‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 92 sur 136 · Le diiiri' lirebaiil · texte numérisé non relu

Le diiiri' lirebaiil

Ai'iiKs i.A (.ri-iiiii: >j-j7

petits bourgeois, Jos employés .'i I^ÔUU francs, tout ce (jui croit sa position indigne de son mérite, est révoliitiounaii'e et ennemi de l'ordre qui lui déplaît.

Ouel({ues très bons paysages à l'Exposition, un excellent porirait. M. Dufaure, par Mlle Jacquemart ; très ierme. franc, l'éel, l)ien peint; deux autres très élégants et mondains, avec finesse et noblesse, par Cabanel; un tableau tiès dramatique, vrai, poignant, de Neuville (celui qui illustre l'histoire de France de M. Guizot), les Dernières earfouches, prise d'une maison à [jazeilles. — In tableau de mœurs très fini, conuue un Gérard l^o^v. spirituel, bien observé, le Jour du paiement des fermages. Rien de supérieur.

Je suis seul à Cliàtenay; avant de me remettre à la Hévolulion qui fermente doucement en moi dans le silence, j'ai refait une assez longue préface iiV Intelligence. Il a paru, dans la revue de Germer-Baillière, un article de vingt-quatre colonnes dessus par Léon DumontS favorable et honorable, mais qui m'a montré (jue j'avais eu tort de ne pas indiquer dans ma préface les vues d'ensemble et les découvertes qui me sont pi'opres; on n'a }>as compris les unes, et on ne m'a pas attribué les autres. J'essaye de parer indirectement à ce double inconvénient, et je m'aperçois que l'histoire, si intéressante qu'elle soit, me laisse froid quand je rentre dans la psychologie.

1 (.rili(iii.> liuéniir IS.lT-lSTlV .

'J28 (;ni;i;ESl'(jM)A>CL

A M A DAME 11. lAl.NL

CliàU'iiîiy, l-^ juin iX'iô C'est ce raiicuiieux journal des Débats qui vous alarme, il est tombé dans l'ornière démocratique ; ne le croyez pas; il n'y a aucun bouleversement en vue; j'estime à deux mois la période de trancjuillité sur laquelle nous pouvons sûrement compter: la Cbambre durera maintenant plus d'un an encore, il y a des chances d'ordre ultérieur; il est certain que les élections, par la seule présence d'un gouvernement conservateur, seront meilleures ; les conservateurs voteront, ce qu'ils ne faisaient pas. — En un mot on a emayé sans rien casser, légalement ; })areille chose ne s'était pas vue depuis 1801 sous (,asimir-Periei-. Un répandait le bruit que M. d'Audillret-Pasquier faisait scission; voyez son discours d'aujouid'hui comme {(résident choisi du centre droit. Les dangers du gouvernement actuel sont les suivants : I" affaires du pape et de l'Italie, par suite, de l'Allemagne. (>r, M. de Broglie vient de déclarer que rien ne serait changé à la direction extérieure, M. Thiers n'étant tombé (pie sur une question intérieure; '2^ la division des vainqueurs. Elle n'est pas à craindre «ivanl un délai assez long, le danger qui les a réunis élaiit toujours visible à l'horizon. De plus Mac-Mahon sert de balancier, et les trois dynasties prétendantes se balancent l'une par l'autre. Les Bonaparte ne reviendront au pouvoir (pi'après une forte convulsion démagogique; à

APRÈS I.A CrEP.RE -250

mon sons, co qui viont d'arriver les ajoniMie. — l-lnfiii, l(^ seul fait que le parti actuel est au pouvoir lui rallie (l(''jà, soit dans la Cliandne. soit hors de la (Ihambre. une qiianlité de voix flottantes, timides, indécises, qui vont naturellement du côté du succès; T)" dei'nier danoer, les lois constitutionnelles, surtout la loi électorale. Là. il y aui*a division. e( surloul limltMiienls de la aauclie; mais là est le cancer, et s'il va chance d'avoir des chirur<iiens, c'est dans nos chefs actuels; je crains qu'ils n'osent pas ; an((nt'l cas la démagogie légale n'est que différée. — M. John Durand, de New-York, vient dinei' avec moi demain; les éditeurs américains m'engagent fort à leui' vendre mon livie pour l'Amérique ; liadiiil par un Amt-ricain, il est sous la garanlie de |,i

loi.

