‹ Sa vie et sa correspondanceChapitre 60 sur 141 · A .I.-J. \VE1?S · texte numérisé non relu

A .I.-J. \VE1?S

Paris, 2') janvior 1S!")8 Mon clior Woiss, M. Hohiiicl' m'a inontn',' le passage de la letti'o qui a i'ai)i)ort à moi. Je suis si peu ciiociui' quo je te remercie. Quoique rangé dans la lilléniliire brutale, je suis traité lionorablement, et avec un bon vouloir visil)le, de façon à donner envie de le serrer la main, .l'avais bien compris la note sur X., et tu j)eux (•r()ire que je lais la dilléreiice grande entre la loyauté de Ion arlich^ et la malignité du sien. Si la compagnie de -M. Baudelaire est mauvaise, celle de M. Flaubert est très bonne; je ne connais pas de plus beau romandepuis Balzac.

Je regrette seulement ce (|U(^ tu as dit sur Renan; je le connais personnellement; je sais que ses mains sont un peu trop gantées, et à l'ecclésiastique; mais il est très ardent, très convaincu, très dévoué à ses idées, immensément savant, très riclie en idées générales, ayant avec cela la liiicsse d'un artiste et d'iui bonnne du monde; ce sera un des honnncs supérieurs de ce siècle. Je serais fâcbé de voir un lionune couuiie loi, si vif, si brillant, si érudit, en guerre avec un bomme comme lui. Qu'importe une diftérence de pbilosojibie? J'adore Balzac qui était chrétien, absolutiste, mystique,

1. Uobinel (Edmond), liltéraleiir (iSll-lSLH), ilirig-eait alors la Revue de l'iiisiruction pithlifjiie et M. Weiss venait d'y |)uljlioi' im article sur M. Taine.

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