‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 122 sur 207 · UXE VUE DE CASTEL GANDOLFO, DE CLAUDE LORRAIN · texte numérisé non relu

UXE VUE DE CASTEL GANDOLFO, DE CLAUDE LORRAIN

Ce petit tableau est enchanteur, c'est l'eau du lac, le ciel qui s'y reflète, les arbres qui l'ombragent, la douce vapeur de l'air, la vibration de la lumière, enfin, c'est Claude et la nature. »

« LA CENci. — Délicieuse tête peinte par le Guide. Cette fille infortunée n'oppose à son crime que l'excès de son malheur; il n'y a rien de dévorant, ni même d'actif dans la douleur qui s'exprime dans ses traits ; sa profonde tristesse semble dire que , après tout, la veille pour elle n'avait guère mieux valu que le lendemain et que la destinée ne lui avait été favorable que dans l'échafaud qu'on lui prépare. Cette Cenci est enchanteresse de beauté, de jeunesse, de mélancolie : ces beaux yeux ont tant plem^é ! Ce front a dû tant rougir ! »

« UNE MAGDELEINE d' AUGUSTIN CARRACHE, qu'on dit être

une très belle chose, et que je n'aime guère davantage que la Magdeleine du Tintoret , au Capitole , que je déteste. »

« UNE SAINTE VIERGE AVEC l'eNFANT JÉSUS, DU TITIEN.

Je ne sais comment Titien a osé peindre la mère du Christ : tout son génie s'y refusait. Je veux lire la vie du Titien, elle me confirmera probablement que nul ne reste

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plus étranger aux inspirations et aux lumières du christianisme que celui qui, né dans son sein , en a rejeté l'amour et l'esprit. »

« UNE DESCENTE DE CROIX, DE RAPHAËL. Ce tablcaU BSt

de la seconde manière de cet homme immortel, et pour ma part j'y verrais l'apogée de sa gloire. Ce tableau a été peint à Péruzia, et c'est sur ce chef-d'œmTe, qui porta si haut la renommée de Raphaël, qu'il fut appelé à Rome. Cette admirable composition est tout un poème. Nicodème soutient la tète et les bras inanimés du Sauveur et un jeune homme soulève ses pieds. Saint Jean , la tête inclinée et dans toute l'absorption de la douleur , fixe ses regards sur son maître adorable. Une femme tient une de ses mains dans les siennes ; c'est à la fois l'affliction la plus poignante et l'amour le plus saint. La mère transpercée par le glaive divin, est évanouie entre les bras de quelques jeunes femmes. Il n'est pas de parole pour rendre la beauté, la pureté, la richesse, la naïveté de cet étonnant tableau. La variété en est aussi au-dessus de tout éloge, pas deux tètes qui se ressemblent et dont l'expression d'un même sentiment ne diffère. C'est à la fois toutes les afflictions , toutes les beautés de l'àme et du corps , et un éclat, et une prudence d'imagination qui réunit dans un même point la magnifique profusion de la jeunesse et la sobriété réfléchie de l'âge mùr. Non, Raphaël ne pouvait faire mieux, ni s'élever davantage ! Ses chefs-d'œuvre les plus éclatants de majesté et de géaie ne valent pas à mes yeux le parfum de spiritualité qui, dans cette Descente de croix, s'exhalait peut-être pour la dernière fois. ))

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