A MADAME H. TAIXF.

CliJilcn.-iy, .') juin ISTr»

Je suis revenu mardi en chemin de fer avec M. Beslav. La majoj'ité va lâcher de changer de perchoir, en làchani 'dl ou 'til voix de la droite extrême, et en gagnant 100 à l'iO voix du centre gauche. — Lesnégocialions sont en (rain. — La droite extrême refuse absolument de discuter la troisième loi constitutionnelle sur le pouvoii' exécutif el la transmission de ce pouvoir: ils sont monarchistes aveugles. Le centre gauche tient à cette loi comme achevant la Piépublique. Le

200 r.ORRESPONDANCF.

icouvernement va là-dessus essayer de faire son èvolulion. — La première loi discutée sera probablement sur l'organisation de rarmée: ce sera un moyen de mettre M. Thiers en désaccord avec la gauclie. — Autre loi très importante sur l'organisation municipale, ajoutant aux Conseils municipaux les plus imposés de chaque «•nmmune, non seulement sur la question des centimes additioiiiit'ls. mais encore sur toute question importante; c'est faire entrer dans l'autorité locale toute l'aristocratie et la grosse bourgeoisie locale. — .lai vu dans la rue M. Joubert', qui revient d'Italie. Lui et Beslav jugent à peu près de même; le gouvernement italien fera tout pour garder et adoucir le prochain pape, et l'on espère qu'il sera assez libéral.

Plus je regarde la vie, plus il me semble que c'est une navigation en mer sur une barque; le temps est toujours incertain, on ne peut répondre que de soi, et pas toujours. Si jetais religieux, je dirais : que llieu nous conduise et nous aide; tout ce que nous pouvons faire c'est d'ajouter notre petit effort au sien.

J'essave, je fais, défais et refais des plans : au milieu de mes livres, je peux suivre une piste quand j'en trouve une. — Mais il faut du temps, du silence et de la solitude pour remédier à une usure si profonde et si ancienne. Mon esprit est un couteau émoussé, ébréché, qui n.' sait plus toucher du premier coup et trancher le joint; il me faut quinze ou vingt essais pour faiie mal

1, M. t:iliiion(l .louherl. banquier, freijdre do Min»- Henri lêlimaim.

APRÈS LA (irEunr, ir.i

ce ({irautroluis je taisais bien à riustaiit. Je crois que j'arrive à voir le plan de mon second chapitre, j'ai fait celui du troisième. — Il a fallu remanier tout le plan du premier livre; j'espère y être arrivé; mais après tant d'échecs je n'ose y compter. — Dans les moments de trop grande fatigue je lis à droite et à gauche.

A MADAME 11. TAINE

t'.liàteuay, IS juin 187"

Ne pouvant écrire, ce que je puis faire de mieux est de lire et de prendre des notes, cela occupe le temps et me ranime un peu; j'ai vu aussi des estampes du temps, qui rendent sensibles et comme visibles les idées des livres et des mémoires. Cette année est perdue : je suis comme un homme qui, ayant pendant deux ans ouvert et exploité des carrières et rempli son emplacement de matériaux, a une paralysie des mains, ne peut construire sa maison, et reste assis, regardant tout ce tas de pieries inutiles.

J'ai reçu VAnle-CItrist de Renan, c'est intéressant, élevé, l'érudition est énorme; mais le défaut du sujel est toujours là; les documents manquent trop, il y a trop de lacunes et de conjectures; il étire un texte comme un lit de métal jusqu'à le rendre inlinimenl lénu et fragile. — Et puis, tous ces premiers chi'éliens sont de si pauvn^s espi'its, si semblables à la populace

Mit''(lio(li>(t\ niix nè^Tos convc^rlis et pl)'iiinr(l> (rAirit"'rique, qu'on linit pnr so lasser de leurs jérémiades et de leurs hallucinations. Quel dommage qu'il n'ait pas écrit l'histoire des Césars, d'Auijiiste à Xéron. l.à, les documents étaient sulTisanls et la inaliérc luiniaine intéressante ; le véritahie intérêt de son livre est dans ce qu'il dit i\o Néron, de Rome et de la prise de Jérusalem.

