par an à Paris. Si je vis en
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Suisse (Hi ju'i's (le la Suisse, je pouriai faire uu cours à
Genève, en tout cas écrire chez moi.
A SA MERE
Tours. T) mai
Nous avons reçu aujourdluii deux lettres de Chàtenay
et de Paris : il y a douze gendarmes dans notre petite
maison de Chàtenay, avec deux femmes de gendarmes
et douze chevaux.
Le jardinier dit qu'ils ont ordre de ne faire aucun dégât; le village est une sorte de quartier général. — A Paris ordre à tous les locataires absents ou non de payer les contributions de 1870 et 1871.
D'après une personne arrivant de Paris, il y a vingtcinq mille gardes nationaux décidés à tout et à se faire tuer. Rossel, le délégué de la guerre, est un bon officier, très capable et tout à fait enragé. Mais il y a encore de l'ordre dans Paris, il ne s'y fait pas de pillage, ni d'extorsions privées. — D'après les dépêches, voilà nos trou}te5 maîtresses du Moulin-Sacquet, cela promet bientôt la prise des Hautes-Bruyères qui est lendroit d'où Ton peut mieux tirer sur Chàtenay. 11 est possible qu'en ce cas j'y retourne tont de suite pour voir à la maison et tâcher de faire venir mes vêtements de Paiis'.