‹ Sa vie et sa correspondance (volume 3)Chapitre 96 sur 136 · Voir tome II, p · texte numérisé non relu

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2. M. Charles Loyson le j)ère llyaciiilhe,. avait été élu en (V'vrier 1875. curé de Genève, au moment même du bannissement de Mgr Mermillod, vicaire apostolique et ancien curé à Genève. Il résigna de lui-même sa cure l'année suivante, en présence des dissensions religieuses du canlon de Genève.

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j'ai L'Li riioiiiicLir (le vous voir, il s'agissait de ci'lui de -M. Saiul-Mair Giiaidiu; j'ai été son élève; il a piotégé mes débuts aux Débats, et corrigé mon premier article (sur Saint-Simon); j'y ai été vingt ans son collègue; je lai beaucouj) connu personnellement; ma famille est liée presque intimement à la sienne, et pour ce qui est des opinions philosophiques, c'est de lui que je suis le plus voisin, ou si vous jtré ferez ce mot. le moins éloigné. — Au contraire, j'ai vu M. Vitet deux lois dans ma vie. et la ferveur (inale de sa croyance catholique appelle, si je ne me trompe, im panégyriste qui soit de la même opinion; ceci n'est pas pour lui marchander le respect et l'admiration que eommaiideiit son lalent et son caractère: à cet égard tout le monde est unanime; mais il y a là une question de convenance académique (pie je dois remettre à votre jugement. Quoi qu'il en soit, si, grâce à vous, je réussis, M. Vitet et M. Saint-Maïc Girai'din sont deux hommes dont il est agréable de faire l'éloge; seulement, pour M. Saint-Marc Girardin, j'ai les matériaux sans consulter personne; poui' M. Vitet, je seiai obligé de vous les demander.

Vous êtes mille fois bon de souhaitei- que Chàtenay soit plus prés du Val Richer: poui' moi. j'en aurais grand besoin, suitout à présent. J'ai achevé presque toutes mes lectures sur la Révolution française; je serais bien heureux d'en soumettre les conclusions à un politique qui a pratiqué. Ce qu'il y a de plus étonnant, à mon sens, c'est l'idée qu'on se faisait alors de l'homme et de la société; elle est d'une fausseté prodigieuse, et

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de plus vu paiiiiit désaccord avec ce (|u"eiiseii;iiiiieiil les preiniei's esprits du temps, VolUiire, Montesquieu, JJuiïon. On admet que l'homme en soi, l'homme abstrait, riiummc primitif et natmel est essentiellement bon et surtout raisonnable; là-dessus on fabrique une idylle. En général, cette conclusion passe pour être une conséquence rigoureuse de la philosophie du xviu^ siècle; tout ce que je puis dire, c'est que la raison, même laïque et purement laïque, ne l'accepte pas. Du moins la science, dés qu'elle est précise l't solide, cesse d'être j'évolutionnaire, et même devient antirévolutionnaire. La zoologie nous montre que l'homme a des canines ; prenons garde de réveiller en lui l'instinct carnassier et féroce. La psychologie nous montre que la raison, dans l'homme, a pour supports les mots et les images; prenons garde de provoquer en lui l'halluciné et le fou. L'économie politique nous montre qu'il y a toujours disproportion entre la population et les subsistances: n'oublions jamais que, même pendant la prospéi'ité et la paix, le strugyle for life ]>ersiste, et prenons garde de l'exaspérer en augmentant les défiances réciproques des concurrents. L'histoire montre que les États, les gouvernements, les religions, les églises, toutes les grandes institutions sont les seuls moyens par lesquels l'homme animal et sauvage acquiert sa petite part de raison et de justice ; prenons garde de détruire la fleur en tranchant la racine. Uref il me semble que la science laïque conduit à l'esjjrit de prudence et de consei'vation, non à l'espiit de révolulioii el de renversemenl : il lui suffit [loiir

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cela de nous faire voir la complicaliuii et la dêlicalesse du corps social: tout de suite nous voilà en défiance des charlatans, des panacées, des l'emèdes universels, radicaux et simples; un savant connue (llaude Bernard se met à rire quand Raspail lui propose de tout guérir avec du camphre et de l'alcool.

Pardon, monsieur, de celte dissertation; je suis trop rempli de mon étude; tout ce que je voulais dire, c'est «|ue nos méthodes, bien loin de nous éloigner de vous, nous en rapprochent. Je l'ai toujours souhaité, et je vous ]>rie d'en agréer l'assurance comme un nouveau témoignage de mon attachement et de mon respect.

A M. GEORGKS BHANDF>

I.t' TlKirou'. par !\lenthoH Lac d'Ainiecy. Haufo-Savoie), !2.5 jiiiltet 1875

(;iier Monsieur Brandès.

Volie livre et votre lettre m^ sont arrivés à l'ai-is au moment où je partais pour venir ici. .l'ai voulu lire tout le volume- avant de vous répondre.

Recevez d'abord mes vifs remerciements pour l'honneur (fue vous m'avez fait par votre dédicace. J'ai remarqué du reste en plusieurs points la conformité de

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