La politique n'est pas intéressantt\ — On ^ivol(^ — Je crois qu'ils vont approcher de (h'ux écucils : I " la question du pape et de l'Italie: "2" le retour aux vieilles méthodes universitaires. — iNtnr l;i loemiére ils peuvent s'en tirer; ])0ur la seconde j'ai peu d'espoir : ils penseni (Patin, Cuvillier-Fleury) que l'éducation qu'ils ont reçue est la seule lionne.

A MAliAVn. U. lAIXE

Chruonny. 'IX juin IST." Mon impi'es>ion jinlitique s(^ rtiitili(^ de plus en plus. — Malf(ré les sottises et l'intolérance cléricale de l.i droite, le gouvernement actuel vaut mieux que celui do M. Thiers. La grande affaire est toujours d'échappcT aux deux dictatures : l" la dictaluie instable et folle des radicaux et de la moh; 2" la dicfafuie plus stable des aventuriers et autres tarés bonapartistes. — En sonuue. le gouveiMiement le plus passalde e>l celui qui

APIIKS LA (i("KIU;R ^•'•'

psI niix inains dos plus cnpa])los ot dos plus liounôlos, e'ost-M-diiv (lo la liaiilo classe, Ixiui'gooisio ol nctblesso. — Si colle liauto classo os! uiédiooro ol inônio hèto sur corlains poinls, cola est fàclioux, mais nous n'avons pas niioux.

l'jivovoz-moi, si vous l'avoz, ce numéro du Journal <Jr /V/r/.s à propos du Snffrafje universel.

M. Logouvo m'écril pour me donner a lo signal », mais il mo propose le faulouil do M. Yilel'. Qu'osl-co que cela sionifio? A-l-il un aulro candidal on poclio pour le faulouil de M. Saint-Marc Gii'ardin? .lo suis allô aujourd'hui aux Débats. Ils no savent lioii, ils nont entendu parler d'aucun autre candidal. M. do Molinari m'écrira s'il apprend quelque chose et sondera M. Cuvillier-Fleury. — Quelle solto aflairo, et comme une intrif^ue académique me va mail Je félicilais les Dehals sur leur adoucissement: ils no lo nient pas. — In mol dit pour résumer la situation : « S'il faut opter outre lo radicalisme et lo cléricalisme, c'est triste; lo premier est la «alo et le second la poste. J'aime mieux la oale, »

A M. MAX AUF.l.ER

Ch.ileii.iv. ■ juillol 1X7"

Monsieur, J'ai reçu Vlntrodiirlion lo ihr Srirnre of lîeJiffiov. et l. Vuii' paj^o ti'l.

je viens de recevoir les Lectures on Danrins Pliilosopliy of Language. Je vous prie d'af^a'éer tous mes remerciements. Le second surtout m'a extrêmement frappé ; je ne parle pas seulement de la clarté admirable, de l'art exquis avec lequel vous conduisez les simples (( laïques » vers les questions et solutions les plus élevées, nitiis des solutions elles-mêmes, et notamment de celle qui fait le sujet de la dernière lecture (passage des interjections et sons imitatifs nux racines); pour un esprit vraiment curieux, elle est un service, et je vous en remercie comme d'un service personnel. Il me semlile qu'elle devrait être insérée dans vos Lectures on tlie Science of Language, qui, sans cela, restent incomplètes, et qui, avec cette addition, feront l'ensemble le plus harmonieux.

