Stendlial, Correspondance, t. II, y
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avec un rhumatisme pour sauver un imbécile qui se noyait, etc. Une foule d'idées sur l'Italie et l'Angleterre, sur tous les liltéraleuis de iS'iO; partout des paradoxes vrais, qui font crier le public, ou l'aveuglent. (]et homme est divin, il a autant d'esprit que Voltaire. Personne n'a inventé davantage. Mais il a écrit pour n'être pas lu, et ne sera pas lu.
A EDUUAUD DE SLCKAU
l'iiiis, '■2b iiKii t8.")5 ... J'écris Idiil le cours de la S;ilpélrière, et notamment toutes les réponses des folies. Une d'elles, voisine de Donrémy, reproduit exactement les débuts de Jeanne d'.4rc. Elle est venue quatre fois à Paris à pied, pour sauver la France des puissances étrangères. Elle veut aller à Sébastopol. Elle fait tout haut des prières enthousiastes à hieu. Je te ferai lire son interrogatoire. Elle a un IVèrc crétin. Il y aurait un livre curieux à écrire là-dessus: prendre les ins|)iiés modernes, les Quakers, les prophètes des Cévennes, les hallucinés d'Amérique, enfin tous ceux dont on a les procès-verbaux authentiques, comparer point par point leur état à ceux des fous de la Salpèlrière et de Hicètre, et en conclure l'igoureusement l'état des fondateurs de religions. L'hallucination et l'extase étaient l'étal normal pendant les trois piemiers siècles api'ès Jésus-Clirist. — 11 me sem-
ion CORRESPONDANCE
l)le (jiic la lolie a joué un très grand rôle dans le monde. A propos de Shakespeare, je viens de lire dos docuintMils sur les sorciers au moyen âge; dans notre siècle raisonnable, nous ne pouvons imaginer l'absurdité de nos prédécesseurs. Mes cours de physiologie m'enseignent l'histoire.
... J'ai le prix sur Tite-Live. Cela n'esl pas annoncé orOcielIcinenl, mais un mend)re de l'Académie m'a dit qu'on avait voté, comparé les devises aux billets cachetés, et que mon nom avait été glorieusement proclamé devant les quarante grands hommes. — Je vais négocier avec la prudence du serpent, pour vendre le bouquin en question. Vois sur quoi se fondent mes espérances : le libraire pourra le débiter comme ouvrage propre à être donné en prix ! Cela flatte l'orgueil, n'est-ce pas ?
Ma littérature anglaise m'assonmie. C'est énorme. Pour ne pas être superficiel, ou inexact, il faut lire effroyablement.
Je doute que je puisse entrer à la Revue des Deux Mondes. Us sont tyrans : « Cette phrase est trop louangeuse, celle-ci est trop sévère. Vous inquiétez ici la religion, l'accent de cette phrase alarme la philosophie, etc. » Ils voudraient être la main et le cerveau, et moi, la plume. J'ai fait sur Jean Reynaud les corrections qu'ils m'ont demandées, ils en veulent d'autres. Je ne leur proposerai plus d'articles que sur des sujets anciens, il est probable qu'ils me refuseront. Je vais me retourner d'un autre côté.
Tu verras de jeudi en, huit un aiticle dans la Hevue
ANNKES 1855-I8:.(i KU
d'Hachetto sur l.a l!()iiiiguit''re '. (Test mon picinior coup de patte à M. (lousin, coup de patte bien doux et bien inoflensif. Encore j'ai peur de fâcher M. Simon. — On ne sait comment marciier, on rencontre à cha- (jue j)as un piiilosoplie qu'il faut piétiner. Gela est désai;réal)Ie faute d'habitude, et puis les gens crient. Commeut faire, mon doux Teuton?
A SA MERI-
Eaux-l]oiiiies, '20 juillet 1855
Je suis arrivé à deux heures, j'ai couché la nuit deinière à Pau ; le reste du temps en voilure. Cela fait deux jours pleins de route; du reste la machine va bien, l'oint de place ici; l'impératrice est paitie; on m'a oll'ert des mansardes au 4'"*= abandonnées \mv ses courriers. J'ai fini par trouver une chambrette au 5'"*; mais on y respire; point de bruit. Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. Je vais recommencer mes grandes courses et mes petites lectures, écouter mes voisins de table et regarder le ciel.
Rien du tout d'intéressant dans mon voyage. Mais le paysage me plait loujoui's. Je dirai entre autres choses que j'ai vu deux effets de ciel superbes. Un peu après