‹ Sa vie et sa correspondanceChapitre 94 sur 141 · A ERNEST RENAN · texte numérisé non relu

A ERNEST RENAN

Florence, avril ISîli

Mon cher TuMian, le porteur de cette lettre est M. Challemel-Lacour, un de mes anciens camarades d'Ecole. Il aspire à la chaire de Littérature française vacante à Turin, laquelle dépend de M. Amari : vous connaissez particulièrement ce savant; je vous demande instamment tout votre appui auprès de lui pour M. Challemel.

J'ai parlé de M. Chall(Mnel', il y a deux ans à peu près, dans le Joiifiial des Débats, et je pois dire que de tous les jeunes hommes que j'ai connus, nul n'a donné de pareilles promesses d'éloquence. Je ne parle pas de son instruction qui est complète, ni de ses titres positifs qui sont nombreux. Je m'attache seulement à ce point, qu'il a un talent de parole de premier ordre, que pour l'excellence du débit, la perfection naturelle de la phrase, l'art d'intéresser, d'entraîner, il n'a pas do supé-

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