Directeur du juuriial le Frunrais
"2. M. Grévy avait donné sa démission de président de la CIihhi- Ijre le 'i avril, il avait été remplacé le lendemain par M. Rull'et. contre le désir de M. Thiers qui désirait voir arriver M. Martel.
ô. La demande d'interpellation fut déposée le jour de la rentrée des Chambres, le 19 mai.
l'ieiir; c'esl rati', je n'ai pas encore le plan; à la vingtième page j'ai senti que je faisais fausse route ; je n'ai plus la prompte vue d'ensemble, la divination facile du pian. Du reste je n'en prends que suivant mes forces; ma mesure est l'abondance de la source, et la source est loin d'èti'e pleine.
A MADAME U. lALNE
Ciiùleiiay, 2^1 mai 187."
Mon travail passé est perdu; j'essaye une aulre piste; connue je vous Je disais, j'ai perdu mon coup dœil d'ensemble; au lieu de saisir du premier coup l'idée centrale, je suis obligé d'en essayer vingt avec des tâtonnements douloureux. Je clierche et laisse les idées s'arranger. Je lis les Mémoires de M"^^ d'Oberkirch que j'ai rapportés de la Bibliothèque; j'ai reçu aussi quelques volumes d'envois. — Demain, je vais à Paris pour l'École des sciences politiques, je passerai chez Hachette pour faire activer la vente du Suffrage universel: je verrai peut-être M. de Sacy ; peut-être, si j'ai le temps, j'irai à l'Kxposition ; enlin, j'aurai une journée pleine.
De tous ces échecs de mes plans, il reste pourtant quelque chose pour moi, la conviction que la Révolution et l'Empire n'ont été en somme qu'un moyen de donner carrière au besoin de paivenir et d'acquérir, le tout au nom d'une théorie politique abstraite; c'est encore la
m rCURRESPONliANCE
mèiiie chose aujourd'hui, ki Uévolution, ou translVil aux pauvres de la richesse des riches, continue; c'est pour cehi que les radicaux sont si forts. — L'exposé des motifs de M. Thiers* est très bien; mais Malouel, Mounier, Mallet du l'an parlaient aussi bien en 1789-1792.
A MADAME H. TAINE
• lliàteiiay. 'J6 iiuii IMT.j
Puisque vous souhaitez avoir mon opinion sur les événements d'hier-, la voici. Un malade ayant un ancien vice du sang avait, en outre, été roué de coups; M. Thiers. fort bon médecin, le l'eleva, le pansa, et, au boul de deux ans, il n'y avait plus que des meurtiissures. Mais le vice du sang avait mis la gangrène et M. Thiers niait que ce fut la gangrène, prétendait traiter le mal avec des émoUients et des ménagements. On vient de le l'envoyer, d'installer de nouveaux médecins à sa place ; ils vont essayer les opérations chirurgicales; sauront-ils les bien faire? Ouelle sera la lièvre de réaction? Le malade est-il guérissable? jusqu'ici ils ont bien manoeuvré, l'issue répondra.
J'ai eu des détails personnels : dans une conversation
1. Sur le projet de 1 organisation «les Pouvoirs publics, dépose le It) Mai.
2. La cliulc de M. Thiers et son remplacement à la Présidence par le Maréchal de Mac-Mahon.
Al'IlKS I,A (UEIlUK l"i.j
l'iilie M. Tliieib et M. de Broglic, la qursliuii élail ci'llcci : « RcL-oiniaissiv. la I»éjiiil)li((iU'. cl les proi-liaiiics cleclions vous donneront des Chambres centre uaiiclie, couleur (Christophe. >» — (( Même si nous hi reconnaissons, les })rocliaines élections vous domieront di's (ihambres rouges, couleur l'eyral. ) Ainsi alieurtés, ils sont sortis en guerre. — Ce (jui a décidé la majorité, ce sont les lois proposées pai- le Gouvernement sur la deuxième Cliaiid3re el le mode d't'lectioii. Lidolàtrie du suffrage universel, l'adoration héte du nombi'e, y étaient par trop évidentes: avec de telles lois, on périssait à échéance lixe. A mon sens, c'est là le repaire du monstre démagogique, el c'est là (|u*il faut trancher. Si j'étais député et de la majorité, je proclamerais tout tle suite et très haut la llépublique, et sous ce couvert, je marchei'ais droit. - Je pense que la majorité, si elle est sage et reste compacte, s'accroîti'a encore d'ici à un mois de soixante ou quatre-vingts voix.
.lai vu M. de Sacy pour la candidature' que vou> sivez: il est très favorable, mais il dit que l'électidii devant se faire en décembre, il peut arriver beaucoup de choses d'ici là. .le me suis mis à retoucher VIntellige)ice pour la prochaine édition, afin de changei' de liavail cl de laisser cuver le plan de la liévolution. C'est là que je me suis surtout aperçu de ma fatigue profonde et de mon usure; je ne i)uis jias f.ure atleidion plus d'une licuic de suite.
t. A rAcadciiiie Fi;iiiç;iisc,