Puisque vous m'avez fait l'honneur d'accepter 1'//?/^/- Jigence, vous savez que mon opinion sur l'esprit humain et sur la philosophie de Kant diffère de la vôtre' et se rapproche de celles de MM. Bain et Stuart Mill. A mon sens, il n'y a point de jugements synthétiques a priori : ceux que Kant appelle de ce nom sont des jugements analytiques déguisés; je les ai pris un à un, pour montrer qu'ils sont analytiques. Comme selon lui, c'est là le problème piincipal de la connaissance, vous voyez à quel

1. Réponse du professeur Max Mûller : « lu most parts I agrée willi you. It seems to me that Kant's System is inucti stronger without tlie admission of the possibility of synthetic judgments n priori. The admission of the realily of such judgments seems to me to contradict Kant's own principles quite as much as the admission of tho realily of tlie Diiui in sic/i. etc.... »

AT'RKS I.A GUFRIIE '2:.:.

point mes conclusions doivent s'écarter des siennes. Quant à votre tliéorie sur Tinséparabilité des mots et des concepts généraux, sur l'impossibilité de penser sans des noms mentalement entendus ou prononcés, ou écrits, je l'admets tout à fait, et même, dans le premier I.ivre de V Intelligence, j'ai essayé d'(>n donner la raison : la raison en est que ce (pic nous appelons des idées, concepts, notions générales, ne sont que des signes, chacun de ces signes ayant la propriété d'évoquer en nous la représentation sensible plus ou moin^ expresse des individus de telle classe, et seulement des individus de cette classe, et en outre la propriété d'être évoqués en nous par la perception ou représentation des individus de cette classe, et seulement de cette classe, .l'admets aussi comme vous que l'aptitude à former et employer ces concepts et noms généraux, est la caractéristique de l'iionmie, et je suis charmé de voir qu'ici la linguistique conduit aux mêmes résultats que la ])sychologie. Mais j(! n'oserais pas tirer de là contre Darwin les mêmes conclusions que vous, car cette habitude caractéristique et supérieure a pour condition, comme toutes les autres facultés mentales, la structure de l'encéphale ; les naturalistes peuvent même, dés ;i présent, préciser cette condition; elle consiste en un développement plus grand des hémisphères céi-ébraux. surtout de l'écorce grise; j'ai expliqué, je crois, Tulilité de ce développement qui augmente le nombre des répétiteurs des centres sensitifs (I, 529 et 550). Si les hémisphères cérébraux (Tim singe se développaient de

•2"<'. CoRr.ESPnNDANCE

innnièro ;i >e rnpprochor loiit à fail dos nôirts. lo singo pnrlci'ait et aurait comme nous des conceptions (fôui'rales. Si le cerveau de l'idiot microcépliale ne s'arrêtait pas dans son évolution, lidiot ne serait pas ce qu'il est, c'est-à-dire une brute, un crétin incapable de langage. Si le cerveau de tel manœuvre, lourd et borné, devenait seml)lable à celui de Gauss, le manœuvre deviendrait mathématicien précoce, comme Henri Mondeux ou le jt'uiit' Coll)aru. A mon sens, la différence entre l'animal e( lliomme, entre l'idiot microcéphale et l'homme ordinaire, entre l'homme borné et un homme de génie comme Darwin, Eugène Burnouf, Gœthe, Newton, est la même; on peut à volonté la dire franchissable ou infranchissable: elle est infranchissable si on leur laisse les cerveaux qu'ils ont; ni l'animal, ni l'idiot avec leur cerveau insuffisant n'apprendront à parlei'. à concevoir des choses générales: l'homme ordinaire, tel paysan, soldai, manœuvre de vingt ans et de facultés médiocres, ne parviendra jamais, quelque effort qu'il fasse, quelques maîtres qu'on lui donne, à comprendre le Prolo()ue dam le Ciel du FauM, ou les Principes de Newton. Mais si l'on considère l'encéphale et le système nerveux en général, on ne pourra plus dire que la distance est infranchissable : car il est trop clair que si l'on admettes divers types cérébraux et nerveux des animaux comme des diversités du même type, le type du cerveau humain ne diffère de celui du singe que par des nuances, et beaucoup moins que le type cérébral du singe m» diffère du type cérébral de l'oiseau ou du poisson.

Al'RÈS LA (.LEIillK '257

Je NOUS 'di'iiiaïKlc la piTiiiissioii. Muiisicur, de lia-

(luirc L'I (II- citer dans la procliaiue édilioii de llnleUl-

(jcnce les sept ou huit dernières pages de voire li'oi-

sièiiie leclure ; c'est un trésor à emprunter.

