I/ANCIEN REGIME
nus vues, cl vous avez poussé rol)ligetUh;c' jusqu'à ciU'i' deux ou trois pages de \' Intelligence. J"eu pi'épare une troisième édition où vous trouverez, j'espère, des faits nouveaux assez nombreux et assez importants.
Je connais mieux les romantiques anglais et IVanrais que les allemands, mais je suis tout à fait de votre avis sur cette direction desprit; notre Hugo, qui en est chez nous le représentant attardé, est maintenant un cerveau à l'envers; sauf deux cents vers, ses Contemplations, la Légende des Sièeles sont un mélange de folie et de parade, et rien ne me déplaît aussi fort que les charlatans mystiques. Vous avez très bien décrit et suivi dans toutes ses conséquences cette maladie intellectuelle. Le (( délire ambitieux o que décrivent les aliénistes et qui se complique fi'équemment de inélaucolie. de surexcitation nerveuse, de tics et de langueur erotique en est le fond. J'ai lu Heinrich von Kleist* et je vous trouve bien indulgent. Quand on fait des maniaques comme Catharine et le Prince de Hombourg, il faut les faire parler en style de maniaque, ce que le seul Shakes- })eare a su faire. Michel Kohlhaas est bien, sauf la seconde partie : mais là, comme d;ins la Martinise, ce que nous appelons le style, c"est-à-cliit' I.' talciil du détail et des effets, mancjue tout à lait; un écrivain de troisième ordre racontait à i>eu près de cette façon au xvni' siècle; Mérimée et Stendhal manient la langue d'une tout autre façon; j'espère que. si je parle ainsi,