‹ Sa vie et sa correspondanceChapitre 93 sur 141 · II. l\l\l:. ((IliUtSPONDA.NCE. II. lit · texte numérisé non relu

II. l\l\l:. ((IliUtSPONDA.NCE. II. lit

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iiioulii', adiiiiivi' par contenaiico. J'ai vu lioaiicoup (Tohjols d'ai'l. ma seiisihilitr ailisliqiic esl clans la moyeiiuo, ma culture artistique est plus grande que la moyenne, et pourtant je sens (jue sans l'histoire je ne m'amuserais guère ici ; la connaissance du passé et des vieilles mœurs me seit de milieu pour reconstituer et voir vivre les créateurs des belles œuvres ; j'arrive à sentii" lanivre par un détour; les ligures et les formes entreni dans un système d'idées et d'oltservalions qui leur (lonn(Mit un relief ; j'étudie et j'apprends ; je me demande ce que font les autres touristes. J'ai vu à Iiome, au haut des Thermes deCaracnlla, une famille anglaise; le père ayant gagné une fortune, fatigué, l'aidi, mais exécutant un devoir; arrivé eu haut, il est resté immobile sur sa canne, content d'avoir rempli sa tâche, suivi Murray et sa consigne ; la fille et la mère ont étudié et dénommé d'après le guide les collines et emplacements circonvoisins, connue on tâche de trouver sur une carte les noms d'un manuel de géographie.

Quantité d'Anglais, d'Allemands, de Suisses et même de Français ici ; la table d'hôte en est bariolée et n'en est pas plus gaie; on ne cause pas, on mange en se regardant sous une lumière crue. Pourtant je verrai quelques personnes : le consul de France, M. Poujade qui, me rencontrant dans ses bureaux, m'a prié d'entrer et m'invite à ses soirées. Je t'assure que je fais mon métier en conscience et que je pêche de toutes mains; si je ne connais pas l'Italie au retour, ce ne sera pas faute d'avoir interrogé, lu, regardé et écrit. Mes

A.N.M.KS lNi)i-18(iU J'.il

caliiors se gonlleiil à vue (I'omI, iiniis il l'audra jcler à l'ean une porliou du bagage.

Il n'y a cpic le tiavail (|ui absoihe et renouvelle; du moins |)()u.r moi c'est la seule chose ulile; ee (|ui me ranime ici, c'est (juo je fais de l'iiisloire; cette vue ri'Cenle du elii'islianisme sincère el passionné du xni'^' siècle, la maiini(i(|ue orii^inalih'', l'invention audacieuse el prodigue de la calliédrale de Sienne, toute cette apparition d'un vieux peuple enseveli m'a remué. 11 faut faire des rêves, bâtir dans l'avenir, secouer le présent, préparer des matériaux, (juand même, comme Wrepke, on ne pourrait liàtir son édifice; cela soutient et pousse en avant.

Cette mort de mon pauvre Wœpke m'a l'ail un mal extrême. Je l'ai apprise tout d'un coup eu lisant par hasai'd un journal au café; j'ai été comme sulfoqué. Le lendemain, j'ai voulu au moins rendre honunage à sa mémoire, dii'e au jinblic (|ui ne l'a i)as connu ce qu'il était et ce qu'il valait. J'ai écrit un article que j'ai envoyé au Journal des Débats; je l'ai mis à la poste en «juittant Rome, il doit être arrivé maintenant, j'ai demandé qu'il fut inséré le plus tôt possible. — Gardemoi son Dante, c'est la seule chose que j'aie de lui.

Je suis allé à pied de Pérouse à Assise, quatre heures de marche; j'ai causé avec des paysans, des marchands, dos officiers, je suis entré dans de pauvres maisons, dans des maisons bourgeoises, afin de mieux voir le pays; il ressemble assez à la France, nos villes de province, nos villages, nos paysans, surtout dans le midi,

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110 leur sont pas supérieurs en bien-être ni en pro|)relé. La passion politique est très grande; toute la classe bourgeoise niovenne. lonl ce (|ui peut iir<' un jmu'iial, sauf quelques nobles, est pour le nouveau royaume iritalie. J'ai rempli de notes trois caliiers et demi et prol)ablem('rit j'en tirerai qutdque cliose.

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