Agi'éez, je vous en pi'ie, avec mon souvenir bien amical de toutes vos obligeances à Oxford, l'assurance de mon parfait dévouement.

A M. TU. V'.IBOI'

ChàU'iiay. 0 juilk-l [^'lô

Monsieur.

Je n'ai j»as voulu vous rê[>oiidre avant d'avoir lu votre livre'; c'était pour vous remercier deux fois, car je connaissais votre méthode et votre esprit. Accejdez uies plus vives félicitations; je conçois que la Faculté ait été embarrassée; en ell'et, j'ai vu par le compte rendu de lu l»evue de M. Germer-Baillière qu'on ne vous avait pas compi'is; à cet égard, l'auteur de l'article est sur le même rang que vos juges. Tel est le sort de toutes les idées nouvelles, elles n'entrent pas dans un cerveau déjà occupé.

J'avais lu M. l'rosper Lucas^ ; autant que j'en ()ui."5 juger, vous avez complètement raison de n'admettre qu'une force, l'iiérédité, et de réduire l'innéité à des l)erturba lions.

1. La thèse de M. l'.ibol sur lllcirdilé. '2. M. Ih-ospor Lucas, inédocin, 180o-t88ô.

:i'.S COl'.RKSl'tlNDANCl-:

Si i'aviiis 1111 dissenlimont à indiquer, il no porleniit uuôiv que sur votre approbation presque absolue de l( iules les idées de M. Herbert Spencer; j'apprends l»ar M. GeriTiei'-Baillière que vous traduisez ses I^rincipcs (le Biologie; tant uiieux ; c'est son chel-d'œuvre. — Mais ses Principles of Psychology et ses First Principles sentent beaucoup trop, à mon avis, le métaphysicien; il est jusqu'au cou dans l'hypothèse, expliquant toujours, non pas comment, en fait, les choses se font, mais comment il est possible qu'elles se fassent. Rien de plus intéressant, de plus ingénieux que sa théorie de l'Évolution universelle et l'emploi qu'il y fait des c différentiations » sans cesse et nécessairement surajoutées, superposées Tune sur l'autre. Mais pour moi, il y a là une nuance de roman comme lorsque je lis Hegel ou Schopenhauer; Darwin va jusqu'à la dernière limite acceptable; au delà, par exemple quand c'est Iheckel qui parle, je m'arrête, je sens le sol chanceler, je n'ose plus suivre. Même impression si, après les affirmations d'Herbert Spencer, je regarde ses négations. Par exemple, page 101, vous adoptez sa théorie de l'Inconnaissable. 11 s'agit de s'entendre sur ce mot connaître. Si, comme j'ai tâché de le montrer, la pensée, sous toutes ses formes, est un composé de sensations ou de ces répétitions de la sensation que l'on nomme images, elle est parfaitement connaissable, ence sens que nous pouvons marquer le groupe de caractères fixes qui la distingue de toute autre chose. Si, comme j'ai essayé aussi de le montrer, la sensation ordinaire dont nousavons conscience est un

Ai'HEs LA (.1 Ki;ur. •2rjO

compost' (.le sensations éléinenlaii'es. et celles-ei de même, etc., elle est connaissable, en ce sens que nous pouvons indiquer ses éléments et les éléments de ses éléments. Si enfin, comme j'ai tâché de le rendre probable, ces sensations élémentaires doivent un jour se l'éduire en simples mouvements moléculaires, ce jour-là les derniers éléments de la sensation seront ronnus. [(uisqu'un mouvement lui-même n'est qu'une série de mouvements, de même qu'une quantité n'est qu'une somme de quantités. Vous me direz que l'infinitésimal est inconnaissable ; non pas, puisque nous le mettons en équations et que nous pouvons en prouver toutes les pi'opriétés.

Tout ceci n'atteint en rien l'excellence et la solidité de votre livre. Je suis heureux d'apprendre que vous faites des études physiologiques; rien de plus fécond en |)sychologie : à votre âge et avec votre préparation, l'avenir qui vous est ouvert de ce côté est très grand; personne. Monsieur, ne vous y suivra avec une sympathie plus vive et une espérance plus large que votre très

dévoué et très obligé

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